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Depuis quelques mois, j’ai l’impression de vivre en noir et blanc. J’ai l’impression que ma vie est mise sur pause. Que je ne fais qu’attendre, écouler le temps, un jour à la fois, pour enfin arriver quelque part. Mais ce quelque part-là, je ne sais pas exactement c’est quoi.

Je sais que j’attends, comme tout le monde, la fin de la pandémie, parce qu’on veut retrouver un semblant de vie normale. Je me fais croire que quand tout ça sera derrière nous, je me sentirai à nouveau moi-même. Que je vais retrouver mes sorties entre amis, mes activités préférées qu’on m’a enlevées, mes collègues…. Mais est-ce vraiment ce qui va se passer?

Je pense que j’ai de trop grandes attentes pour la fin de cette pandémie-là. Comme si, d’un coup, tous mes problèmes seront réglés. Mais c’est rarement aussi facile que ça, la vie. C’est rarement le cas que tout se règle comme par magie sans moindre effort. On vit dans un monde tellement différent de ce qu’on a connu, que ce qu’on a connu est brisé et je ne sais pas si, un jour, on aura mis assez de Crazy Glue pour tout recoller. J’ai l’impression que peu importe, on sera tous marqués à jamais.

J’hésite présentement entre me laisser avoir le droit de ne rien faire et de ne rien vouloir, parce qu’on vit une situation exceptionnelle, ou, au contraire, me préparer au retour à la normale. À présent, j’ai opté pour la première option, mais j’ai aussi l’impression qu’en ne faisant rien (et quand je dis ne rien faire, je veux VRAIMENT dire ne rien faire), tout devient de plus en plus gris, et les couleurs s’estompent à chaque jour, ce qui me fait perdre une partie de la moi d’avant. Alors, je me remets en question.

Et si, finalement, je voulais me préparer au retour à la vie normale, je commence par où?

Au début de la pandémie, je vivais un jour à la fois pour que ça termine plus vite, parce que l’inconnu me faisait peur. Aujourd’hui, je vis un jour à la fois parce que je ne sais plus comment faire autrement. Je ne sais plus comment me motiver à découvrir des nouvelles passions à 26 ans (si je n’aimais pas ça dessiner l’an passé, je n’aime pas plus ça maintenant). Je ne sais pas comment recommencer à zéro avec des nouvelles variables que je n’ai pas choisies.

J’écris ces mots-là et je m’étonne. Ce n’est pas dans mon branding personnel, ça, voir en gris. Je suis la fille qui voit le verre à moitié plein all the fucking time. Je vois le verre à moitié plein pour les gens autour de moi qui ne sont pas capables de le faire. Mais pas là. Et accepter ça, aussi, c’est difficile et ça a été un cheminement en soi.

Je crois toutefois en notre résilience et en notre capacité d’adaptation. Si on a vécu tout ça, ce n’est pas pour rien et ça va rester avec nous à jamais. Tout ce que je sais, c’est qu’un jour, je vais regarder en arrière sur cette période de ma vie et je vais être contente que ce soit terminé, mais je vais surtout être contente de voir tout ce que ça m’a appris sur ma personne. Je sais maintenant que je peux me rendre au point de craquer, et que je dois être douce avec moi-même. Et ça, je l’espère, je le garderai avec moi pour le restant de mes jours.

marie-chloé falardeau robe noir et blanc

Le look:

Robe – Onze Montréal

Bottillons – Aldo

Sac à dos – Aldo

Lieu – Hôtel Le Crystal

Photos – Claudia Morin-Arbour

marie-chloé falardeau robe noir et blanc

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Marie-Chloé Falardeau
Éditrice

Marie-Chloé est une passionnée dans l’âme. Que ce soit la danse, le marketing ou les séries télé, tout ce qu’elle entreprend, elle y met son...

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La fois où j’ai réalisé que j’avais le droit d’exister