Bébé & Cie

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Éloge de la fin 

Je me sens coupable. Coupable de t’avoir tellement voulu qu’inconsciemment je ne sois pas capable d’attendre. Pis que toi, tu m’écoutes tel un bon fils à sa maman. 

J’essaie de me convaincre tous les jours que c’est mieux pour toi de rester là. Pis je le crois. Mais je me sens coupable quand même. D’avoir pensé seulement quelques secondes que ça ne serait pas si grave que tu arrives maintenant.

Alors je te le redis. Clairement. On aimerait ne pas te voir tout de suite. Ce n’est pas égoïste. Ce n’est pas parce qu’on attend que notre maison soit terminée de construire. Ni qu’on veut terminer nos achats. Ce n’est pas non plus parce qu’on veut profiter de nos derniers moments de couple ou que nous ne sommes pas prêts. Si tu es là, c’est parce qu’on te veut. Mais on te veut au complet. Le plus possible.

S’il te plaît, mon bébé, poursuis ta vie intra-utérine. Termine la construction de ton système respiratoire et de tous les systèmes qui te seront utiles sur terre. Prends soin de toi pour t’éviter des problèmes futurs et des complications.

En plus de terminer ta construction, profite. Profite de ces moments où il n’y aura aucun délai entre la manifestation de tes besoins et la réponse à ceux-ci. Profite de la douce chaleur de mon utérus et des battements de mon cœur si près des tiens. Prends toute la graisse que je peux te transmettre. La bonne comme la mauvaise. Même celle des beiges du Tim qui comblent mes cravings. Prends les forces dont tu as besoin pour affronter le monde. Et surtout relaxe. Moi aussi je vais essayer de faire pareil. Promis.

C’est pour toi qu’on veut le faire

Qu’on veut retarder le moment de ta rencontre ! Même si ça nous déchire en dedans parce qu’on a si hâte de te voir. Que ça nous intrigue de savoir ce à quoi tu ressembles. Qu’on a hâte de te coller ! Qu’on a hâte de changer tes couches qui débordent ! Pis même de nous changer nous aussi parce que tu nous as offert ta plus belle régurgitation ! On a hâte de comprendre quels mouvements tu aimais donc faire dans mon ventre. Est-ce que tu danses ? Est-ce que tu es stressé ? Ou même peut-être que tu t’imagines faire des backflips en motocross ?

C’est ça. On ne se peut plus de tous ces questionnements. Sauf qu’on est des adultes. On a appris à patienter et à profiter de ces moments d’attente parce qu’ils ont quelque chose de magique. Alors même si tu veux nous plaire, je t’en prie, reste là. On a hâte de partager notre bonheur et nos projets les plus fous avec toi, mais chaque chose en son temps. On t’aime déjà. Mais sache qu’on t’aimera toujours.  

Petit plus

En passant ma médecin gynécologue est merveilleuse. Loin est l’idée ici de mettre la faute sur la médecine. Le corps humain est ce qu’il est. Parfois imprévisible et sans réponse.

Je tiens donc à t’accorder quelques mots ici. À toi, docteur Lemay. Merci. Tu as su me mettre à l’aise, me transmettre les infos pertinentes et me permettre de voir l’heure juste de la situation. Comme je l’aime. Ni trop l’embellir ni trop l’enlaidir. Même si j’en oublie des bouts (cerveau de maman+stress), tu m’as transmis ton expertise avec tac et m’as offert des solutions. Même si celles-ci ne sont pas miraculeuses comme tu m’as dit. Ah oui, pis merci d’avoir su gérer avec aise ma syncope. Tu es une perle.

Image de couverture par Jimmy Conover
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Lori-Anne Marsan

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À toi mon bébé pressé - partie 2