Le 28 février prochain à 22 h 30, Retisser les liens sera diffusé sur ICI TÉLÉ et offert sur ICI TOU.TV. Un rendez-vous à ne pas manquer pour ceux qui s’intéressent aux questions d’identité, de transmission et de résilience.
Porté par l’artiste algonquine Josée Bourgeois et la réalisatrice Léa Pascal, ce documentaire sensible explore la reconnexion culturelle comme un geste de guérison collective. À travers quatre parcours intimes et intergénérationnels, il met en lumière les blessures laissées par les politiques d’assimilation — rupture avec la langue, les traditions et la famille — mais surtout la force immense qui naît du retour aux racines.

Ici, la danse, la musique, la redécouverte de la langue et les retrouvailles deviennent des actes profondément réparateurs. Revenir à soi, à son histoire, à ses ancêtres : un chemin parfois douloureux, mais résolument porteur d’espoir.
Quatre trajectoires, une même quête
Josée Bourgeois (41 ans)
Danseuse, actrice et première mannequin haute couture issue des Premières Nations au Canada, Josée est membre de la nation algonquine de Pikwakanagan. Fille d’un survivant de la rafle des années 1960 et petite-fille d’une survivante des pensionnats, elle a longtemps porté cet héritage en silence. C’est à la naissance de son fils qu’elle renoue profondément avec sa culture et devient danseuse professionnelle de pow-wow.
Avec sa maison de production, elle signe ici son tout premier documentaire : une œuvre engagée, ancrée dans la mémoire et la fierté.
Taio Gélinas (21 ans)
Jeune acteur mohawk de Kanehsatà:ke, révélé notamment dans le film Beans, Taio incarne une nouvelle génération d’artistes autochtones. Dans le documentaire, il partage son désir d’approfondir son héritage et d’apprendre la langue kanien’kehá:ka. Une quête identitaire qui rejoint toutes les personnes souhaitant transmettre — ou retrouver — un pan de leur histoire.
Eric Leblanc (58 ans)
Artiste innu, Eric a été éloigné de sa communauté pendant la majeure partie de sa vie avant de revenir vivre à Uashat mak Mani-utenam. Sa musique est devenue un espace de guérison et de dialogue. On a pu le découvrir à l’émission Quel Talent!, où sa chanson Mon identité a profondément touché le public. Son parcours rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour se réapproprier sa voix.

Marco Poulin (62 ans)
Adopté bébé par une famille canadienne-française, Marco apprend à 40 ans qu’il est issu de la Grande Rafle des années 1960 et qu’il a des origines algonquines en Abitibi. Acteur ayant collaboré avec Robert Lepage — notamment dans La Face cachée de la Lune — il entreprend dans le film une réflexion intime sur ses origines et son désir de rencontrer sa mère biologique. Une démarche bouleversante sur l’identité et l’appartenance.
Mme Caroline Fortin, de l’organisme Mouvements Retrouvailles, rappelle :
« Les démarches pour des retrouvailles sont longues et peuvent prendre jusqu’à deux ans. Depuis 2024, il est possible de retrouver l’identité des parents, des grands-parents et de la fratrie. »
Et Marco Poulin affirme :
« On existe, on existe encore et on va encore exister, malgré toutes les embûches. »
Retisser les liens nous rappelle que la guérison passe par la mémoire, la fierté et la continuité. Que se reconnecter à sa culture, à son histoire ou à sa lignée peut devenir un acte puissant de transformation individuelle et collective!
Une œuvre nécessaire, profondément humaine, qui célèbre la culture comme chemin de résilience et de renouveau.
Crédits photo Alex & MJ On the GO
