Bébé & Cie Faits Vécus

Mon bébé. Mon grand bébé. Mon premier.

Je ne sais pas si je peux encore t’appeler « bébé », mais tant que tu ne me diras pas que ça te gêne, je continuerai. Tout comme je continuerai de t’aimer chaque jour de ta vie.

Je ressentais, aujourd’hui, le besoin de m’adresser à toi, même si du haut de ton année et demie de vie, tu ne comprends pas pourquoi maman verse des larmes chaque soir lorsqu’elle t’endort en flattant ton doux visage. Ton tout petit nez, tes toutes petites lèvres. Tout petit toi.

bébé, maman, bonheurSource image: Unsplash

Mon bébé, maman te le répète depuis quelques mois, mais tu es encore trop petit pour saisir l’ampleur de ce que j’essaie de te faire comprendre. Mon bébé, ta maman a deux bébés dans son ventre. Dans quelques semaines, tu deviendras le grand frère de deux petits frères. Deux petits frères qui changeront notre vie à tous les trois. Qui viendront chambouler notre quotidien. Qui viendront changer notre routine. Qui arriveront avec leurs couleurs, avec leur propre personnalité.

Je sais que tu ne sais pas ce que ça veut dire, mais je me le demande chaque jour : as-tu peur de ce qui s’en vient, toi?

Moi, oui. Mais ça, maman ne peut pas vraiment le crier haut et fort. Parce qu’une maman, ça se doit de rester forte pour la famille.

Mais… entre nous deux, bébé… j’ai peur…

J’ai peur que mon ventre prenne tant de place que je n’arrive plus à te prendre dans mes bras, que tu n’y sois plus confortable.

J’ai peur de perdre mes eaux et de devoir aller te mener à la course chez grand-maman, en ne sachant pas quand nous aurons notre congé de l’hôpital.

J’ai peur de partir de la maison à trois et de revenir à cinq.

J’ai peur d’être trop fatiguée et de ne pas avoir l’énergie pour jouer aux camions ou aller jouer au parc.

J’ai peur d’être impatiente et que tu te sentes pressé et bousculé, parce que le temps file et que tout doit concorder avec l’horaire des minis, surtout en début de vie.

J’ai peur que tu te sentes délaissé et seul, que tu sentes que je ne te donne pas suffisamment de temps et d’amour. Toi qui es mon centre d’attention depuis le début de ta vie.

J’ai peur d’être trop occupée à nourrir les bébés pour pouvoir te préparer ton repas préféré, ou pire, de te nourrir aux croquettes de poulet chaque soir.

J’ai peur de ne pas pouvoir cotiser autant à ton REEE, de me voir te refuser un achat quelconque parce que des sous, « ça ne pousse pas dans les arbres ».

J’ai peur que tu nous en veuilles, à ton papa et moi, d’avoir voulu t’offrir une fratrie, des amis pour la vie.

Et par-dessus tout, mon bébé, bien que je sache que mon cœur est immensément grand, j’ai peur de ne pas être capable d’aimer autant que je t’aime, toi.

Source image de couverture: Unsplash
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Joanie Hébert

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À mon père malade - Le Cahier