Faits Vécus

L’année 2020 m’a vraiment superman punch en pleine gueule et, comme les autres 7,7 milliards de personnes sur cette planète, je suis tombée KO à la première manche. Wow, référence de boxe, je suis vraiment à un nouveau low. Mais bon, mon point c’est que même si c’est probablement la pire année que j’aurai l’occasion de vivre avant mon décès de rockstar à 28 ans, j’en aurai profité au max.

Je n’enlève rien au malheur des gens qui ont subi les ravages de la pandémie ou alors des mouvements de dénonciations contre la brutalité policière, contre les agressions sexuelles, les tragédies au Yemen ou quoi que ce soit d’autre qui a été mis sous les projecteurs médiatiques cette année. C’est horrible et il faut en parler, mais aujourd’hui, je me concentre sur les avantages de la pandémie. JE SAIS, ne t’inquiète pas, je ne dis pas que c’était une bonne chose du tout, mais j’ai le privilège de faire partie de ces gens qui n’ont pas ou alors très peu été affectés par tout ceci.

Évidemment, comme tous, j’ai eu quelques soucis financiers, la situation a fait ressurgir mes insécurités émotionnelles et psychologiques, j’ai manqué plusieurs opportunités au travail et dans la vie en général. Mais ce sont tous des ennuis qui sont mineurs et surtout qui ne m’affectent que moi.

Par-dessus tout, ce temps de repos m’a permis de faire de grosses introspections, de réfléchir. Nous sommes tous différents, mais fondamentalement, je crois que chacun peu apprendre d’autrui. Alors j’ai pensé vous partager mes résolutions de 2020, à ne pas confondre avec celles du 1er janvier qui étaient, avec du recul, très superficielles. Toutes ces horreurs m’ont forcées à les retravailler un peu.

agenda 2020 résolutionsSource image: Unsplash

Résolutions 2020 (version 2.0)

1. « ENTRAÎNE-TOI PLUS SOUVENT » devient: Aime ton corps

Si cette quarantaine m’a apprise quelque chose, c’est que la confiance en soi est de base quand t’as un corps qui correspond aux normes de la société. J’ai toujours eu la chance d’avoir un métabolisme plutôt rapide et donc, avec un minimum d’effort, je pouvais manger ce que je voulais en restant toujours mince et en forme. Mais quand tu restes enfermé chez toi pendant trois mois à manger sans arrêt, faute de trouver autre chose à faire, eh bien peu importe ton métabolisme, ton corps change.

Et quand le mien s’est mis à changer, sans que je puisse aller au gym, ou courir, ou faire quoi que ce soit hors de chez moi, je n’ai eu d’autres choix que de commencer à m’aimer telle quelle.

Ce genre de combat, c’en est un qui durera toute ma vie, c’est beaucoup plus facile de se détester que de s’assumer et d’être bien dans sa peau. Mais cette année, ou du moins cette deuxième moitié de l’année, je vous promets de m’y mettre, coûte que coûte. Et je le recommande fortement à tous.

2. « RAMASSE DE L’ARGENT » devient: Dépense seulement pour te rendre heureux/se

Que ce soit un nouvel oreiller, une épicerie bourgeoise, une paire de souliers que tu veux depuis des années ou un bon restaurant, des fois, il faut se gâter. Qu’on soit riche, de classe moyenne ou même qu’on vive au-dessus de nos moyens, on a tous besoin de décompresser en se laissant tenter par les petits plaisirs de la vie.

Moi, je n’ai pas de difficulté à dépenser. Oh non madame. Bien au contraire, chaque année dans mes résolutions, j’écris que je dois arrêter de dépenser autant dans les restaurants et les vêtements, que je dois m’ouvrir un compte épargne, et tout le tralala. Mais je vous dis, cette pandémie m’a fait réaliser que la vie est si courte, et fragile, que l’argent n’est pas exactement ce que je croyais.

Oui, je dois avoir un coussin d’argent sur lequel retomber au cas où il y aurait des incidents comme celui-ci où je ne peux plus être payée. Mais d’un autre côté, dans la vie, presque tout coûte de l’argent, si on veut profiter, on peut se donner le droit de dépenser un peu. On ne travaille pas que pour survivre, non?

3. « ARRÊTE DE FAIRE CONFIANCE FACILEMENT » devient: Laisse les gens te prouver leur valeur

Ce confinement m’a éloignée de beaucoup de gens. J’ai réalisé que la plupart de mes amitiés étaient plutôt de surface. Certaines personnes que je croyais très importantes ou dont l’opinion avait une forte influence sur moi n’étaient en fait que des connaissances vu la facilité qu’ils ont eu à me laisser tomber. Au départ, je me sentais coupable, je me disais que je n’avais surement pas fait assez d’efforts pour les garder dans ma vie. Puis un jour, j’ai compris que ça ne devrait pas être un effort.

Les gens qui sont importants dans ma vie le sont encore aujourd’hui, malgré la distance, on se parle tout le temps, on se voit aussi souvent et de façon sécuritaire que possible. J’ai rapetissé mon cercle, passant de des dizaines à une capacité de les compter sur mes doigts.

Je suis de l’école de pensée que si tu donnes assez de temps aux gens, ils vont te montrer qui ils sont vraiment par eux-même, tu n’auras pas à te faire avoir. Les bonnes personnes le sont dès le premier jour et le seront toujours, les gens plus toxiques ne tardent jamais à enlever leur masque de gentillesse.

Alors voici mon conseil: aime les gens comme ils sont, mais quand tu vois des drapeaux rouges, n’essaie pas de les changer ou les excuser, si quelqu’un te montre son vrai visage, crois-le.

amitié amies bras en l'airSource image: Unsplash

4. « SORS MOINS SOUVENT » devient: Apprends à être bien seule

Je sais que c’est cliché, mais la phrase « apprends à être bien avec toi-même avant de pouvoir être bien avec les autres. » est à l’honneur pour cette partie du texte. C’est chiant comme phrase, on se la fait toujours dire, on n’y croit pas. Des fois, on pense même qu’on est bien seul vu qu’on arrive à l’être à court terme. Mais, encore une fois, quand on se retrouve confiné seul, sans POUVOIR être autre chose que seul, ça fesse un peu plus.

La première étape, c’était que je me suis mise à penser que tout le monde m’oublierait si je n’allais pas les voir (voir résolution #3), que si je restais seule une minute de plus, j’allais devenir folle, j’allais tout manquer. Plus personne ne prenait de mes nouvelles alors je me disais: ça y’est, ils me détestent tous parce que moi je respecte les règlements de distanciation.

Ensuite, la deuxième étape, c’était de réaliser qu’en fait, je ne voulais pas sortir par peur de manquer des trucs ou de m’ennuyer de mes amis, je voulais sortir parce que si je restais seule, j’étais forcée de régler les problèmes dans ma tête que j’arrivais auparavant à camoufler avec de l’alcool et de la musique trop forte. J’ai pleuré comme une hystérique, réfléchi à toutes ces petites blessures que j’essayais d’ignorer, j’ai mis de l’ordre dans mes pensées.

Puis finalement, la dernière étape est arrivée quand je me suis levée un matin et j’ai remis ma vie sur pied en un coup. Soudainement, tout ce rangement que j’avais fait dans ma tête faisait de la place à tout le reste. J’ai refait mon CV, je me suis remise à écrire, j’ai fait le ménage de mon appartement, j’ai réécrit à mes amis d’enfance qui m’avaient tant manqués, j’ai mis de la musique beaucoup trop forte et j’ai dansé comme une folle, seule, chez moi.

5. Pour finir, je crois que la dernière résolution devrait être: Fais-toi une liste.

Je te conseille vivement de faire une liste des trucs qui vont bien, et ce qui va un peu moins bien. Je te conseille de noter ce que tu pourrais faire pour aller mieux, ou pour préserver ce qui te rend heureux ou heureuse. Je te conseille d’ignorer mes résolutions, ce sont les miennes, concentre-toi plutôt sur toi, et les tiennes. Essaie de voir le positif dans toute cette histoire de cinglé. Ne laisse pas le temps glisser entre tes doigts, make the best of what you have.

Puis, qui sait, peut-être que 2021 ira mieux!

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Ludovie L. Beaudoin

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