Bébé & Cie Faits Vécus

Récemment, j’ai dû passer deux jours à l’hôpital. Je n’ai pas eu une grossesse d’enfer, mais pas si terrible non plus. Cependant, depuis 31 semaines, j’ai souvent des contractions. À 33 semaines, j’ai perdu du liquide qu’on a dû prendre le temps d’analyser. Rien n’est une surprise si je vous dis que le système de santé au Québec est gratuit, mais ciel, le temps d’attente est assez démesuré. Il manque tellement d’employés et malheureusement, l’effet est ressenti chez les patients.

Lorsque je me suis présentée à l’hôpital, j’ai appris par le premier médecin que j’ai vu que j’avais perdu mes eaux et que j’allais accoucher d’ici les trois prochaines semaines. J’aurais donc un bébé prématuré. C’est un petit choc, lorsque tu ne t’attends pas à cela. Étant le seul médecin pour l’unité de naissance, je n’avais pas beaucoup de temps avec lui. Une infirmière m’a donc prise sous son aile pour la journée. C’était une vraie soie, un amour voyez-vous. Elle m’a ramassé alors que j’étais paniquée et que je ne comprenais rien du tout, que tout semblait loin de moi. Elle m’a expliqué qu’elle avait lu le dossier, parlé avec le médecin et qu’elle pouvait tout me réexpliquer. J’en convient, ça ne doit pas être toutes les infirmières qui sont aussi douces et attentionnées. Disons que durant mon séjour, j’ai été chanceuse de ce côté-ci.

Elle m’a mis une intraveineuse et m’a parlé doucement de tout et de rien, elle s’assurait que je sois bien. Je mourais de faim, et elle est revenue rapidement avec une multitude de choix. Elle me parlait doucement et me flattait l’épaule. En arrière, on entendait crier une dame qui disait aux infirmières qu’ils étaient moins deux pour la soirée et que certaines devraient rester. J’ai alors vu le visage de mon infirmière s’affaisser. Elle m’a dit qu’elle revenait de vacances et que lorsque la répartitrice disait des informations de la sorte, elle avait l’impression de ne jamais en avoir eu.

infirmière dans un couloir d'hôpital avec un incubateurSource image : Unsplash

Après avoir passé plusieurs heures dans la salle de triage près d’une dame qui vomissait juste à côté de mon lit, je me suis ramassée dans une chambre seule. J’ai eu une autre infirmière qui a été super gentille avec moi. Puisque je ne pouvais pas me lever, je devais uriner dans une bassinette et croyez-moi, ma dignité en a pris un coup. L’infirmière m’a dit qu’elle comprenait, que ce ne devait pas être facile pour moi et qu’elle allait me laisser seule. Elle m’a ensuite amenée en échographie ou je devais attendre un médecin.

Croyez-le ou non, elle est revenue une heure après pour me demander si quelqu’un était venu me voir et elle fût estomaquée de savoir que j’avais été laissée seule avec mon conjoint dans une petite pièce, sans eau, sans bassinette pour uriner ni cloche pour avertir le personnel soignant. Elle est allée m’appeler quelqu’un et j’ai passé tout de suite après. Elle s’est excusée pour cet évènement alors que pauvre fille, c’était vraiment pas de sa faute.

J’ai eu droit à un médecin, excusez-moi le terme, un peu épais. Vous voyez le genre qui vous parle en termes médicaux, qui lance des jokes vraiment pas drôle à des moments vraiment pas appropriés et qui s’en fout des émotions que vous vivez? Parce que oui, je pleurais comme une madeleine, j’étais stressée et inquiète et monsieur répondait à ses appels personnels et me riait au nez. Je me sentais insultée et détruite.

Lorsque je suis retournée à ma chambre, l’infirmière de nuit m’a consolée et m’a écoutée. Elle m’a même fait entendre le cœur de ma fille pour me rassurer et elle a lu mon dossier pour essayer de m’informer du mieux qu’elle pouvait. Un ange, je vous dis. Et je voyais dans son visage qu’elle était fatiguée. Elle se trompait parfois dans les fils à brancher et ne cessait de s’excuser et je lui ai dit que c’était vraiment correct. On était simplement deux humains un à côté de l’autre qui ont une vie, qui sont fatigués et qui ne savent pas à quelle heure ils vont sortir de là.

nouveau-né avec bracelet d'hôpital à la chevilleSource image : Pexels

Je les ai remerciées chaudement. La dernière infirmière que j’ai eue me rappelait constamment qu’elle ne m’oubliait pas, mais qu’il n’y avait pas assez de personnel pour couvrir le nombre de femmes et d’accouchement. Elle a été là pour moi et me disait qu’il ne fallait pas que j’hésite à sonner la cloche, que peu importe les résultats de mes tests je pouvais revenir n’importe quand et qu’il ne fallait pas hésiter lorsqu’on avait peur pour notre bébé. Elle m’a dit que même si elles étaient débordées, elles aimaient prendre soin de nous. J’étais tellement touchée. Ces infirmières, elles se sont souciées de mes sentiments et de mon confort à leur propre détriment.

À vous chères infirmières, je voulais vous dire que vous faites une maudite belle job et je vous remercie de m’avoir appuyée et m’avoir écoutée. Je sais que présentement il manque d’employés, mais lâchez pas et ciel prenez soin de vous, parce que sans vous, ça ne pourrait pas fonctionner aussi bien que cela fonctionne présentement.

Source image de couverture : Pixabay
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Marie-pier Carle

Marie-Pier est maman de deux jeunes filles et intervenante qui aime vous partager son quotidien, ses observations et ses petits bonheurs de la vie. Elle...

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