J’ai la tête pleine en permanence, pleine de pensées qui sont vides de sens. Des distorsions qui dansent et que mon conscient se plaît à regarder. La dramatisation qui chante des conclusions auxquelles ma raison tend à se rallier. J’ai l’inférence qui écrit la fin de l’histoire que ma tête commence à se conter. La généralisation qui pense que ça peut juste mal se passer. J’ai le raisonnement qui court après les émotions que j’exagère. Je me blâme de les laisser me jouer des tours, je m’étiquette le savoir-être. Je passe mon temps à regarder le noir en me demandant où est parti se cacher le blanc. Mais je mets mes lunettes noires chaque fois que je dois passer devant.

Je me couche le soir et je me demande pourquoi je suis si fatiguée…

Quand ça fait 16 h non-stop que j’essaie de les gérer. J’endors le bruit qui me tourmente en défilant la vie des autres sur mon écran. Je les vois heureux et je me demande ce que j’ai fait à la vie pour qu’elle me haïsse autant. Je finis par m’endormir en ruminant mon envie. C’est sans grande surprise que je rêve mes insatisfactions toute la nuit.

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Je fixe et j’amplifie ce qui me confirme que je suis de trop.

Je surligne ce qui est laid, mais j’oublie de lire ce qui est beau. Chaque fois que j’essaie de sortir de ma tête mon inconscient prend le micro.

Mais j’ai le pouvoir de changer.
J’ai le droit de cesser de l’écouter.

Je peux prendre le temps de regarder autour voir où le blanc est allé. Vivre ma vie aux détours des chemins que mon malheur veut marcher. J’ai le droit de changer de place pour voir un peu de l’autre côté.

Mettre la musique sur pause le temps de laisser mes distorsions se calmer.

Donner à ma raison des ancrages pour qu’elle soit capable de se ramener. Je peux lire les pages une à une sans essayer de savoir ce qui va finir par se passer. Me donner la peine de réellement comprendre où mes émotions essayaient de m’amener.

Je sais que c’est beau de l’écrire comme ça sur papier, mais que l’inconscient frappe fort quand le contexte ose te défier. C’est correct, on joue une partie à la fois et on ne peut pas toutes les gagner. Par bout il faut tolérer qu’on perde et se donner le temps de revenir. Ce serait fou de s’attendre qu’en deux moments de lucidité tes distorsions décident de partir.

Je vais pratiquer la bienveillance le temps que mon conscient entre dans la danse lui aussi.

Me permettre des bouts de vie où je cultive la gratitude. L’arroser assez fort pour en prendre l’habitude. Je vais laisser mes petits pas me faire monter la montagne tout doucement. Apprécier l’ascension et tous ses petits contretemps.

Image de couverture de Joel Lee
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