Bébé & Cie Faits Vécus

À mon enfant que je devrai partager,

Dans quelques jours, on se rencontrera enfin. Toi, petit être qui occupe mes pensées et mon corps 24 heures sur 24 depuis déjà 39 semaines. Dans quelques jours, on devra couper ce cordon qui nous unit juste tous les deux, juste toi et moi. Ce cordon qui te rend dépendant à moi, juste à moi, depuis le tout début de ton existence. Ce jour-là, au moment où on coupera ce cordon, ce sera la première fois que j’aurai à te partager et je ne suis pas prête à cela.

Dès ta naissance, on t’enlèvera à moi pour prendre tes mesures, te peser, te faire passer quelques tests. Déjà, à quelques minutes de vie, tu ne m’appartiendras plus. Plein d’inconnus t’auront touché, manipulé et malgré que je sache qu’on n’a pas le choix, je ne suis pas prête.

Aussi, je ne suis pas prête à ce qu’on me demande de te prendre, de te bercer. Je ne veux te savoir bien qu’avec moi. Comme quand nous étions que nous deux; toi, confortablement positionné dans mon ventre. Bien que je savoure chaque instant de la grossesse, je me sens déjà nostalgique de ce moment.

pieds de bébé habillé d'un vêtement bleuSource image : Unsplash

Je ne suis pas prête à ce que quelqu’un d’autre que moi dépose un doux baiser sur tes si petites lèvres. Je ne veux pas que tu reçoives trop de bisous et que tu te tannes vite. Après tout, le temps viendra rapidement où tu essuieras chacun d’eux et où tu me diras que tu veux que j’arrête de le faire devant tes amis.

Je ne suis pas prête à ce que ton premier rire soit provoqué par quelqu’un d’autre que moi. Je veux que tu penses que je suis la plus drôle au monde. Tout le temps et pour toujours. Et ce, même si ton père, ton parrain et tes cousins me mettent la barre haute.

Je ne suis pas prête au moment où tu feras peut-être tes premiers pas sous le regard d’une éducatrice. Ces petits pieds qui m’ont donné tant de coups pendant des mois, je veux les voir marcher en premier. Je mérite ça, non?

Mon tout petit bébé, j’ai peur de te partager, mais pourtant, je sais que c’est tout simplement incensé, illogique et égoïste. Je sais qu’à un certain moment, j’aurai besoin d’aide et de bras. À ce moment, je n’aurai d’autres choix que de te partager un peu, le temps de me doucher, de me refaire une beauté ou de préparer le souper. Je sais surtout que les gens avec qui j’accepterai de te partager sont des gens qui me sont précieux et qui ne veulent que notre bonheur, à tous les deux. Et au final, je sais que tu seras autant en sécurité avec ces anges qui nous entourent qu’avec moi. Parce que… non, je ne ferai jamais mieux que personne.

Source image de couverture : Pexels
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Joanie Hébert

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