Mise en contexte, j’ai eu un parcours scolaire expéditif et complet, dans les règles de l’art. Je ne suis pas un académicien, loin de là même, j’étais sur les bancs d’école pour le papier, le reste je l’ai appris sur le terrain. J’ai fait mon DEC dans les deux ans prévus, mon BAC en trois ans. Mon directeur de programme m’a décrit comme un élève « B », parce que c’était ma moyenne et que je n’ai jamais vraiment voulu viser le A+.

J’ai commencé à travailler dans mon domaine avant la fin du BAC que j’ai fini en sacrifiant mes points de présence. Je n’aime pas ça m’asseoir sur ma petite chaise et écouter quelqu’un m’expliquer quelque chose d’abstrait, je voulais l’exercice pratique.

J’ai travaillé en publicité, en agence, à faire du contenu médias sociaux pendant cinq ans. J’ai appris le montage vidéo, la captation, la retouche photo, le graphisme, la rédaction, tout le tralala sur le tas, de projet en projet — beaucoup de ça grâce à Camille Dg qui m’a accompagné dans mes débuts pour que je me fasse les dents. Elle m’a donné mon premier mandat pis check ça, c’est moi l’boss du blog maintenant ! 

Mais à mi-chemin dans tout ça, je trouvais que mon craft était un peu trop dépendant de ma débrouillardise et j’ai entrepris un retour aux études, à temps partiel, pour peaufiner mon travail avec du support théorique. Venait un point où je devais faire un choix pour ma carrière aussi, pas si simple quand tu es un touche à tout et que tes projets dépendent du fait que tu peux à peu près tout faire…

Je me suis dit que je voulais me tourner vers le côté visuel de mon domaine.

Des options d’emploi comme de la direction artistique, du graphisme, du motion, de la direction photo, etc. s’ouvraient à moi. J’ai donc pris des petits cours du soir en graphisme, au collège Ahuntsic, en formule AEC, à temps partiel. Rien de trop commentant, question de ne pas commencer et de me brûler, juste réapprendre les bases.

Rapidement, quatre choses se sont éclaircies :

  • Mon expérience personnelle me plaçait un peu trop haut pour le calibre de la classe.
  • Ma cote R allait augmenter considérablement.
  • Pour une fois, c’était moi l’overacheiver.
  • Mon expérience professionnelle me pointait finalement dans une autre direction. Pas facile de rester motivé.

Au début de ma troisième session, je me suis rendu à l’évidence : je ne pouvais pas continuer le programme. Le sentiment de tourner en rond combiné au stress de vouloir continuer de performer (c’était concrètement pour ma carrière, après tout) étaient en parfaite opposition et ça me causait une angoisse que je n’eusse jamais connu auparavant.

Gardant en tête que je faisais ça pour moi, est-ce que c’est une bonne idée de m’imposer ce stress qui s’empile au reste de ma vie ? Non. Pas du tout. J’ai rempli le petit formulaire, j’ai envoyé un courriel poli détaillant mes raisons à mes professeurs et j’ai accroché mon chapeau.

Je ne vois pas ça comme une défaite non plus. Loin de là. J’ai remis mes besoins en perspective et j’ai fixé mes limites en conséquence. 

Sais-tu c’est quoi ma conclusion ?

C’est que l’école, ce n’est vraiment pas fait pour tout le monde, et c’est encore plus vrai quand tu as gouté à la vraie vie.

Et ce n’est pas grave.

Ce n’est pas fait pour tout le monde et il n’y a pas de mal.

Il y a autant de moyens d’apprendre qu’il y a de personnes. Quand tu réalises que tu peux continuer d’apprendre et de te dépasser sur le terrain, sans faire de concessions. Quand tu comprends que ton professeur ça peut être toi, par essai-erreur et que tu peux trouver des ressources éducatives, mais surtout trouver des personnes à qui poser tes questions, une porte différente s’ouvre.

Rendu à l’âge adulte, tes décisions te reviennent et je suis une personne qui met une valeur à mon confort, et ça passe aussi par ma charge mentale.

Image de couverture par MChe lee

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