Arts Cinéma

À l’écriture de ces lignes, en l’occurrence, le 28 janvier, plus de 170 000 personnes ont déjà visionné la bande annonce du prochain film de Xavier Dolan. The Life and Death of John F Donovan, première réalisation anglophone du cinéaste (si on omet la réalisation de son clip vidéo pour Adele), déferle sur les lèvres des plus grands critiques de ce monde. Mais également du public large dont nous faisons toutes et tous partie. La bande annonce, disponible sur Youtube, a vu une prolifération de commentaires (souvent, en faisant référence au personnage interprété par Kit Harrington, dans Games of Thrones, avec le fameux You know nothing John Donovan). Des commentaires, néanmoins, exprimant un certain titillement face à sa sortie non-dévoilée au Québec (il faudra un peu de patience encore)!

Revenons à nos moutons: le film pour lequel certaines personnes ont eu accès à son visionnement. Son passage au TIFF (Toronto International Film Festival) a semé une légère secousse par son apparition dans la section des Specials Presentations. En effet, le long-métrage prenait une posture discrète quant aux dévoilements de ses images, de ses allées et venues dans les festivals cinématographiques et par sa réticence à bombarder les médias en ce qui concerne sa sortie en salles.

Crédit photo: Shayne Laverdière 

Son film anglophone versus ses précédentes réalisations francophones

Ma petite base en cinéma n’occulte en rien mon désir de comparer, via les peu d’images véhiculées dans la bande annonce, sa réalisation anglophone versus ses précédentes réalisations francophones. Pensons à Mommy, Tom à la ferme, Les Amours imaginaires, J’ai tué ma mère, Laurence Anyways et Juste la fin du monde. Pour vous mettre au parfum, ce sont tous des films que j’ai déjà visionnés.

Voici ce que j’ai pu puiser de la bande annonce:

Une présence musicale qui va certainement battre son plein. Ses précédents longs-métrages ont beaucoup été influencés par la musique. Longtemps j’ai écouté la chanson interprété par The Knife – Pass this on qui jouait dans Les Amours imaginaires, de même que la chanson à la fin de Laurence Anyways, Moderat – A New Error. Et, je ne passerai certainement pas à côté de Mommy, avec the one and only Céline Dion – On ne change pas. La musique faisant partie intrinsèquement des réalisations de Dolan, il allait de soi qu’il n’y irait pas avec le dos de la cuillère: au contraire, son choix devait fort probablement être sélectionné méticuleusement.

Crédit photo: Shayne Laverdière 

Je dois avouer que d’avoir choisi Woodkid – Run boy Run pour imprégner la bande annonce s’avère un choix fascinant, mais logique. La montée d’adrénaline engendrée dans ladite bande annonce permet d’être à son paroxysme grâce à cette première présence musicale.

Ma seconde observation face au 2:58 que m’offre la bande annonce concerne les plans utilisés. Je crois fermement que Dolan est un amoureux des close-up, ergo, des plans rapprochés du visage. Surtout lorsque la voix est hors-champ, permettant de voir l’expression de la personne au moment où elle entend la réplique. Bref, de tout simplement mettre le point focal sur l’humain qui est mis en vedette dans telle ou telle scène. Par exemple, dans Juste la fin du monde, lorsque Antoine (Vincent Cassel) discute au souper avec Louis (Gaspard Ulliel). Son visage se retrouve à l’épicentre de l’écran, pour tracer toutes les impressions que le personnage peut avoir face aux commentaires de son frère. Il en est de même, lors du bref passage de Sam (Nathalie Portman) confrontant son fils, Rupert (Jacob Tremblay). L’accent n’est pas seulement mis sur les mots des gens, mais également sur leurs expressions.

Ma troisième et dernière observation implique la narration du film. Pas narration dans le sens où quelqu’un narre le film, mais plutôt au niveau de la complexité de l’histoire. Personne n’est dupe quant aux scriptes élaborés par Dolan, qui sont certes variés mais qui plongent dans un enchevêtrement. Quossé ça, me dites vous? Un film signé Dolan ne mettra jamais l’accent sur une histoire à l’eau de rose, ni même sur la joie en temps que tel. Ça sera une histoire peu linéaire, qui aura plusieurs embûches et qui aura une fin plus ou moins satisfaisante. Toutefois, si je peux me le permettre (et je me le permets), ce sera toujours une histoire vraie sans exagération.

Finalement, loin de moi est l’idée de devancer le film: je voudrai le visionner pour voir si mes observations étaient justes. De surcroît, le long-métrage de Dolan s’avère très attendu par ses amateurs(trice), autant que par les amoureux du cinéma, tout simplement.

Et vous, avez-vous hâte?

Crédit photo: Shayne Laverdière 
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Émilie Gagné

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