Mode & Beauté Faits Vécus

Si on avait dit à la jeune moi de mon école secondaire qu’un jour, j’allais faire partie d’un mouvement « des cheveux naturels », jamais je ne vous aurais cru. Du début de mon secondaire un jusqu’à ma première année du cégep, mon fer à lisser et moi, nous étions inséparables. Nous étions comme le yin et le yang. Je considérais mes cheveux très frisés et incontrôlables comme le yin et le fer à défriser comme le yang qui allait régler tous mes soucis, du moins capillaires. Comme le mentionne la fameuse expression « le gazon est toujours plus vert chez le voisin », les individus avec des cheveux bouclés désirent avoir des cheveux droits et vice-versa. Heureusement, j’ai fini par comprendre qu’on est belles/beaux de la façon qu’on est et que j’ai la chance d’avoir mes magnifiques bouclettes.

Par contre, cette réalisation ne m’est pas venue gratuitement, j’ai dû effectuer le « big chop ,» en d’autres mots, faire « la grande coupe ». Cette procédure consiste à couper tous les cheveux endommagés (et cela veut dire les tailler aussi court qu’il le faut), dans le but d’obtenir la texture saine et naturelle de ses cheveux. Croyez-moi, c’est la meilleure décision à prendre quand vos cheveux sont fatigués et qu’ils hurlent « Au secours ! ».

Justement, après avoir passé tant d’années à défriser ma chevelure, mes cheveux n’en pouvaient plus. Donc, j’ai pris la décision de tout couper et de me retrouver avec une coupe de cheveux du style « pixie ».

Pour briser le suspense, non, je n’ai pas pleuré durant l’exécution, j’étais en fait très excitée, cela faisait un moment que je voulais passer à l’action et j’étais prête! D’ailleurs, durant cette époque le slogan de ma vie était : « New hair, new me ».

Girl smile in front of L'Oratoire Saint-Joseph

Source de photo : Archives de Marie-Charlette Mfera

La vie continue

Bien que cela me plaisait d’avoir des cheveux courts, j’avais tout de même hâte après un certain moment de changer de coiffure. Quand j’avais encore mes cheveux longs, j’expérimentais souvent de nouveaux styles de cheveux. À un moment, je pouvais me faire une queue-de-cheval, à un autre, un chignon, quelquefois, je mettais des accessoires dans mes cheveux et parfois, je les laissais détachés. J’avais tant de choix! Alors que là, la notion du choix s’est évaporé. J’avais beau essayé de faire de temps en temps des mini couettes, ce n’était pas la même chose!

Je ne vais pas vous mentir, il y avait des moments durant lesquels je me questionnais sur le fait d’avoir coupé mes cheveux. Je sais que c’est juste des cheveux et que ça repousse. D’ailleurs, aujourd’hui, je suis très contente de ma coupe de cheveux. Cependant, dans le temps, quand je voyais une petite repousse à chaque six mois, c’était un peu dur. En outre, durant cette époque, j’avais toujours ma cousine qui était là pour écouter mes monologues nostalgiques.

Un événement pas comme les autres

Dans le domaine capillaire, ma cousine et moi, on se comprend bien, car nous avons la même texture de cheveux. Un soir, lors de notre placotage habituel, elle m’a mentionné un incident qui lui est arrivé et celui-ci a retenu mon attention.

Durant sa semaine, lors d’un de ses cours au cégep, elle a eu l’impression que quelqu’un touchait ses cheveux. Quand elle s’était retournée, elle a surpris sa professeure accroupie à côté de son bureau, en train de jouer avec ses boucles. Son enseignante s’amusait à étirer ses bouclettes vers le sol et ensuite les relâcher pour que ceux-ci rebondissent par eux-mêmes.

Bien que la professeure trouvait cela rigolo, ma cousine était d’un autre avis.

Cet événement avait retenu mon attention, car je n’avais jamais vécu quelque chose de la sorte. Je ne savais pas quoi en penser. Pour ma part, personne n’avait encore touché à mes cheveux, car ils étaient trop courts de toute façon. Cependant, cela n’a pas mis de temps avant que j’aie ma propre histoire à partager.

C’était à mon tour!

Aujourd’hui, ma crinière est jusqu’à mes épaules et je la porte comme une couronne sur ma tête. J’ai appris à l’aimer et j’en suis fière. Je reçois souvent des compliments de la part des étrangers. Certaines personnes sont très polies et d’autres percent carrément ma bulle personnelle (oui, oui, je parle de toi, toute personne qui met ses mains dans mes cheveux sans autorisation).

Pour la petite histoire, un jour, j’étais dans une file d’attente au cinéma et derrière moi, il y avait une très gentille madame âgée d’au moins 40 ans. Quand elle a vu mes cheveux, elle les a trouvés jolis et, sans aucune gêne, elle a décidé de mettre ses deux mains dans ma chevelure. J’étais bouche bée et flattée en même temps. De plus, je me suis demandée si cela était nécessaire de toucher mes cheveux, surtout que je n’avais pas donné mon consentement à la dame.

Peut-être que j’aurais eu une perception différente de ce genre d’événement si cela m’arrivait quelquefois par année. En revanche, j’expérimente cette réalité de façon récurrente.

Le bilan !

Si personne ne parle d’un problème, rien ne va jamais changer.

Je vous ai partagé mon expérience.

Honnêtement, j’apprécie énormément tous les compliments à l’égard de ma chevelure. J’ai mis beaucoup d’effort pour que mes cheveux soient sains, beaux et brillants. Donc, quand je reçois des compliments, ça fait toujours du bien (qui n’aime pas les compliments?)!

Cependant, on dit stop à toutes les mains qui veulent toucher des cheveux bouclés sans permission. Je dis cela au nom de toutes les Curly Sue.

Si vous êtes curieux, ce n’est pas un crime, au moins, demandez avant de toucher ! :)

Girl, cuba, sunglasses , selfieSource de la photo: Marie-Charlette Mfera
Source image de couverture: Marie-Charlette Mfera
-->
Un article de
Marie-Charlette Mfera's Avatar
Marie-Charlette Mfera

Le Cahier a la chance de compter sur une équipe de collaborateurs spontanés. Pour en faire partie, écrivez-nous à [email protected]!

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

Escapade de deux jours à Dunham: carnet d'adresses en 5 étapes