Si, comme moi, tu es une personne complètement amoureuse des animaux ou si tu es un amoureux raide dingue de ceux-ci, il est fort possible que, après une journée éprouvante, lorsque tu rentres chez toi le soir, il y ait un compagnon à quatre pattes (peut-être moins, qui sait) qui t’attende sagement depuis que tu as franchi la porte en vitesse ce matin-là, avec ton café. Ces petites et grandes boules de poils que nous aimons tant nous apportent à la fois un doux réconfort, une présence rassurante et un amour inconditionnel. Tout cela sans aucun jugement, même quand on ne s’est pas douché depuis cinq jours ou qu’on a oublié de les nourrir. C’est pour ces diverses raisons que, lorsqu’ils vieillissent ou encore tombent malades prématurément, nous le vivons très mal…

J’ai travaillé dix ans en clinique vétérinaire et j’y travaillais un beau samedi lorsqu’une dame paniquée est entrée avec une portée de quatre chatons un peu mal en point trouvés dans sa cour arrière, sans la mère. Oui, je sais, c’est encore plus triste…

Quatre mini boules de poils traumatisées, mais avec un potentiel d’amour infini à donner.

Comme c’est souvent le cas dans le milieu vétérinaire, tous ont été nommés selon un thème spécifique. Dans ce cas-ci, des alcools : Mimosa, Bailey, Whisky et Jack. Je suis tombée en amour fou avec le Whisky de la bande. Un petit chaton roux et blanc (à mon humble avis, les meilleurs de tous). Sa couleur rousse ambrée faisait honneur au whisky, donc le nom tout à fait parfait.

C’était le plus social de la portée, le seul qui se promenait dans la cage en miaulant sa vie, comme s’il voulait que le monde entier soit au courant de son existence. J’avais de la difficulté à rester à mon poste à la réception tellement je voulais aller le voir et lui montrer qu’il était bel et bien entendu, même jusqu’à l’autre bout du bâtiment. Comme je venais de perdre ma chatte quelques mois plus tôt, cela n’a pas été long avant que je prenne la décision de l’adopter, en conservant son petit nom si parfait pour sa frimousse de coquin.

Whisky s’est très bien adapté à sa nouvelle vie de chat domestique gâté pourri.

Il est devenu le fidèle compagnon félin de mon bouvier bernois de l’époque. Glouton à ses heures, il cherchait constamment à partager les gâteries canines de mon toutou ou encore à manger le dessus du pain aux bananes cuisiné par ma mère. Vraiment, un petit minet doux et attachant.

Toutefois, il a rapidement été découvert qu’il avait une fâcheuse tendance à constiper, phénomène plutôt rare pour un chaton, selon ma vétérinaire à ce moment-là. Il a dû prendre du sirop laxatif pendant un certain temps et a vécu quelques petits épisodes nécessitant des soins médicaux pendant sa croissance, mais rien de bien dramatique. Mes collègues de l’époque m’ont conseillé de prendre une assurance pour Whisky, mais j’ai tassé leurs recommandations du revers de la main. Grave erreur! Venait de naître un petit citron, alias un animal avec problèmes. Et, habituellement, ce qui est petit finit par être grand…

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