Aussi étrange que cela puisse te paraître, j’ai toujours aimé le mois de mai.

C’est le temps de l’année où l’hiver prend finalement sa retraite pour les six prochains mois, du moins on l’espère. C’est le temps de l’année où l’on se dit qu’il ne faut plus rester à la maison, qu’il faut sortir, profiter du beau temps, des terrasses, de la nature et des spectacles en plein air. C’est le temps de l’année où l’on décide de voir plus souvent nos proches et nos amis, d’échanger tous plein d’idées avec eux. Idées qui ont bien eu le temps de mûrir au cours de l’hiver, et que ce n’est qu’en cette période où l’on commence à les concrétiser. 

En ce qui me concerne, c’est le temps de l’année où je cherche à m’évader vers ces quelques endroits qui n’ont fait que bercer mes rêves pendant ces nuits glaciales. Ces rêves que j’essaie de rendre réalité.

Tu connais ma soif sans fin pour les voyages, une soif que rien ne pourra jamais étancher. Je n’ai jamais vraiment su quand exactement m’est venue cette piqûre pour les voyages. Mais maintenant que j’y pense un peu, le fait que mes parents soient originaires d’un autre pays et que j’aime ma famille y est certainement pour quelque chose. Plus jeune, j’attendais impatiemment les deux mois de vacances scolaires. Non pas seulement parce que c’était la fin des cours, mais parce que cela signifiait que j’allais prendre l’avion et m’échapper vers des lieux où je serais imprégné dans un autre monde.

Je crois aussi que la lecture y est également pour beaucoup

Après m’être claqué bon nombre de livres, des romans et de la fiction, il vient forcément un temps où l’on se dit : « J’ai beaucoup et beaucoup lu sur ces villes, je veux maintenant voir de mes propres yeux ce qu’il en est vraiment. » Les Paris, Madrid, Barcelone, Milan, Venise, Florence, Rome, à force de les avoir vues passer dans telle ou telle histoire, elles ne m’étaient pas complètement étrangères lorsque je foulai leurs sols de mes pieds pour la toute première fois. Mais ce n’était pas assez, elles ne firent qu’exciter ma curiosité à un tel point que pour la plupart d’entre elles, j’y suis retourné par après. Et plus d’une fois.

Quelques années plus tard, tu as même assisté, toujours en cette période de l’année, à ma préparation pour mon voyage en Europe centrale. Il y avait des villes dans mon itinéraire qui te faisaient rêver, grand amateur d’automobiles que tu es. Il y avait d’autres villes que tu n’avais jamais entendues parler, et pourtant tu voulais absolument en savoir plus sur elles.

« Lorsque je m’en sortirai, m’as-tu dit un jour, j’en profiterai pour étudier, et surtout voyager, comme tu le fais. J’en ai vraiment, de partir, de voir le monde. J’ai perdu trop de temps, beaucoup trop de temps, et maintenant je dois le rattraper. »

Malheureusement, tu ne t’en es pas sorti

Tu es parti par un de ces matins du mois de mai. Tu nous as quittés au printemps de ta vie.

Aussi étrange que cela puisse te paraître, j’aime encore plus le mois de mai, car par-dessus tout ce que je viens d’écrire c’est la période où je pense le plus à toi. Celle qui me rappelle, année après année, à quel point tu étais une personne chère à mes yeux. Et que ta présence me manque.

Tu n’as pas eu le temps d’accomplir ce que tu voulais, la vie en a décidé autrement. Mais sache que pour les voyages, tu étais à chaque fois avec moi. Car bien que ce que j’ai vu avec mes yeux m’appartient, ce que j’ai senti avec mon cœur est à toi.

Image de couverture par Andreea Popescu

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