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Ce jour-là, je rencontrais Ralph pour la première fois, en consultation. Un beau golden Retriever blond de 7 ans. Gentil, juste heureux d’être un chien. Il était accompagné de sa propriétaire, une jeune femme qui lavait adopté chiot alors quelle vivait encore chez ses parents. Le nouveau conjoint de la propriétaire de Ralph était là aussi. Ralph nallait pas bien, mangeait avec moins dappétit, cela inquiétait beaucoup sa propriétaire.

Selon madame, Ralph n’avait rien mangé d’anormal et elle ne savait pas si ses selles étaient formées ou pas. J’ai recommandé de faire des radiographies, une procédure qui a été déclinée pour une raison budgétaire.  J’ai bien entendu le couple se chicaner pour le chien. Monsieur était d’avis qu’il prenait trop de place dans l’appartement, faisait du poil et coûtait trop cher. Il trouvait aussi que Madame s’en occupait trop et passait trop de temps avec Ralph. Madame voulait s’occuper de son protégé et l’aimait réellement. La consultation était difficile, l’atmosphère lourde et Monsieur sortait continuellement pour aller fumer ou parler au cellulaire, ce qui m’obligeait à répéter mes explications. Ainsi, sans tests permettant un diagnostic, Ralph a reçu des injections pour contrer les nausées et des analgésies, avec la consigne de revenir très rapidement si son état détériorait.

golden retriever chien contentSource image: Pixabay

Une situation critique

Il est revenu, juste avec Madame, trois jours plus tard. Son état général avait décliné. Il vomissait tout ce qu’il ingurgitait, avait la diarrhée et très mal au ventre. Madame était super sympathique et nous avons parlé pendant que les techniciennes en santé animale procédaient aux radiographies et aux tests sanguins. Elle était gênée que j’aie entendu son chum crier après elle lors de la dernière consultation, elle était tracassée qu’il n’aime pas Ralph. Elle était émotive: son chien était gravement malade et sa relation de couple n’était pas au beau fixe… Je l’ai rassurée, elle n’avait pas à être gênée. L’important c’est que Ralph aille bien et nous allions faire équipe pour cela.

Les radiographies ont montré que Ralph avait une obstruction intestinale. C’est une condition grave menaçant la vie. Nous avons dû l’opérer d’urgence. La propriétaire a appelé son conjoint pour lui raconter tout cela et s’est mise à pleurer. Monsieur ne voulait pas faire opérer Ralph. Il a même téléphoné à l’hôpital vétérinaire pour nous dire sa façon de penser.

Finalement, c’était un épi de maïs qui obstruait l’intestin de Ralph. Il avait dû le voler deux semaines plus tôt alors que le couple assistait à une épluchette de blé d’Inde chez des amis. Sans une intervention chirurgicale, Ralph serait mort.

J’ai revu Ralph trois mois plus tard pour sa vaccination annuelle. Il allait super bien. Madame a pris le temps de me raconter qu’elle avait rompu avec son conjoint. L’histoire de Ralph n’était qu’un irritant parmi tant d’autres. Elle a été gentille et m’a même offert des fleurs parce qu’à un moment difficile de sa vie, j’avais pris le temps d’être une oreille attentive malgré une grosse journée de travail et parce qu’elle tentait encore d’offrir ses excuses pour le comportement de son ex.

lucie henault chien epi de maisSource image: Lucie Hénault

De toute cette histoire, j’aimerais que vous reteniez que les épis de maïs ne sont pas digestibles, qu’ils peuvent causer de graves obstructions intestinales et qu’ils sont dangereux pour les chiens. J’aimerais aussi vous souhaiter de tout coeur que l’homme (ou la femme) de votre vie accepte et aime autant que vous vos animaux.

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Lucie Hénault

Guidés par notre passion pour les animaux, nous formons ensemble un réseau de médecins vétérinaires engagés. Regroupés sous la bannière Passionimo, collectivement et dans chacune...

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