Arts Arts de la scène

Dimanche soir avait lieu le 21e Gala les Oliviers, cette grande célébration de l’humour de tous les genres. C’est dans une ambiance festive que les humoristes se sont réunis dans les studios de Radio-Canada pour une soirée de célébrations. 

LE TAPIS ROUGE

C’est dans la bonne humeur que les humoristes, autant ceux de la relève que ceux établis depuis longtemps, ont commencé à défiler les uns après les autres sur le tapis rouge, entourés de journalistes et de photographes. J’ai pu m’entretenir avec certains humoristes, qui ont été assez généreux de leur temps pour répondre à quelques unes de mes questions.

Qu’est-ce qui te rend le plus heureux de pratiquer ton métier?

Fabien Cloutier

Les gens qu’on côtoie, les relations qu’on bâtit avec nos collègues, avoir plein de monde autour de nous autres, avoir des idées et faire ce qu’on aime. Je crois que c’est ça qui me rend heureux.

Vincent Léonard et Sébastien Dubé (Les Denis Drolet)

Vincent: De faire rire les gens, simple de même! J’avais expliqué à moment donné à mes enfants qui trouvaient ça abstrait, je ne suis pas médecin, mais je guéris d’autre choses. Il y a quelque chose de gratifiant là-dedans.

Sébastien: C’est un rêve de p’tit cul qui aurait pu se terminer rapidement, mais après 20 ans, je fais encore [mon métier] alors je suis heureux.

Cathy Gauthier

Oh mon dieu je dirais de changer la journée de quelqu’un! Tsé quelqu’un qui eu une mauvaise journée qui arrive au spectacle un peu triste, que je change son humeur grâce à mon spectacle et que j’aide à oublier les tracas de la vie quotidienne et d’aider à passer au travers de certains moments difficiles.

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques

Je pense pour vrai que ce serait lorsque je fais une nouvelle blague et que ça rit [dans le public]… l’espèce d’accréditation que ça crée… C’est comme une preuve pour soi-même qu’on est encore bon, encore pertinent. Ce que j’aime le plus, c’est le mélange des deux [humour et jeu], comme Like-moi, mettons. J’ai l’impression de réaliser mon rêve de p’tit gars de jouer des sketchs!

Julien Lacroix

C’est de le faire! J’écris, je joue, je pratique… Je suis tellement heureux de le faire. Je me pose souvent la question de savoir ce qui fait qu’une carrière dure, et je pense que c’est l’authenticité. Je suis fier de mon année au grand complet. En un an, on a fait un gala Juste pour Rire, un one man show, un film et deux séries!

Comment décrirais-tu ta dernière année? Quels en sont les éléments marquants?

Silvi Tourigny et Mélanie Ghanimé

Silvi: Intense. Ça a été une belle grosse année d’intensité et d’évolution. J’ai beaucoup appris, je continue à évoluer beaucoup, autant humoristiquement parlant que personnellement.

Mélanie: Moi j’ai trouvé que c’était une grosse année de mon côté, de vivre pour la première fois la tournée avec mon premier one woman show. Ça a été une année extraordinaire d’apprentissages, de découvertes, je me suis promenée à travers le Québec, j’ai rencontré des nouveaux publics et j’ai appris à apprivoiser mon show d’une autre façon. C’était très formateur. Cette année, j’ai vraiment l’impression que j’ai changé comme artiste et comme humoriste.

Mathieu Dufour (Math Duff)

Juste du gros fun! Dans la dernière année, ça a vraiment juste été ça. Je me suis vraiment amusé, y’a plein d’affaires qui m’arrivent. Je suis un grand enfant. Mon inspiration, c’est tout le temps une idée de projet qui vient d’un t’es pas game, des histoires de brosse avec des amis, que finalement je me rends compte qu’on le fait trois mois après. C’est vraiment ça. Des coups de tête, des t’es pas game, on se prend pas la tête, juste s’amuser!

Alec Pronovost et Daphnée Côté-Hallé

Alec Pronovost: Le Killing!

Daphnée: C’est d’avoir pu trouver ce groupe de gens-là grâce au Killing et d’avoir eu l’appui pour faire une saison 2.

Alec: C’est même déposé pour une saison 3! Je suis vraiment fier de faire ça avec autant de gens que j’aime. Je suis entouré de mes amis, donc chaque fois que je vais travailler je tripe!

Daphnée: Ouais pareil! C’est comme une grande cour d’école, et ça tombe bien la série se passe dans une cour d’école aussi!

Alec: Sauf qu’il n’y a pas d’adulte en charge…Bien techniquement moi. (rires)

Katherine Levac

Cette année c’est comme une fin de cycle qui arrive. Like-moi c’est terminé, même mon show ça fait un temps que je roule ça, donc j’ai beaucoup de recul. Avant j’étais dedans, mais là je peux voir ce que j’ai fait et je suis fière de tout ça. C’est après coup que je me rends compte de l’impact que mes projets ont eu sur les gens. Je le dis, c’est la première année aux Olivier que je suis vraiment vraiment fière de moi.

Guillaume Pineault

Bien sérieusement c’est d’avoir fait le plongeon de l’ostéo et de l’ergo à l’humour et que là je sois à la radio, à la télé, première partie de Pat Groulx, j’ai mon show qui va sortir en février, je suis nominé comme découverte de l’année, et je pense que c’est pas mal ça qui culmine mon année! Je suis heureux d’avoir la reconnaissance de mes pairs, c’est comme une petite tape dans le dos.

Étant donné que tu es bien présent sur différentes plateformes dans ta carrière d’humoriste, dirais-tu que tu as une préférence entre-elles?

François Bellefeuille

Bonne question… J’ai commencé à apprivoiser un petit peu plus Instagram, j’y vais plus souvent. Sinon, ma carrière a grandi avec Facebook, alors j’suis cheeeez nous (petit clin d’oeil à OD ici) quand j’suis dans Facebook. J’aime tous les canaux de diffusions à leur manière. Un gars qui travaille sur ma tournée m’a montré Tiktok dernièrement, et ça la première fois que je vis ça, je ne veux pas être là-dessus parce que j’vais être accro. C’est la première fois qu’un réseau social me fait peur!

Julien Lacroix

Je te jure, j’ai pensé à ça, et c’est de faire toute. Juste faire de la scène, j’adore ça, mais je me lasserais. Juste écrire je me lasserais, juste jouer je me lasserais. C’est de combiner tout ça que j’aime, et c’est ce que j’ai toujours voulu faire.

gala les olivier julien lacroix

Finalement, j’avais une question bien précise à adresser à Arnaud Soly: Est-ce que le fait d’être nouvellement père change quelque chose dans ta conception de l’humour et ta façon d’être inspiré?

En ce moment, ça change ma conception du sommeil! C’est sûr que ça met les choses en perspective. Honnêtement, d’avoir un petit humain qui dépend de toi, ça relativise certains problèmes et certaines anxiétés. Ça change ma vie du tout au tout, donc évidemment, moi en humour je parle de moi, je parle de ma vie alors oui c’est sur que ça aura pas le choix de changer, mais je pense que je reste la même personne, sauf que là il y a un petit humain dans nos vies et c’est fantastique!

LE GALA

Cette 21e édition du Gala les Olivier a été lancée en force par la projection d’un court sketch vidéo mettant en vedette les animateurs Pierre Hébert et Philippe Laprise. Ce sketch, rempli de cascades et d’effets spéciaux rappelant les films d’action hollywoodiens, a su donner le ton à la soirée par sa démesure, son auto-dérision, son absurdité, son exagération et ses petites pointes vers certaines personnes.

Il s’est ensuite enchaîné, au travers de la remise des prix, une apparition du groupe de l’heure Bleu Jeans Bleu qui avait composé une chanson pour l’occasion. Mention spéciale à Arnaud Soly lors de son numéro de mauvais doublage, où il a récupéré un vox pop qu’il avait fait et il a par la suite modifié les voix des humoristes en leur faisant dire un peu n’importe quoi par rapport aux nominés dans la catégorie série télé humoristique de l’année. Son numéro était rafraichissant dans un contexte de numéros de gala où souvent on opte pour le stand-up classique. Il a su utiliser les forces d’une autre médium afin de créer un numéro qui se distingue et qui a su créer l’hilarité dans la foule (et dans la salle de presse aussi!). Je ne peux pas non plus passer à côté du numéro de Silvi Tourigny et Mélanie Ghanimé qui ont su, par l’humour, communiquer leur discours féministe et remettre en question certaines façons de faire.

Celui qui a su se distinguer le plus au courant de la soirée est certainement Mike Ward, qui a remporté quatre trophées, dans les catégories Auteur de l’année / Spectacle (Noir), Spectacle d’humour de l’année (Noir), Podcast humoristique de l’année (Sous Écoute), puis le prix Olivier de l’année, décidé par le vote du public. Fidèle à lui-même, Mike Ward a défendu la liberté lors de son discours de remerciements: «La seule obligation est de protéger la liberté d’expression. On doit prendre des risques.» Pour lui, l’importance du contexte et de l’intention est primordiale lorsqu’on aborde le sujet de la liberté d’expression en humour. Nous pouvons donc rire de tout lorsque le contexte et l’intention le permettent. «L’humour est un art, et il faut laisser les artistes être des artistes, peu importe le style.» Enfin, on peut dire que les paroles de Mike Ward ont su porter à la réflexion.

gala les olivier mike ward

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Sabrina Jobin-Cossette

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