Style de vie

Non, ceci n’est pas une blague : Hasbro vient de sortir aux États-Unis le jeu Monopoly pour les milléniaux. Après avoir créé des jeux avec des variantes et thèmes reliés à Mario Kart, Rick & Morty, Star Wars et Fortnite, voici qu’Hasbro s’attaque aux milléniaux. De par ses différents endroits et certains objets spécifiques, cette version contient beaucoup d’éléments auxquels nous pouvons nous identifier. Bref, je me suis intéressé à savoir si ce jeu de table est réellement un reflet de la réalité de notre génération. Mais, une chose est sûre : je ne suis peut-être pas aussi heureux que M. Monopoly qui prend un selfie avec son café, ses lunettes soleil et son badge écrit « participation » lorsque je pense à ce jeu qui, selon moi, n’est qu’un ramassis de mauvais clichés sur les milléniaux.

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Directement sur la boite, nous pouvons retrouver un slogan clair : « Forget real estate, you can’t afford it anyway » (oubliez l’immobilier, vous ne pouvez quand même pas vous le permettre). C’est comme si Hasbro savait que nous ne pouvons pas nous permettre d’acheter des maisons aussi facilement que dans le temps de nos parents. Malheureusement, ils n’ont pas tout à fait tort sur ce sujet. En effet, les prix des maisons ont plus que doublé au cours des dernières années, principalement à cause de l’inflation, mais aussi à cause du cout de la vie. Bref, je sens que cette version du Monopoly tente de nous dire clairement qu’il est mieux d’avoir du plaisir que de vouloir s’acheter une propriété pour notre futur. Devrait-on être offusqué de ce fait? Peut-être que non, parce que la vie est trop courte pour se réveiller avec des regrets, alors vaut mieux en profiter au maximum pendant qu’il est encore le temps. N’empêche que c’est tout simplement dommage que les maisons soient rendues trop chères de nos jours.

Du point de vue du plateau de jeu, nous pouvons constater que nous jouons exactement au même vieux jeu original. Toutefois, on n’acquiert plus de l’argent, mais bien des points d’expérience. Le but n’est pas d’obtenir le plus de cases et de propriétés possibles, mais bien d’acquérir le plus de points d’expérience. De plus, fini de visiter la Rue de la Gare, l’Avenue Vermont ou les différentes Gares. Les joueurs doivent maintenant se diriger entre autres dans le Sous-sol de nos Parents, dans un Bistro Vegan, dans un Parc National ou encore dans un Festival de Musique (c’est de cette façon qu’on obtient des jetons d’expérience dans le jeu). De plus, les Gares sont remplacées par des « Bike Share » (similaire aux BIXI). Étrangement, la case Stationnement est toujours présente et les joueurs peuvent encore aller en prison. Personnellement, pour cette version, j’aurais plutôt opté pour une nouvelle formule, du genre : plus de WiFi. Après tout, il semblerait que de nos jours, ce soit moins pire d’aller en prison que de ne plus avoir de WiFi!

Comme dans chaque variante du jeu Monopoly, il y a les pièces pour les joueurs (ou les pions à jouer). Dans la version originale, il y a le chien, le chapeau, la voiture, etc. Dans la version pour les milléniaux, on y retrouve entre autres un mot-clic, un emoji et un téléphone intelligent. Bref, ce sont tous des trucs que nous côtoyons plus souvent. Mais ce n’est pas tout : les cartes chance et caisse commune font leur retour, mais en étant plus associées à la réalité de nos jours. Quoi qu’il s’agisse peut-être en réalité plus de nouveaux stéréotypes, tels que : « vous cherchiez des emplois mais finissiez par visionner des vidéos pendant des heures, payez 20$ à la banque », ou encore : « tu as développé une application de dating et tu as réussi à trouver l’amour, collecte 45$ de la banque». On voit clairement que les nouvelles technologies prennent de l’ampleur dans nos vies, alors dans un sens, vaut mieux les exploiter pour notre vie professionnelle.

La version originale du Monopoly était assez cruelle. En effet, il fallait que les autres joueurs fassent faillite pour gagner la partie. Dans la version pour les milléniaux, la partie se termine lorsqu’il n’y a plus de jetons expérience ou lorsque tous les lieux ont été visités. Par contre, même si le but est d’avoir le plus d’expériences possibles, cette version du Monopoly contient encore de l’argent en papier. L’argent est maintenant utile pour acheter et échanger les meilleures destinations avec ses pairs. Ce jeu se sert donc de la réalité économique de nos jours, où les différents lieux sont plus importants et attrayants que les propriétés. N’empêche qu’on ne peut que faire un lien entre ce jeu et ce qu’on voit sur Instagram de nos jours. Les jeunes ont la chance de se retrouver particulièrement plus souvent dans des destinations uniques (les parcs nationaux, les nouveaux restaurants, etc.), et ça nous fait rêver.

En conclusion, je crois que cette variante du Monopoly n’est pas du tout sérieuse, même si elle contient beaucoup de clichés reliés aux milléniaux. Elle encourage seulement la jeune génération à prendre un congé de la vie en s’amusant avec les étiquettes que les autres personnes leur placent sur le visage. Mais, en tant que personne faisant partie de la Génération Y et des Milléniaux, je me suis rendu compte au cours des dernières années que l’argent ne fait pas le bonheur, mais que les diverses expériences semblent plus importantes. Parce que c’est dur d’être adulte, aussi bien en profiter pendant qu’on est encore jeune. Par contre, dans cette version, le premier joueur qui commence est celui avec le plus de dettes étudiantes. Donc, il est conseillé que même si vous voulez profitez au maximum de vos expériences, vérifiez quand même votre argent. Après tout, nous vivons encore dans un système capitaliste!

Source image de couverture : Vox

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Jean-Michel Bélanger

Après avoir écrit ses pensées pendant plusieurs années sur son mur Facebook, Jean-Michel a décidé de rejoindre Le Cahier afin que ses idées et ses...

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