Dylan Noyelle a quitté la France pour s’établir au Québec et mettre du piquant dans sa vie. Croyant que ce serait difficile de s’installer dans le froid de Montréal, son intégration a été facilitée par la communauté de drag queens qu’il a rejoint en performant sous le nom de Sarah. 

Sarah Paannaco est le nom d’artiste que Dylan s’est attribué. Combinant le prénom de sa maman et ceux de ses trois meilleurs amis (Pauline, Annaëlle et Corey), notre jeune artiste a amené un morceau de sa France avec lui au Québec. La difficulté de prononciation l'a amené à ne plus utiliser le nom de famille, utilisant simplement Sarah pour ses numéros.

Sarah au Québec

Deux ans et demi se sont écoulés depuis son arrivée à Montréal. Née à Beauvais, Sarah s’est intégrée rapidement, a trouvé du travail et a commencé sa nouvelle vie à l’âge de 24 ans. 

« C’était un rêve de venir au Québec. Je pensais que les démarches seraient compliquées et lentes, mais au contraire, cela a été très rapide et si court que j’ai eu un stress causé par tant de changements en un seul coup. Mais c’était pour le mieux. »

Création et autodérision

L’origine de la drag de Sarah remonte à loin. Depuis toujours, Sarah adore se déguiser et faire rire les gens. Voulant pousser sa passion plus loin, elle a fait la rencontre de Rebecca, une drag spécialisée dans la personnification de la chanteuse Dalida. Après l’avoir rencontrée à Metz, dans la région de la Lorraine, Sarah a pris sa décision : elle voulait faire de la drag.

Sa passion s’est renforcée après avoir vu son tout premier spectacle en sol québécois au bar Le Cocktail. La production de Sally-D, un spectacle qui permet à la relève de la drag de débuter dans le milieu. Avec des étoiles dans les yeux, Sarah est allée à la rencontre de l’animatrice.

« J’ai été un peu rapide sur mon coup. Sally-D m’a donné deux semaines pour me créer un personnage. Durant tout ce temps, j’ai réfléchi à fond. J’ai ensuite envoyé une photo de moi en drag et un mois plus tard, j’ai eu ma première performance virtuelle, à cause de la pandémie. Mais je me suis lancée. »

Un an et demi plus tard, Sarah continue de faire de la drag. Étrangement, elle croyait que ses débuts seraient difficiles, comme elle venait d’ailleurs. L’ouverture d’esprit, l’entraide et la bienveillance de ses consœurs québécoises lui ont fait ravaler ses premières impressions. 

Au fur et à mesure qu’elle progressait, elle a su bâtir son personnage. Une drag queen sexy, provocante, pleine de classe et fière de ses formes.

Versatile dans son personnage, Sarah joue avec l’autodérision et n’hésite pas à rire de son poids avec son public. Pour Sarah, c’est une force colossale pour se démarquer et être capable de dépasser ses limites.

« Le public se tanne rapidement si on sert toujours la même chose. Tout en jouant sur la provocation, le théâtrale et sur la surprise, j’incorpore ma personnalité pour briller sur scène et donner un rire à mon public. »

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Des projets plein la tête 

En pleine ascension, elle ne compte pas s’arrêter de si tôt. Bien qu’elle ait débuté virtuellement, elle a pu faire ses numéros sur scène depuis.  En s’inspirant d’artistes comme Édith Piaf, Marylin Monroe et Dalida, et des années 50 et 60, elle a su incorporer ses origines françaises pour la scène montréalaise. 

Grâce à sa maîtrise du lip-sync et son attitude dans ses numéros, elle a été invitée à participer à plusieurs événements. Comme C’est juste lundi ! Place à la relève, animée par Sally-D ou encore Sashalicious, animée par Sasha Baga, au Cabaret Mado. Ses performances lui ont même valu des encouragements de la part de Rita Baga. Plus récemment, elle a participé au spectacle de Mémé Caramel : Back To The friture, un hommage aux années 70 et 80.

Prochainement, elle prévoit plusieurs apparitions avec de nouveaux numéros. En avril, elle prendra part au Unholy Sunday d’Aliss Love, un spectacle qui explore un côté sombre et effrayant de la drag. Elle tentera aussi sa chance dans de nombreux concours comme Call Me Mother (Saison 2), Québ Drag Race et Drag Race France.

Sarah continue de faire sa place dans le monde de la drag. Elle donne toujours le meilleur d'elle-même, prends des risques, ose d’avoir et surtout insiste. Qui ne tente rien n’a rien. Sa carrière ne fait que commencer et sa détermination de fer porte déjà fruit.

« Croyez en vous, croyez en vos rêves, croyez en vos projets. Car quand on se donne à fond, on finit par y arriver. Mon rêve était de venir ici. Bien que des gens n’ont pas cru en mes projets, je n’ai pas abandonné. Je suis parvenu à réaliser mes objectifs. Bref, ne lâchez jamais. »

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Image de couverture par Paulette Pailette via Instagram 

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