Ne pas faire d'enfants : le choix le plus écologique?

Avez-vous déjà pensé à l’empreinte écologique d’un enfant? Peut-être qu’avec des amis, vous avez débattu des raisons d’enfanter malgré l’état de la planète. Ou vous vous culpabilisez de vouloir une famille même si le sort de la planète vous importe… Toutes ces questions sont légitimes et, avouons-le, difficiles à aborder. Comment concilier notre désir de fonder une famille et nos préoccupations environnementales? Après les voyages en avion, est-il temps de renoncer à un petit être qui portera nos gènes?

Tout ce débat part de l’idée qu’avoir un enfant serait ce qu’on peut faire de pire pour l’environnement. Ce postulat vient d'une étude parue en 2017 dans la revue Environmental Research Letters, que les médias ont ensuite reprise maintes fois pour illustrer les sacrifices personnels nécessaires afin de sauver ma planète. Les auteurs de l’étude calculent qu’avoir un enfant en moins permet d’éviter l’équivalent de près de 60 tonnes de CO2 par an. C’est énorme!

À priori, ça semble logique de croire que plus il y a d’humains sur terre, plus il y a de pollution… mais l’équation n’est pas aussi simple! En tant que maman, j'étais contente d'entendre, dans un récent reportage au 15-18, qu'avoir un enfant n'est pas nécessairement le geste le plus dommageable pour l'environnement. La journaliste se fonde sur les arguments d'Emmanuel Pont, qui soutient que nos choix de consommation et l'éducation de nos enfants pèsent plus lourd dans la balance.

Le simple fait de mettre un enfant au monde n’en fait pas directement un grand pollueur.

Et le chiffre de 60 tonnes par année avancé dans l'étude est fondé sur l’espérance de vie et le bilan carbone moyen d’une personne (occidentale) à l’heure actuelle, et même de sa descendance. Or, il y a fort à parier que nos habitudes de vie évolueront et que l’empreinte carbone d’un individu sera différente d’ici 20 ou 30 ans. Écoutez le reportage pour mieux comprendre pourquoi certains chiffres ne tiennent pas la route, dont la comparaison entre l’empreinte d’un enfant et celle d’une voiture!

Faire des choix personnels écologiques, comme réduire sa consommation, manger moins de viande et éviter de se déplacer en voiture, demeure selon moi la meilleure façon de contribuer au bien-être de la planète. Surtout qu’en montrant l’exemple, nous devenons des modèles pour la prochaine génération.

De plus, recommander à tous de ne plus faire d'enfants n'est pas très éthique... n'est-ce pas là un de nos droits et de nos choix fondamentaux? Et j’oserais même dire : une source de bonheur assez incroyable! Je préfère être optimiste et penser que les enfants de demain participeront à changer le monde, et ne feront pas qu’assister, impuissants, à l’accélération des changements climatiques et à la dégradation de notre planète.

À la lumière de ces informations, je culpabilise un peu moins d’avoir osé procréer… deux fois plutôt qu'une!

Mais une nouvelle source de stress s'ajoute à ma liste déjà bien longue : le besoin de faire de mes enfants de bons citoyens à faible empreinte écologique. À quand un guide clair pour élever des enfants sensibilisés à l’environnement?

Image de couverture de Quentin Touvard

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