Hier soir, je suis allée voir la pièce Si vous voulez de la lumière au théâtre Prospero. Ce spectacle rempli de beauté et d’émotion m’a fait réfléchir sur la place de la mort, l’amour, les croyances et la science dans notre société.

Cette pièce a la particularité d’avoir été écrite par 13 auteurs d’origines diverses à travers le monde. D'avoir autant de points de vue différents mis en commun donne donc un résultat très intéressant. Le mélange culturel attire l’attention. Donc peu importe vos croyances, vous vous sentirez interpellés.

Cependant, à quelques moments, j’ai trouvé qu’on voyait trop la différence d'écriture et de vision d'une scène à l'autre. C’est un élément qui m’a fait décrocher.

Dans le même ordre d’idée, j’aurais aimé que les trois parties soient mieux liées entre elles.

Ce spectacle est d’une durée de trois heures et quinze minutes avec entractes et est séparé en trois parties. J’ai trouvé difficile de suivre et de me replonger dans la pièce à la deuxième et à la troisième partie, car il y avait un changement drastique de lieux, de personnages et de situations.

J’ai eu l'impression d’avoir vu 3 pièces différentes.

D’où le conseil que je donnerais de s'informer sur le livre de Goethe, Faust, et le personnage allemand du même nom, avant de voir le spectacle pour mieux le comprendre. Étant donné que c’est une pièce de théâtre très psychologique, abstraite et imagée, ce serait deux fois plus difficile de suivre si on ne connait pas les grandes lignes de ce récit.

C’est une histoire assez complexe, mais quand on lit et en discute, on fait des liens et on est fasciné pas l'intelligence émotionnelle de l'œuvre ainsi que toute sa recherche.

Il y avait aussi toute une créativité dans les décors.

Les rideaux semi-transparents pour jouer avec le vrai et le faux ainsi que l’esprit et le réel est mon coup de cœur. Le mélange de musique et de projections sur toute la scène nous transportait ailleurs que dans une salle de spectacle. La forêt, la mer, nous y étions complètement transportés.  Les différentes couleurs et sources d’éclairage créaient également une ambiance complètement différente à chaque scène.

De plus, j’ai beaucoup aimé l’attention que les auteurs ont eu de mettre des moments d’humour originaux quand le public en avait besoin. Notamment, en revenant du deuxième entracte, après environ deux heures et demie de spectacle, il y a eu un monologue comique d’un des personnages avec un élément très loufoque qui a fait éclater de rire toute la salle. Ce personnage s’adressait directement au public et nous félicitait de nous être rendus jusqu’ici en faisant des blagues en lien avec la longue durée de celui-ci. Je crois que c’était un moment d'humour dont on avait tous besoin et qui a recapté notre attention.

Bref, c’est un travail plus qu’impressionnant pour cette production et on voit que ça vient du cœur. Je n'ai pas pu m’empêcher de me lever de mon siège pour applaudir l'incroyable engagement que tous les artistes ont donné à ce projet.
Image de couverture via Théâtre Prospero
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