Pendant longtemps, j’ai cru que le syndrome de l’imposteur était un problème à régler. Une faiblesse à corriger. Une preuve que je n’étais pas encore “assez”. Pas assez compétente, pas assez légitime, pas assez prête. Je pensais que le jour où je me sentirais enfin à ma place, ce sentiment disparaîtrait de lui-même.
Alerte divulgâcheur : ça n’est jamais arrivé.
Le syndrome de l’imposteur s’est invité dans les moments où, objectivement, tout allait bien. Quand j’atteignais un objectif. Quand on me faisait confiance. Quand on reconnaissait mon travail. Au lieu de savourer, une petite voix murmurait : si seulement ils savaient. Si seulement ils savaient que je doute. Que je ne maîtrise pas tout. Que j’avance parfois sans être certaine de ce que je fais.
Pendant longtemps, j’ai cru que cette voix signifiait que je n’étais pas à la hauteur. Aujourd’hui, j’ai compris.
Ce que j’ai réalisé, c’est que le syndrome de l’imposteur ne disparaît pas quand on devient plus compétente. Il apparaît souvent parce qu’on évolue! Parce qu’on sort de ce que l’on connaît. Parce qu’on s’expose. Parce qu’on prend de la place dans des espaces où l’on n’a jamais été auparavant.
Le malaise ne venait pas d’un manque de capacité, mais d’un changement d’identité.
Je n’étais plus exactement la personne que j’avais été, mais pas encore complètement à l’aise avec celle que je devenais. Et cet entre-deux est profondément inconfortable.
La grande leçon que mon syndrome de l’imposteur m’a apprise, c’est que la confiance ne précède pas l’action. Elle se construit à travers elle. Attendre de se sentir légitime avant d’agir, c’est souvent attendre indéfiniment. Parce que la légitimité n’est pas un état fixe qu’on atteint un jour, c’est une relation qu’on développe avec soi-même.

J’ai aussi compris que le syndrome de l’imposteur est souvent nourri par la comparaison.
Par cette idée que les autres savent exactement ce qu’ils font, qu’ils sont sûrs d’eux, stables, confiants. La réalité, c’est que la plupart avancent avec autant de doutes que moi, simplement mieux camouflés. On compare notre chaos intérieur à la version maîtrisée que les autres montrent au monde.
Avec le temps, j’ai arrêté de voir ce syndrome comme un ennemi.
Je le vois plutôt comme un indicateur. Il me signale que je suis en train de grandir, de prendre des risques, de m’éloigner de ce qui est confortable. Il me rappelle que je ne suis pas figée, que je suis en mouvement.
Aujourd’hui, quand cette voix revient, je ne cherche plus à la faire taire à tout prix. Je l’écoute, puis je continue quand même. Je n’attends plus de me sentir “prête”. J’accepte que le doute fasse partie du processus. C’est un apprentissage de tous les jours et j’ai souvent besoin de petits rappels.
Si toi aussi, tu te sens parfois comme une imposteure, que ce soit au travail, dans ton rôle de parent, dans ta créativité ou dans les décisions importantes que tu prends pour ta vie, sache que tu n’es pas seule.
J’aborde le syndrome de l’imposteur, et bien d’autres thèmes liés au doute, à la légitimité et à la confiance, dans mon balado Badass avec Bamas. Un espace pour réfléchir, normaliser ce que l’on vit et avancer, un pas à la fois, vers une version de soi plus ancrée et plus alignée. Sur Spotify et Apple Podcast.