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Le fameux TDA, soit le trouble du déficit de l’attention et l’on peut ajouter le H pour l’hyperactivité et maintenant le I pour l’impulsivité. J’ai commencé à m’intéresser au sujet lorsque mon fils, alors âgé de 5 ans, agissait toujours comme dans la passe du « fucking four ». Il réagissait impulsivement au NON et faisait le bacon, encore à 5 ans… Il parlait tout le temps et coupait la parole, mais bon, j’ai mis ça sur la faute du sang italien. Il voulait toujours être le premier et avait de la misère à attendre son tour, c’est probablement parce qu’il est un jumeau… Il court partout et grimpe partout, c’est normal c’est un p’tit gars de 5 ans…

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Les jours avancent et rien ne s’améliore, même que tout devient pire. Les crises d’hystérie ne se comptent plus par semaine mais par jour. Je prends rendez-vous avec une psychothérapeute pour suivre une cohorte sur la gestion des émotions. Il y a une amélioration, qui s’efface doucement. Je lis sur Internet,  je lis des livres et je regarde des chroniques. Je me renseigne sur les techniques, parler au je, se mettre au niveau de l’enfant, faire de l’indifférence intentionnelle.

Quand tu travailles 40 heures, lorsque tu arrives à la maison et que tu dois gérer une crise de bacon parce que son frère a ouvert la porte de l’auto en premier, l’énergie n’est malheureusement pas au rendez-vous.
– Je n’aime pas ça quand tu cries, parle avec des mots mon chaton, qu’est-ce qui se passe.

Un moment donné, t’es à bout de souffle et c’est tout simplement
– Go dans la maison pis dans ta chambre.

Je pleure de culpabilité, je ne suis pas une bonne mère, j’ai échoué.
Mon chum est impatient devant les crises et en pète également. De plus en plus souvent j’ai des discours du genre :«c’est ça la vie de famille, c’est le fun en TA. Je m’éclate! J’ai le goût de me séparer pour avoir la paix une semaine sur deux».

Après mon cœur de maman blessé pleure sa vie, la culpabilité revient dans mes pensées. Quand je vais à l’épicerie et que je tiens mon bout parce qu’il hurle parce qu’il veut un putain de Kinder Surprise. Que je le laisse dans le panier, même à 5 ans, sinon il ferait le bacon à côté de la caisse. Les gens te regardent, certains ont un regard piteux, d’autres, comme des mamans, te font un regard empathique du genre je comprends tellement et d’autres caves RIENT.

Les journées passent et rien ne s’améliore. Je mets le tout sur la faute de l’entrée à l’école, le changement d’environnement, les nouveaux amis, le ratio des classes qui est différent de la garderie.

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Et un jour, c’est à mon tour. Je suis à terre, j’ai de la misère à me lever, juste penser devoir donner le bain seule le soir car mon chum a un 5 à 7 m’épuise. Je ne suis même pas capable de faire un simple pâté-chinois Vive les mets préparés chez IGA. Je rencontre mon médecin et je pleure ma vie, je pleure que je suis fatiguée, que mon fils m’épuise, il peut être seulement 9h00 et il y a déjà trois crises d’impulsivité et de colère… Je lui dis comment il est à la maison, à l’école et au service de garde. Il parle tout le temps, il coupe la parole, il a de la difficulté à attendre son tour, il bouge constamment, mange debout, est survolté, doit toujours être le premier, répond aux questions avant le temps…

Je me souviendrai toujours lorsqu’il m’a dit :
– Même si tu vois le meilleure psy en ville, t’es épuisée. Ton fils, tu l’auras toute ta vie. Ton fils a clairement un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, soit un TDAH.

Je rajoute un H majuscule. Malgré ma peine, je me trouve comique. Je pleure ma vie dans le bureau du médecin. Évidemment, j’avais un doute depuis qu’il a 5 ans et que le bacon fait toujours parti de sa vie (les crises et non le porc). J’étais dans le déni et j’ai tout fait pour éviter d’entendre le verdict. Je me suis brûlée d’ailleurs. Quand tu regardes ton fils, et que le peu d’énergie qui te reste, tu dois lui donner… Quand il te tape royalement sur les nerfs et que tu t’en veux, bien c’est le temps. C’est le temps de consulter et d’être médicamentée s’il le faut. J’ai pleuré avec le pharmacien.

-Voyons ce n’est pas un échec. Si ton fils était épileptique, tu n’hésiterais pas à lui donner des médicaments? C’est un trouble neurologique. Ton fils peut avoir eu une éducation exemplaire (je ne dis pas que je suis exemplaire mais disons que je me donne je crois!), il aurait tout de même un TDAH.

Après le diagnostic, c’est la passe de l’acceptation. Accepter que mon fils soit différent. Accepter qu’il ne soit pas parfait. Je n’aime pas la perfection mais de savoir que son fils est différent te pince le cœur. Ma mère m’a dit quelque chose que j’ai retenu.

– Il sera plus heureux et tu fais ça pour son bien.

Une fois la période d’acceptation digérée, je suis toute là pour mon fils. Rencontre avec le médecin, avec le psychothérapeute. Mon fils prend son médicament avec brio, comme un champion. Chaque jour est une journée à la fois. On doit ajuster la dose. Je l’observe et je suis si fière de lui. Je ne voulais pas me rendre à la médication, mais son bonheur et notre bonheur vaut tellement plus que ça. Avoir un TDAH n’est pas un tabou, il faut assurer un suivi serré pour ne pas que ça dérape plus tard. Mon fils est unique et je l’aime plus que tout. J’ai toujours su qu’il était différent et que c’est tout un personnage, mais c’est le personnage préféré de mon histoire!

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