Faits Vécus

J’ai été élevée avec ma mère et ma soeur cadette seulement. Elle a décidé d’aller me chercher en Chine, après plusieurs tentatives d’inséminations et plusieurs refus d’adoption, car elle était célibataire. Finalement, en 1992, après plusieurs années d’attente, elle m’a eue. Je suis l’aînée de ses deux filles. Je n’ai jamais été une fille à maman, contrairement à ma soeur, en fait j’étais tout sauf une fille à sa maman.

Je lui ai mené la vie dure, et ce, dès mon plus jeune âge. J’étais une petite fille opposante et qui ne se gênait pas de dire lorsque ça ne faisait pas son affaire (et la vie m’a gâtée à son tour en me donnant une petite fille avec le même beau caractère que le mien). Des crises, des hurlements, de l’opposition, des trous dans les murs, il y en a eu (oui je sais, j’étais un peu intense), et c’est depuis que je suis mère que j’ai réellement réalisé tout ce que j’ai pu te faire vivre. C’est depuis que je suis devenue maman, que j’ai constaté à quel point tu as pu te donner corps et âme pour nous élever seule. Et l’on va se le dire, même si tu n’étais pas en accord avec ma grossesse à 21 ans, car selon toi j’étais trop jeune (ma mère m’a eue à 36 ans), cette grossesse a été la meilleure chose qui aurait pu nous arriver.

Si je n’étais pas devenue maman, je n’aurais jamais réalisé l’ampleur des efforts que tu as mis et que tu mets encore pour que ma soeur et moi ne manquions jamais de rien. Notre relation a complètement changé la journée où je suis devenue mère. Cette journée où tu m’as accompagnée pendant l’accouchement est la journée où pour une des rares fois de ma vie, j’ai réalisé que j’avais besoin de ma maman.

bébé pleure chapeau Source image : Unsplash

Et ce n’est pas parce que tu étais seule que tu préférais qu’on reste à la maison, par peur du terrible duo, en plein milieu du centre commercial. Dans ce temps-là, l’épicerie en ligne n’existait pas, tu nous traînais avec toi partout où tu devais aller. Tu nous as même inscrites à des cours de natation, de gymnastique, de karaté, de cheerleading et tu étais présente à chacune de nos compétitions. Et dire que la jeune fille que j’étais te reprochait d’être trop mère poule, car tu voulais appeler les parents de mes amis avant que j’aille jouer chez eux. Mais maintenant que je suis mère, je comprends. Je comprends tes craintes, tes angoisses lorsque vient le temps du bien-être de la prunelle de tes yeux. Je comprends pourquoi tu pleurais lorsque j’étais en pleine rébellion à mon adolescence. Dire que je te trouvais trop sévère avec moi et que je ne comprenais pas pourquoi tu pleurais parfois.

Maintenant que j’ai des enfants, je comprends le sentiment que tu ressentais lorsque je te disais que je ne t’aimais pas. Je l’ai compris la journée où du haut de ses quatre ans, mon garçon me dit : je t’aime plus maman! Je comprends maintenant pourquoi parfois tu étais épuisée. Juste sortir avec ma fille une heure et  j’irais la mettre à vendre sur Marketplace. Je comprends maintenant les raisons de tout ce que tu as fait, maintenant que je suis moi-même mère de ma progéniture.

Si l’on pouvait remonter dans le temps maintenant que j’ai marché un peu dans tes pas, je te dirais merci, maman, merci de faire une aussi belle job, pendant les moments les plus difficiles. Merci de t’assurer que l’on ne manque de rien, merci de faire des pieds et des mains pour nous, pour que l’on soit heureuses. Merci pour tout le dévouement dont tu as fait preuve durant ces 27 dernières années, mais surtout merci d’avoir fait de moi qui je suis aujourd’hui et de m’aimer inconditionnellement malgré tout ce que j’ai pu te faire vivre.

Si un jour j’arrive à être un centième de la mère que tu es, je sais que je serai une mère formidable. Merci, maman, merci pour tout.

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Cora-Lee Gauvin

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Un équilibre entre le corps, l'esprit et l'âme