Il y a peu de temps, je me suis sentie très émue par une proposition de loi qui a été étudiée en faveur des femmes de mon pays. Le 8 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire dans sa Constitution la liberté de recourir à une interruption volontaire de grossesse.

Ainsi, toute remise en cause de cette liberté fondamentale sera à l’avenir interdite par la loi.

Simone Veil, Gisèle Halimi, Françoise Giroud, Simone de Beauvoir, je suis admirative du combat intense de chacune de ces femmes. Elles sont des grandes figures du féminisme qui ont contribué à faire avancer les droits des femmes en France. C’est avec émotion que j’ai une pensée pour elle et que je les remercie de tout ce qu’elles ont fait pour nous les femmes.

Leur combat d’hier réalisé avec courage, force et détermination continue d’avoir un impact sur nos vies d’aujourd’hui. Enfin, je pense aussi à toutes ces inconnues, qui ont eu le courage d’avoir recours à l’IVG alors que celui-ci n’était pas autorisé, allant jusqu’à y perdre la vie.

Je suis en faveur de l’avortement, je suis pour le droit pour nous les femmes de disposer de notre corps et pour que nous ayons la liberté de choisir.

Je ne l’ai pas vécu personnellement, mais des personnes qui y ont eu recours m’ont partagé ce petit morceau de leur vie. Ce que je retiens de leurs témoignages, c’est qu’il y a parfois un manque d’accompagnement des médecins face à la douleur à la fois psychologique, mais aussi physique de cette épreuve. Certaines parlent d’une crainte du jugement de l’entourage et du personnel médical. Il y a aussi une culpabilité et un sentiment de honte qui peut les habiter dans ce choix qui nécessite beaucoup de courage.

Pour vivre leur avortement, elles sont tout d’abord accompagnées dans un espace médicalisé avant de se retrouver seules chez elles. Dans leur solitude, elles font face à de réelles difficultés : l’intensité de la douleur, l’intensité des écoulements de sang, l’intensité de la réaction du corps, l’intensité des émotions. Ce vécu, qui peut s’avérer traumatisant, suscite une peur bien plus profonde qui continue de les hanter une fois que tout est terminé. Cette crainte est que l’avortement a pu abîmer leur corps et que cela ait un impact sur leur fertilité.

Ces femmes restent reconnaissantes d’avoir pu avoir la liberté de prendre leur décision, aussi difficile, soit-elle à prendre.

Je soutiens toutes ces femmes et hommes qui continuent de se battre pour ce droit partout dans le monde, notamment dans des pays où il ne cesse de reculer, comme en Pologne ou aux États-Unis. En Afrique, les lois sont les plus restrictives concernant l’avortement et contraignent des femmes à des avortements dangereux et à risque. Dans le monde, environ 47 000 femmes meurent chaque année, après avoir vécu un avortement clandestin.

Image de couverture d'Ahmet Sali
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