On a beau chialer, mais on est bien au Canada, en termes de liberté on n’est pas à plaindre du tout. Surtout si on se compare à nos voisins les Américains. Si la politique était pour eux une discipline olympique, les Américains auraient la médaille d’or pour le plus grand saut en arrière dans le temps. L’avortement est maintenant interdit, en fait le droit à l’avortement sera géré par les états. On revient à l’époque des femmes au foyer, qui n’avaient pas leur mot à dire, qui préparaient les repas à l’heure pour le retour à la maison du pourvoyeur.

On est à des années-lumière du cas, Tremblay contre Daigle

À la fin des années quatre-vingt, Chantal Daigle est enceinte de Jean-Guy Tremblay avec qui elle vient de rompre. Elle veut se faire avorter et Jean-Guy Tremblay, le géniteur, porte l’affaire devant les tribunaux et a réussi à obtenir une injonction qui interdit à Chantal Daigle de se faire avorter. Les semaines passent et les choses ne sont pas en faveur de Chantal. Elle est alors partie pour les États-Unis, où elle a pu mettre fin à sa grossesse. À son retour au Canada, plus de bébé, plus de cause. Malgré tout, la Cour Suprême du Canada a rendu un jugement qui stipule qu’un fœtus n’a pas le statut de personne, bref le droit à l’avortement est clair.

Pour le moment, les Canadiennes ont encore le pouvoir de choisir quand il est question de poursuivre sa grossesse ou non. Ce qui n’est plus le cas pour les Américaines. Depuis 1973, l’arrêt Roe contre Wade, « … garantissait le droit constitutionnel à l’interruption de grossesse partout aux États-Unis. » (source)

Les Américaines avaient gagné le droit de se faire avorter, et ce dans des conditions salubres, sécuritaires et légales.

Depuis la semaine dernière, elles ne pourront plus mettre fin à leurs grossesses qui veut. Pour donner suite à un jugement de la Cour Suprême américaine, il revient aux états individuellement d’interdire ou non l’avortement. Disons que l’on devine déjà de quel côté penchera la balance du côté des États du Sud, qui sont passablement conservateurs. 

Image via Pixabay

Est-ce que les femmes devront se retrouver dans des appartements miteux pour se faire avorter, sur une table de cuisine avec des instruments d’une propreté douteuse ? Combien de femmes mutilées et décédées faudra-t-il pour que la Cour Suprême américaine revienne sur sa décision ?

De quel droit des bureaucrates qui croient savoir, mieux que les femmes, ce qui est bon pour elles, dictent la façon dont elles devraient disposer de leur corps ?

Voilà, ce qui arrive quand on laisse des dirigeants statuer sur ce genre de sujet. Ils n’ont aucun égard pour les femmes et ne prennent nullement en considération leurs conditions de vie qui impactera directement la vie d’un enfant. 

Les seules personnes qui devraient avoir le droit de se prononcer et de décider de la poursuite ou non d’une grossesse sont les femmes qui se retrouvent dans cette situation. Pourquoi, encore une fois, la voix des femmes est-elle ignorée ? Est-ce qu’un jour les femmes pourront décider et choisir sans que leur position soit constamment remise en question ? D’ici là, les femmes devront continuer de se battre pour leurs droits.

Image de couverture par Antonio Cansino

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