Quand j’étais plus petite, j’étais vraiment pourrie à l’école. Je m’en souviens comme si c’était hier; mon collègue de pupitre qui prend ma dictée pour la corriger. C’était comme ça à l’époque. J’étais tellement gênée. Lui, il était vraiment bon en français. Lorsqu’il me rendait ma copie, je le voyais quasiment triste pour moi, c’était un doux. La honte, 27-28 fautes d’orthographe dans un petit texte de rien du tout. Ça ne m’a pas aidée à bâtir ma confiance en moi. C’était la même chose en maths. En arts plastiques, j’excellais en revanche… En éducation physique, j’étais celle qui se mettait sur la ligne blanche dès les premières secondes du match, devant les boys pour recevoir rapidement le ballon chasseur sur la noix et pour pouvoir aller niaiser sur la ligne de côté.

Le système scolaire n’était pas pour moi, ni au primaire ni au secondaire.

Huguette. Huguette c’était la prof qui aimait ceux qui avaient de bonnes notes. Si tu n’avais pas de bons résultats scolaires, il y avait certainement quelque chose qui ne tournait pas rond chez toi. Elle déposait dans les pupitres de l’argent Monopoly, ça allait au mérite qu’elle disait. Ton pupitre est propre : 5 $ ! Mais moi, même quand mon pupitre était propre, je n’avais rien. Moi j’étais celle qui ne pouvait jamais passer au dépanneur de la classe pour m’acheter une belle efface en forme de « cake » qui sentait la fraise. Les crayons avec une extrémité comique étaient encore plus dispendieux…  J’aurais tellement aimé qu’elle voit comment je le mettais propre mon bureau.

On m’a stigmatisée.

L’équipe-école, l’ortho, les récupérations. J’étais celle qui ne restait pas pendant la période film du jeudi après-midi. J’allais dans le corridor effectuer des exercices avec un autre groupe d’enfants tous aussi isolés que moi.

C’est important le français, l’anglais, les mathématiques. Mais est-ce que nous apprenons réellement les bonnes choses à nos enfants avec notre système scolaire actuel ?

Pour ma Lili ce n’est pas facile l’école. Déjà, elle voudrait vivre l’aventure loin des bancs. Du haut de ses 8 ans, elle me fait la vie dure chaque lundi, me fait les yeux doux chaque vendredi. Lili est une passionnée des fériés et des pédagos. Quand elle me ramène un 68 %, elle me demande : est-ce que c’est bon maman ? Je lui dis toujours : « oui, ma Lili. C’est une belle note parce que tu travailles fort ». On travaille vraiment fort, mais elle ne sera pas stigmatisée parce que ce que nous devons apprendre à nos enfants que c’est bien plus qu’un résultat scolaire qui les défini. Le savoir-être, le savoir-vivre, la débrouillardise, la confiance en soi, c’est ça la vraie clé aujourd’hui !

Autrefois, les aptitudes et les connaissances étaient la panacée. Aujourd’hui heureusement pour Lili et moi, ce qui compte c’est l’attitude! Les connaissances, l’expertise et même l’expérience sont plus éphémères que jamais dans un monde où tout évolue vitesse grand V. Aujourd’hui, ce qui compte vraiment c’est l’attitude, celle qui nous permet de rebondir sur le changement et face à l’adversité, celle qui nous présente comme une personne prête à apprendre et à nous adapter.

Contrairement à nos parents, on ne surf plus sur une longue ligne droite professionnelle.

Aujourd’hui nous sommes constamment dans la vallée des débutants : implantation d’un nouveau système au travail, ajout d’une nouvelle procédure ou d’un nouveau processus, acquisition, fusion ! La liste est longue ! Adaptons-nous, apprenons, soyons ouverts et indulgents.

Si l’école était comme un rêve, elle serait entourée de grands jardins où nous ferions pousser la vie. L’agriculture autosuffisante ! Avec les carottes on ferait pousser nos connaissances sur la gestion de notre argent, le crédit et l’épargne.

Tout juste à côté des navets, nous aurions transmettrions les savoirs du bon citoyen numérique, le « comment devons-nous nous comporter sur les réseaux sociaux » (on va se le dire, les utilisateurs actuels de réseaux sociaux en auraient grand besoin).

Les choux seraient accompagnés d’un peu de bienséance. Et que diriez-vous que le tout soit arrosé avec des cours de premiers soins pour remplacer l’apprentissage du Théorème de Pythagore. La manœuvre de Heimlich sauve plusieurs vies chaque année.

À l’école de la vie, on apprendrait aussi la bienveillance envers les autres, mais surtout envers nous-mêmes. On apprendrait que ça prend des jours de pluie pour que ça pousse, mais que le soleil revient toujours. On apprendrait que la vie est beaucoup plus qu’une note sur un bout de papier.
Image de couverture de Taylor Flowe

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