Les productions du groupe Kalabanté sont un voyage délicieux. C’est être transporté en Guinée en plein cœur de Montréal, un soir. Entre les costumes, le décor, la musique et les pas de danse effrénés, les artistes savent minutieusement créer une ambiance immersive à nous en faire oublier notre présence dans une salle de spectacle. 

Les coups sur les djembés sont puissants, la rythmique de leurs vibrations semble s’étendre dans l’air. Les acrobates n’ont pas que leurs prouesses physiques pour atout ; ils sont charismatiques et on a envie de monter sur scène pour danser avec eux. 

C’est un petit village qui se déploie sous les yeux des spectateurs et il y a tout un dimanche qui s’y passe.

On est quelque part en Afrique de l’Ouest dans un petit marché où arts traditionnels et cirque moderne se rencontrent. La force et la richesse d’une culture souvent méconnue sont mises en lumière dans une production qui déploie tout l’éventail des talents de ce petit groupe d’artistes. 

C’est une histoire autour d’un feu de camp, une pause après les jeux de pieds rapides et les mains qui battent l’air. C’est la saison de la pêche et les cannes sont balancées vers l’audience à la recherche de prises. Au bout, en guise d’hameçons, de petites lumières. Plutôt des lucioles qui volettent. 

Ce spectacle d’Afrique en Cirque semble en contenir, à lui seul, 5 différents. Fondamentalement multidisciplinaires, les différents arts pratiqués par les artistes s’échangent et se répondent pour créer une performance franchement captivante et complète.

Pour la force des djembés, la lumière qui oscille entre bleuté et orangé, les sons de la nature sauvage qui nous immergent. Pour le son de la Kora (instrument originaire du Mali possédant généralement 21 cordes), pour la hauteur de ces sauts qui semblent presque être effectués sur une trampoline, pour la solidité des acrobates, leur force physique et leur endurance, leur désir d’interagir avec le public, leur humour. Pour la jonglerie, le cerceau, le mât, le bolas (lasso à boules). Pour le saxophone, la batterie, la basse. Pour l’histoire, la transmission, l’esprit de célébration, de jeu entre amis. 

Pour tout ça, et tellement plus, l’Afrique en Cirque de Yamoussa Bangoura mérite d’être vue. La troupe Kalabanté offre un spectacle polyvalent où les héritages, les continents et les arts s’apportent et s’enrichissent. Une soirée en leur compagnie est explosive ; c’est applaudir, sourire, taper du pied, se retenir de ne pas se lever. C’est être nerveux qu’un d’eux tombe, rate, se blesse, échappe, cogne. Mais c’est admirer l’expertise de ces artistes-danseurs-musiciens qui savent ce qu’ils font et qui atterrissent sans le moindre soubresaut. 

L’Afrique en Cirque se poursuit jusqu’au 24 avril et c’est un spectacle à ne pas manquer. Pour toute la famille, complètement passionnant, surprenant et impressionnant, comme à l’habitude de cette troupe innovante !

Image de couverture via La Tohu

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