Bébé & Cie Faits Vécus

Quels sont les pré-requis pour être une bonne mère ou simplement, pour réussir à bien vivre la maternité? Vous êtes-vous déjà posé la question? Moi si. Au  moment où le pendule indiquait 37 ans, que tous mes proches avaient minimum un ou deux enfants depuis 50 ans dans ma tête. Au temps où les soupers, les fêtes et même durant les discussions avec des clients tournaient sans cesse autour de ces foutues progénitures, les enfants. Et comme si ce n’était pas assez, au moment même où tes propres parents te questionnent et t’incitent, à leur façon, à produire des descendants, que fait-on pour prendre une décision éclairée?Comment prendre cette décision aussi importante?

Eh bien, mettons les choses en perspective. Pour ma part, j’étais la fille typique qui avait reçu un diagnostic d’intolérance aux enfants, aux discussions d’enfant, aux fêtes d’enfants, aux showers de bébés et à tout ce qui tournait autour de ces êtres à l’odeur suspecte et aux cerveaux pas encore assez développés pour être compréhensibles et stimulants.

Rassurez-vous, j’étais loin d’être médiocre dans mes interactions avec ces mini-humains, mais c’était forcé, de la  politesse, du respect pour les gens qui étaient leurs parents et mes proches que j’aimais.

En fait, j’étais sans intérêt pour tout ce qui avait trait, de près ou de loin, à la maternité et la parentalité. Pour moi, tout me semblait contraignant, difficile, fatigant. J’écoutais certaines conversations de façon non-attentive, qui se finissaient toujours par la même banale finalité: « je les aime mes enfants, mais tu vas voir… Ça change une vie à 100%… » Ces femmes étaient cernées et proches de la séparation.

yeux de femme remplis de larmesSource image: Unsplash

Je vous pose maintenant la question: en toute lucidité, est-ce qu’une personne à jeun, détenant un QI plus élevé que Forrest Gump, ayant un esprit libéral, l’âme à l’amusement, à la légèreté et l’imprévisibilité peut réussir à se faire convaincre d’avoir des enfants avec ce type de commentaires? Honnêtement, du plus profond de ma petite réflexion reptilienne, la réponse est non. C’est tout sauf vendeur.

Toutefois, à d’autres occasions où il s’avérait que je respectais le jugement et l’impartialité d’autres individus, ceux-ci tenaient un discours différent. Ce dernier arrivait davantage à chatouiller mon esprit droit (celui du moule de la société) de l’âme de la procréation, de la ligne droite à suivre.

Ils me disaient que la parentalité  était de loin le plus inspirant, surprenant et consubstantiel événement que je ne pourrai jamais vivre autrement ou remplacer. Il s’agit d’un don de vie UNIQUE.

U-NI-QUE, un mot que je trois syllabes, somme toute insignifiant, banal, mais qui est arrivé à picoter l’esprit et la curiosité de la fille que je suis. Celle qui aime l’extraordinaire, l’unicité, la vie dans toutes ses surprises!

Or, c’est à ce moment précis où le pendule s’est arrêté, que le moment s’est figé dans le temps et que j’ai compris, du haut de mes 37 ans et 37 ridules, que même en ayant la vie la plus extraordinaire, la plus riche socialement, professionnellement, culturellement et même spirituellement, que jamais je ne me verrai atteindre et remplir cette partie si importante, cette trace vers le bonheur dont la vie nous fait don.

mère avec son enfant dans les bras qui souritSource image: Unsplash

Mon esprit cartésien s’est réveillé. J’ai écrit une liste des qualités que je pensais requises pour être mère et capable de bien vivre. Prête, patiente, pouvoir d’adaptation hors norme, altruiste envers un être qui est sien mais inconnu, capable de s’oublier, responsable d’un humain et du futur de celui-ci, capable de supporter la pression, etc. Enfin toutes les qualités qui facilitent l’adaptation à la parentalité.

De l’autre côté, j’ai fait la liste de mes aptitudes et caractéristiques qui feraient de moi une mère capable et assez forte. C’est alors que l’encre du crayon s’est figée et que mon esprit fut troublé. Étais-je assez patiente? Altruiste? Responsable? Je fus secouée par le fait que les seules qualités que je possédais vraiment étaient que j’étais unique… Et que je ne détenais pas ces caractéristiques « pré-requises ».

Unique pour: mon amour de la vie, mon enthousiasme, ma joie de vivre. Tout ça faisait de moi, non pas la candidate parfaite, mais une personne qui était curieuse d’aller plus loin dans sa vie, d’évoluer. S’il fallait utiliser mon utérus pour y arriver, j’y étais prête!

En définitive, la parentalité est en toute forme déstabilisante et consubstantielle. Personne ne la vit de la même façon, chacun décide de comment il veut affronter ce défi et être avec son enfant. Rien n’est dicté, tout est à bâtir et à découvrir. Il s’avère que même si tu ne possèdes pas les qualités ou caractéristiques « requises », cela ne veut pas dire que tu ne seras pas une mère à la hauteur. En réalisant tout ça, quel beau et magnifique défi s’offrait à moi!

Et six mois plus tard…

mère qui tient son bébéSource image: Unsplash

J’ai finalement donné naissance à mon adorable Thomas.

18 mois après mon accouchement, enchainement d’une triste réalité: dépression postpartum, burnout, arrêt de travail de longue durée, crises de couple (au pluriel). Je ne me reconnais plus, je ne suis plus la même.

Aujourd’hui, je suis toujours en arrêt de travail, car comment pourrais-je trouver le temps pour vous écrire? Je vous taquine. Pouvez-vous croire que, malgré toutes ces embuches et défis de vie que je gère depuis la naissance de mon fils qui fait 19 mois maintenant, ces difficultés soient liées au fait que je n’étais ultimement et initialement pas faite pour être mère. Malgré tout ça, les larmes de joie coulent sur mes joues en écrivant ces mots, mes yeux pétillent, tout mon cœur est fier d’avoir réussi à être une maman unique, à ma façon, afin de vivre l’extraordinaire à travers l’ordinaire.

Finalement, la leçon à tirer de ce témoignage est que, même si tu es persuadée ne pas être née pour être mère et que tu penses que ta vie va être ruinée, dis-toi une chose… Une vie ne peut être ruinée que par l’inaction et la peur. C’est aussi ça, une grande partie du bonheur. Il est indivisible à chacun de nous. Il suffit d’être soi-même et de donner la vie à sa façon.

Une chose est incontestable, on ne pourra jamais regretter la raison même de notre existence: celle de donner la vie et d’être maitre de celle-ci.

Source image de couverture: Unsplash
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Cynthia Phaneuf

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