Arts de la scène Cinéma

Quand j’étais au secondaire, on me demandait souvent ce que je voulais faire dans la vie. À chaque fois, c’était la même réponse : je disais que je voulais devenir acteur. Deux raisons me poussaient à vouloir me diriger vers ce métier. D’abord, j’ai commencé à suivre des cours d’art dramatique au début de mon adolescence et j’avais un plaisir fou à jouer des rôles et à « sortir » de la réalité de temps en temps. De plus, je regardais les diverses émissions de télévision québécoise ainsi que des making-of de différents films (surtout des films américains) et j’enviais ceux qui étaient plongés dans cet univers, autant les acteurs que ceux qui se retrouvaient derrière de la caméra. C’est alors que j’ai décidé de m’inscrire en Arts et Lettres : Profil Cinéma au Cégep pour continuer dans cette lignée.

Ce qu’on voit à la télévision et dans les films, ce sont les produits finaux d’une grande réalisation collective, qui a pris parfois plus d’un an à se concrétiser. Évidemment, il y a tous les métiers qu’on ne voit pas à l’écran, mais qui sont essentiels à la réalisation des divers projets : réalisateur, producteur, caméraman, monteur, etc. Mais, à bien y penser, ce que je voulais absolument faire, c’était d’être acteur. Je voulais pouvoir jouer dans le plus de projets possible, pour finalement arriver à la même notoriété que les acteurs et actrices des émissions telles que KM/H et Ramdam avaient dans le temps. Mais, j’ai vite réalisé que ce qu’on voit à l’écran ne représente qu’une mince partie de ce qu’est un acteur. Au final, j’ai également remarqué que tout n’est pas rose pour autant, même concernant les productions québécoises.

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Toujours les mêmes

Sur un groupe Facebook, j’ai récemment vu une publication qui était indiquée que plusieurs acteurs et actrices n’arrivaient pas à travailler aussi souvent qu’ils l’auraient souhaité. Parmi les plus de 13 000 membres de l’UDA (l’Union des Artistes), les productions québécoises ne sont pas assez nombreuses pour donner une chance à toutes ces personnes qui, autant comme moi, souhaitent faire leur place. Le nombre d’auditions semble être également limité, ce qui fait que peu de personnes arrivent à décrocher un rôle dans un film, dans une série télé ou même dans une production Web. Également, l’actrice mentionnait que les diffuseurs et les distributeurs demandent à n’avoir que les acteurs et actrices les plus connues, parce qu’ils et elles sont les chouchous du public québécois. Évidemment, la télévision québécoise est une business et pour faire rouler cette business, ça prend un public fidèle au poste pour regarder les séries présentées à la télévision. Cela fait en sorte que les acteurs et actrices moins connus restent moins connus.

Il y a quelques jours, justement en complément à cette affirmation, j’ai vu passer un article sur le site de Radio-Canada qui stipulait que l’émission « Bonsoir bonsoir », de Jean-Philippe Wauthier, a reçu les mêmes critiques que plusieurs autres émissions (autant des comédies, des dramatiques et des émissions de variétés), à savoir que ce sont toujours les mêmes personnalités publiques qui sont invitées. Dès lors, il n’y a pas de diversité dans les émissions, c’est-à-dire qu’on y retrouve toujours les mêmes personnalités devant nos écrans. Alors, c’est normal que ceux qui tentent de percer dans le domaine soient constamment bloqués. Cela cause au moins deux problèmes spécifiques. D’abord, les téléspectateurs commencent à se lasser de voir constamment les mêmes acteurs et actrices, surtout quand ceux-ci jouent en même temps dans plus d’une émission par saison. Ensuite, ce n’est pas pour rien non plus que ce ne sont que des personnes de race blanche qui sont nominées au Gala Artis cette année, et du fait que ce sont principalement les mêmes artistes que l’an dernier. À vrai dire, il suffit de demander à des gens de votre entourage de vous nommer un seul artiste québécois noir, autochtone ou encore d’origine arabe. Il est possible que la réponse ne lui vienne pas tout de suite, puisqu’en ce moment, l’industrie télévisuelle québécoise contient malheureusement peu d’artistes qui ne sont pas caucasiens.

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Mon parcours

Bref, pour revenir à mon rêve de devenir acteur, je dois vous dire que ça fait des années que moi, comme beaucoup d’autres personnes, je tente de percer dans l’industrie. Pour ce faire, je me suis inscrit à des agences de figuration et j’ai même parfois été lié par contrat avec des agents d’artistes. Au fil du temps, j’ai tourné à titre de figurant dans plusieurs productions québécoises, dont les émissions « Les Pêcheurs » et « Clash », ainsi que les films « Gabrielle » et « Ça sent la coupe ». J’ai aussi tourné dans le film américain « X-Men : Days of Future Past ». À de rares occasions, j’ai eu l’opportunité d’avoir un rôle parlé, dont dans le court-métrage « Mémoire Douloureuse » qui est disponible en ligne sur YouTube. Je me suis dit qu’avec le temps, ça allait pouvoir débloquer et que j’allais réaliser mon rêve de devenir acteur. Mais, en ce moment, je mets ce rêve de côté.

Au final, je me suis rendu compte que ça prend d’énormes sacrifices et des choix précis si on veut avoir une chance de devenir acteur professionnel au Québec. Si tu es au Cégep ou à l’Université et que tu veux quand même tourner le plus possible dans des productions pour essayer d’avoir une chance de devenir membre UDA ou ACTRA (Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio) et par la suite espérer que ta carrière prenne un bel envol, il faut que tu manques constamment tes cours. Si tu as un emploi à temps plein, c’est le même principe et il faut que tu manques des jours de travail. Par ailleurs, je connais une personne qui est devenue acteur professionnel avec une grande facilité en peu de temps à cause de son look spécifique. Il est donc en demande pour plusieurs projets, même si c’est pour de petits rôles. Cela veut dire que le look d’une personne peut avoir une grande importance pour les productions québécoises et peut être bénéfique chez certaines personnes.

Je suis toujours content quand je vois des amis ou des connaissances qui ont réussi à percer dans ce métier qui semble à la fois merveilleux en surface, mais qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Je pense notamment à mon amie qui a eu la chance de devenir actrice notamment grâce à une telenovela(roman-savon) au Mexique, ou encore celle qui a eu le courage d’écrire et de produire sa web-série, en plus d’y jouer et de permettre à des acteurs et des actrices moins connus d’avoir la chance de pouvoir y participer. Avec ceci, ça me donne l’espoir qu’un jour, il soit possible que tout ceci m’arrive. Mais, il faut se rappeler qu’il n’y a pas de recette magique pour devenir un acteur connu au Québec. Tout ce dont tu as besoin, c’est du talent, de la chance et surtout, des contacts dans l’industrie!

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Jean-Michel Bélanger

Après avoir écrit ses pensées pendant plusieurs années sur son mur Facebook, Jean-Michel a décidé de rejoindre Le Cahier afin que ses idées et ses...

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