Lookbook

Je sais que maintenant, avoir des tatouages n’est plus un geste marginalisé.

Ce n’est plus associé à une gang de rues, des motards ou le fait d’avoir voyagé une fois en Asie, d’avoir trippé et d’avoir ”sauce soya” de tatoué en japonais alors qu’on a demandé ”courage”. Maintenant, les gens de tous milieux se font tatouer, que ce soit parce qu’une certaine image ou phrase est significative pour eux ou parce qu’ils aiment simplement le dessin fait par l’artiste.

Et je trouve ça bien.

Le tatouage, c’est un art.

Il faut des années de pratique, sur soi ou des amis très gentils, avant de devenir bon et ce n’est pas toute personne qui sait dessiner qui peut tatouer. Ces gens méritent de voir leur art reconnu et de les associer à un mouvement criminel n’est plus adéquat aujourd’hui. Devenir tatoueur est beaucoup de travail et de bouche à oreille. Il faut avoir de la patience et trouver le bon mentor ou le bon endroit pour s’épanouir en tant qu’artiste.

Choisir son tatoueur est une quête en soi.

Il y en a tellement et chacun a son style. Plus old school, seulement en noir et blanc, très cartoons ou plutôt réaliste ; il y en a pour tous les goûts et toutes les idées.

Pour trouver celui qui sera le plus approprié pour réaliser ton projet, il faut faire ses recherches. Arpenter les studios de tatouages à la recherche de la perle rare. Passer des heures sur Instagram à regarder des centaines de dessins. Même quand je n’ai pas de projet en tête, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Il y a tellement de talent! Mais ce n’est pas parce qu’on aime le dessin de quelqu’un que ça cliquera. Je suis d’avis qu’il faut créer une connexion, aussi minime soit-elle, avec la personne qui te tatoue. Après cela, c’est plus facile de passer ce que tu veux et qu’il puisse te dire ses limites ou ses conseils sur tes choix. C’est un artiste, il a un style, mais il faut aussi créer quelque chose qui plaira à la personne qui aura ce dessin sur son corps toute sa vie.

Il doit y avoir une base de confiance.

Qu’en est-il du point de vue d’autrui?

Mon père n’aime pas ça. Chaque fois que je reviens avec un nouveau tatouage, il dit : Non, non, non, ma fille, non! Et ce avec beaucoup de gravité et d’intensité. Est-ce que ça va nuire à l’obtention d’un emploi ou une promotion? Peut-être dans certains milieux, mais, j’ose espérer que ce sera de moins en moins le cas.

Je suis consciente que, dans certains pays, c’est encore mal vu. Au Japon, il n’est pas possible d’aller dans une grande majorité de bains publics en ayant un tatouage visible, car il y a encore beaucoup d’attache au crime organisé. Il faut simplement respecter ces croyances et aller de l’avant, en espérant que ça change un peu avec le temps.

Maintenant, j’en ai 15. Quinze tatouages. En maillot de bain, pas moyen de les cacher. Ils sont là, au grand jour.

Je dois donc assumer ceux que j’aime moins, autant que ceux que je préfère.

Car oui, il y en a que j’aime moins. Pas que je regrette, mais que je ne ferais peut-être pas comme ça, si je pouvais revenir en arrière. J’ai appris à me dire que c’était un pan de ma vie, que ça avait du sens à l’époque et que ça représente la moi à ce moment-là.

Est-ce que j’en veux d’autres? Oui, j’ai 800 projets. Je vous assure que la rumeur est fondée : lorsqu’on commence, on ne s’arrête pas!

lookbook LONDON

Le look
Maillot de bain : LONDRE Bodywear
Photo : Claudia Morin Arbour

lookbook LONDON

-->
Un article de
Emmanuelle Ceretti-Lafrance's Avatar
Emmanuelle Ceretti-Lafrance
Éditrice et gestionnaire de blogue

Elle a un peu trop de livres, peut réciter par coeur les répliques des films du Seigneur des anneaux en français, est de son époque...

Lire la suite
Mes articles 
Next articles
Article Featured Image

La fébrilité de la rentrée scolaire en présentiel