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Vous avez sûrement visionné la vidéo Be a Lady They Said qui circule partout depuis le 24 février dernier. Si ce n’est pas encore fait, c’est par ICI. Cette vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois à travers le monde depuis deux semaines. Avec raison. C’est frappant, c’est intense et c’est choquant. C’est un condensé, en trois minutes, de tout ce que le monde demande aux femmes d’être chaque jour. Be a lady they said, en faisant ceci, en faisant cela, en faisant tout et son contraire.

Moi qui ai une fille de 13 ans, je me questionne sans cesse sur la bonne façon de l’éduquer. Depuis le jour un, je m’efforce de faire de mon mieux en lui donnant ce qui, je crois, contribuera à faire d’elle un être humain merveilleux. Mais en réalité, comment on fait aujourd’hui pour apprendre à nos filles à devenir ces êtres humains merveilleux? Et c’est quoi, d’ailleurs, un être humain merveilleux?

silhouette personne poing en l'airSource image: Unsplash

Une femme intègre et respectable, autonome et honnête, à la fois forte et sensible, cela ferait sûrement un être humain merveilleux! Oui? Non? Et tous ces qualificatifs qui, à mon avis, contribueront à faire de ma fille une femme incroyable répondront-ils à ses propres désirs, besoins et ambitions? Tiendront-ils compte de sa personnalité à elle, avec toutes ses complexités? Est-ce que ces qualificatifs mèneront ma fille sur la «bonne voie», et ce, sans la brimer? Et la «bonne voie», par ailleurs, c’est quoi exactement?

Il n’y a pas si longtemps, on ne se posait pas ce genre de questions. On éduquait nos filles pour qu’elles soient de bonnes mères de famille, des épouses dociles. On ne voulait surtout pas qu’elles aient trop d’ambition, mais juste assez d’organisation pour maintenir une maison en ordre. Et encore aujourd’hui, à bien des endroits sur la planète, c’est encore comme cela qu’on éduque nos filles.

jeune fille avec chandail blanc grl pwrSource image: Unsplash

Mais dans nos pays dits « civilisés », on demande maintenant bien plus aux femmes. Elles doivent être fortes et indépendantes. Mais elles ne doivent surtout pas être castratrices ni prendre trop de place! Elles doivent faire attention à leur apparence et être désirables, sans être trop superficielles. Et si elles pouvaient quand même être sexy ce serait bien… Mais elles ne doivent surtout pas être vulgaires.

Bon, en réalité, elles peuvent être vulgaires, des fois, dans certaines circonstances. Mais elles doivent savoir quand et avec qui. Et elles doivent être minces et en forme, mais elles doivent aimer la bonne bouffe et avoir de l’appétit. C’est encore mieux si elles cuisinent bien! Car après tout, il ne faudrait pas qu’elles mangent n’importe quoi et qu’elles soient trop grosses. Mais pas trop maigres non plus parce que… Si elles font du sport, c’est bien, mais si elles sont trop athlétiques, ouf, c’est dérangeant. Ça jouerait sur leur féminité.

Elles doivent évidemment s’occuper de la maison et des enfants, parce qu’après tout, c’est leur rôle depuis toujours! Mais, par pitié, elles ne doivent pas être trop « germaines » parce que ça, ce n’est pas attirant. Une femme qui donne des ordres, c’est pénible! Et c’est bien beau de s’occuper des choses domestiques, mais elles doivent aussi travailler, les femmes. Parce que, quand même, une femme à la maison ce n’est pas très utile à la société. Mais si un enfant est malade, par contre, c’est sûr que c’est elles qui prennent congé, il ne faudrait quand même pas exagérer, leur présence au travail n’est jamais si indispensable…

Et je pourrais énumérer des exemples pendant des pages. Vous trouvez que j’exagère? Et bien non, pas du tout. C’est effectivement comme cela qu’on éduque nos filles, aujourd’hui encore. On leur demande de faire ceci, de se comporter comme cela, d’être tout et son contraire.

girls girls girls neon couleursSource image: Unsplash

Et si on arrêtait de leur donner des ordres, de les surveiller, de les juger, de les critiquer? Et si on concentrait nos énergies à leur dire qu’elles sont brillantes, qu’elles sont bonnes, qu’elles sont capables de tout, que leur corps leur appartient, qu’elles peuvent devenir ce qu’elles veulent? Et si on parlait un peu moins et on les écoutait un peu plus? Et si on n’était là que pour les encourager, les consoler, les féliciter?

Et si la clé, c’était surtout d’accompagner nos filles pour qu’elles soient avant tout heureuses et bien dans leur peau? Et si on leur disait seulement: be wathever you want?

Source image de couverture: Unsplash
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Érika Dandavino

Érika est d’abord et avant tout une Montréalaise dans l’âme. Elle est née sur l’île, y a vécu toute sa vie et considère que c’est...

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