Faits Vécus

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Chanceux dans la malchance de ma quête de l’amour, je n’ai jamais «goûté» l’art d’arrêter subitement d’écrire à l’autre sans expliquer la moindre raison ou bien «choker», une autre forme d’art qui revient à annuler un rencart dans un court laps de temps ou de ne simplement pas s’y présenter.

Je pourrais donc dire que jusqu’au moment d’écrire ces lignes, les filles avec qui j’ai discuté avaient la décence d’être respectueuses. Quoique, j’ai rencontré à quelques reprises des filles aux photos de profil obsolètes et peu représentatives de qui elles étaient vraiment aujourd’hui. À éviter s’il vous plaît, c’est une supercherie qui fait perdre du temps à tout le monde. Assumez-vous et laissez tomber les photos d’il y a cinq ans. Allez dehors faire une petite séance photo et ce sera réglé et bon sang, si vous avez des enfants, dites-le il n’y a pas de honte. De toute façon, les cacher ne fait que repousser l’inévitable!

Au courant des premiers mois de ma séparation, j’ai rencontré plusieurs femmes. Plusieurs dizaines de femmes. Toutes issues de milieux différents, aux valeurs différentes. Vous savez, dans la vraie vie les chances que je rencontre précisément ces filles sont plutôt minces, car en aucune circonstance l’on ne se serait rencontré quelque part. C’est normal alors que parfois cela accroche. J’ai peaufiné mon art avec le temps, j’ai pris de l’assurance, j’ai travaillé mon discours et j’ai développé mes techniques de séduction, toujours dans le but de trouver l’amour ou du moins de créer ma propre chance.

date dating relation rendez-vousSource image: Unsplash

Sincèrement, on apprend à chaque rencontre, un nouveau lieu, une nouvelle activité, un nouveau resto, des connaissances. Le premier rendez-vous est toujours crucial. C’est important de sortir des sentiers battus, se démarquer du lot et finalement arriver à donner la meilleure expérience possible dans le but éventuel d’avoir une prise deux.

Honnêtement, en dix minutes, on se fait déjà une bonne idée de la personne devant nous: son sourire, sa voix, son rire, l’étincelle qui jaillit de ses yeux, sa posture à la limite. Au final, il y a quelque chose de tellement inexplicable qui se passe pour que la chimie se fasse ressentir. À l’inverse, l’on peut savoir dès l’instant que ça ne fonctionnera pas dans ces mêmes dix minutes. On se souvient à la base que ça doit être facile, donc rien ne sert de forcer la note. Dans le pire des cas, on passe une belle soirée et l’on se dit au revoir. Question de respect.

Dans cette phase tranquille, j’ai rencontré dix-sept femmes avant de trouver celle qui me fera vibrer pour la première fois depuis ma rupture et/ou l’on pouvait déceler une réciprocité et une complicité. Visiblement ça n’a pas duré, mais ce ne sera pas faute d’avoir essayé. J’ai appris avec le temps que plusieurs femmes sur les différentes applications de rencontre se sentent prêtes et pourtant plusieurs sont échaudées, ont été blessées dans le passé, trompées. Bref brisées. Sont-elles prêtes à s’engager? Force est d’admettre que non. Par contre, elle fait miroiter que oui et s’empresse de remettre sur le tapis ce qu’elles ont vécu dans le passé. Moi, je ne suis pas lui. Je n’ai pas à payer pour les erreurs de l’autre, car je suis tout à fait ignare du mal qu’il t’a fait. Franchement, tu n’es pas prête.

J’ai ensuite enchainé les rencontres, parfois une, deux ou même trois par jour. La cadence était bonne, je me disais que ce que l’on ne sait pas ne fait pas de mal et je commençais à avoir l’habitude des rencontres qui ne mènent à rien. Nécessairement la rapidité à laquelle nous avions notre rendez-vous jouait pour beaucoup, mais je n’avais alors pas l’impression de perdre mon temps. Le temps, lui, avance et il est précieux.

La cinquante-huitième a été marquante. Je l’ai aimée d’un amour sincère et elle me l’a bien rendu. Ce fut une relation d’une intensité qui m’est impossible de décrire sur une durée d’un peu moins de deux ans. Comme si j’avais tellement été déçu par le passé que je m’étais accroché à elle comme l’on accroche un ver à l’hameçon. J’ai donné tout ce que j’avais, je me suis acharné comme aucun homme ne devrait le faire. Je me suis oublié. Au final, c’est aussi passionnel que Roméo et Juliette. On connait alors la fin.

coeur amour numérique chiffreSource image: Unsplash

Ensuite, on recommence depuis le début. Comme à chaque tentative, il faut rester vrai, sincère et honnête et mine de rien, avec le temps, les rencontres s’additionnent. Passé la centaine de femmes rencontrées, on oublie alors l’immensité du nombre avec qui il n’y a eu que des discussions. À chaque fois, je ne me fais aucune attente. Je m’invite à profiter du moment, de tirer par la suite un trait ou de poursuivre. Bien honnêtement, ça finit souvent en queue de poisson. Nos attentes ne sont pas les mêmes, nous ne sommes pas à la même place dans nos têtes. J’ai tout de même une belle admiration face aux couples qui se sont trouvés grâce à ces applications et qui perdurent dans le temps.

Le terme fréquentation m’horripile, je dois avouer, mais tellement actuel! Il laisse la porte ouverte au « si jamais ce n’était pas le bon/la bonne ». Il fait partie d’une décennie qui promeut l’usage unique, on préfère jeter plutôt que de réparer. C’est la nuance avec une époque non lointaine. Je termine le tout sur une lettre qui s’adresse à ces filles qui ne savent pas trop, qui se nourrissent constamment du « wow » de ces premiers mois de relation où tout est nouveau et magnifique.

Un gars comme moi, ça part son feu de rien. Ça prend le temps d’aller chercher une flamme aussi vive que la lumière du soleil, aussi brûlante que la braise elle-même. Un gars comme moi, ça entretient ce qu’il a échafaudé. Tu sais, le genre de feu qui te réchauffe quand il fait froid, qui se partage autour d’une bière, ou celui qu’on se plaît à contempler, tout simplement, au point tel que l’on devient hypnotisé par la flamme qui danse au rythme de la brise qui la nourrie. Le feu perpétuel, celui qui ne s’éteint jamais.

Mademoiselle, ce feu d’artifice, cette explosion et ce feu de paille que tu recherches tant, il dure l’instant du moment puis s’efface à jamais comme le flash de ton appareil photo. C’est pour ça que tu ne trouves pas. Ou finalement que tu penses avoir trouvé, mais si je me trompe, c’est déjà terminé avec cette boule de papier enflammée où il ne reste que cendres et poussières. Et que dire de l’écho de ce lointain souvenir de tous ces hommes aussi intenses que tu as connus. Ils ne sont plus là comme le météore qui a éradiqué les dinosaures. Tu peux alors te poser la question, prendre le temps à la réflexion, je pense.

feu artifice explosion intenseSource image: Unsplash

Si tu as lu Les Trois Petits Cochons, tu sauras alors que moi ma maison, je la veux en brique. Pas en paille. Je veux qu’elle résiste aux séismes, aux intempéries et au feu. Ta maison de paille partira au vent. Se dégradera, prendra feu. Il ne t’en restera rien.

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