Faits Vécus

Aujourd’hui, on va se parler de faiblesses. Parce qu’il y a des jours où je suis sous leur maudite emprise et aujourd’hui, ça tombe sur une de ces journées-là. Pis je suis pas mal tannée qu’elles me limitent. Pis on m’a déjà dit un jour que parler de ce qui nous rend plus vulnérables nous rend plus forts. Tentons le coup.

Commençons avec le gros morceau : ma principale faiblesse, ce qui me limite beaucoup dans la vie, c’est le manque de confiance en moi.

Ça m’arrive de plus en plus d’avoir des p’tits, pis même des fois des grosses déprimes, pendant lesquels ma confiance chute de façon assez impressionnante. Par exemple, je suis dans une relation qui dure depuis quelque temps déjà. J’pensais que mon estime de soi aurait remonté d’un coup, comme ça, par magie. Ça n’a pas été le cas.

Je suis toujours la même fille qui s’excuse toujours pour tout ce qu’elle fait, pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle n’est pas. Je suis toujours la même fille qui s’insulte dans sa tête ou à voix haute (en riant) lorsqu’elle fait quelque chose de pas correct, ou plutôt, qu’elle croit n’être pas correcte. Je suis toujours cette fille qui s’imagine des scénarios incroyables dans sa tête, mais qui ne les réalise jamais, en se disant que de toute façon, ça n’a pas rapport. Je suis souvent cette fille-là. Celle aussi qui a peur de déranger. Qui a peur, une peur incroyable, de l’opinion des autres. Celle qui change toujours d’idées pour sa carrière et son avenir, parce qu’elle finit toujours pas se dire qu’elle n’est pas fait pour tel ou tel domaine, qu’elle n’a pas rapport, qu’elle n’est pas comme les autres.

Cependant, je ne suis pas toujours comme ça.

J’ai des moments de gloire, moi aussi. Dans lesquels je brille, dans lesquels je suis heureuse, dans lesquels je me sens pleinement moi. Le problème, c’est qu’ils n’arrivent pas souvent, ces moments-là. Je dois les chercher de plus en plus. Je me dis souvent que ce serait tellement plus simple dans telles ou telles situations si j’étais hyper confiante, de ne pas hésiter. Je me dis qu’avoir une pleine confiance en moi me serait utile dans plusieurs sphères de ma vie.

Une autre de mes faiblesses est de me sentir impuissante face au malheur des autres.

Je suis la meilleure pour dire à mes amies et à mon entourage des choses du genre : « Je suis là pour toi, n’hésite pas si tu as besoin de parler à quelqu’un ! » Mais, lorsque ces moments arrivent, je me sens incapable de bien les rassurer. J’essaie de leur donner un câlin, mais ça me paraît faux. J’essaie de leur dire des paroles réconfortantes et ça sonne faux. Je me sens de trop et on dirait que rien ne marche. De toute façon, étant hypersensible, si quelqu’un pleure devant moi, je vais probablement faire de même!

Ensuite, je me démène beaucoup trop à vouloir faire plaisir aux autres.

Tellement que parfois, je m’oublie moi-même. C’est souvent parce que je ne veux pas décevoir, parce que je veux plaire. Par exemple, je peux sacrifier des heures de sommeil parce que quelqu’un m’a demandé quelque chose pour un travail scolaire. Puis, lorsqu’on me remercie, je réponds simplement : « sans problème, y’a pas de trouble! », sans indiquer les efforts que j’ai dû y mettre. Je peux aussi me prévoir une belle soirée tranquille chez moi, devant un film avec de la bonne bouffe, mais tout faire tomber à l’eau lorsqu’on me demande si je veux aller à telle ou telle soirée, même si ça me tente zéro. 

Je n’ai pas de recettes miracles pour guérir ces faiblesses-là.

Des fois, je pense les avoir battues pour de bon, mais elles reviennent sans crier gare et me frappent de plein fouet. Je dois avouer que je n’ai plus envie de me battre. Je n’ai plus envie de me décourager à chaque fois qu’elles surviennent. J’ai fini de pleurer pour des choses qui me bloquent. 

C’est l’heure, je crois, de les assumer.

Essayer de les travailler, oui, mais surtout d’arrêter de me sentir mal de les posséder. Au fond, ces faiblesses cachent des traits de caractère qui me définissent en tant que personne. J’ai toujours peur de déranger les autres? Cela témoigne d’une grande écoute de l’autre. Je suis souvent stressée ? Cela veut dire que beaucoup de choses me tiennent à cœur et que j’y suis dévouée. Je suis hypersensible ? Cela signifie que je comprends beaucoup les émotions et que je partage celles des autres. 

Je crois que c’est enfin l’heure d’apprivoiser mes p’tites bêtes. 

 

Source de l’image de couverture : Unsplash
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Clémence Bouillé

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