Je ne sais pas pour vous, mais les résidus de la pandémie mon amenée dans un état farouche... pour ne pas dire sauvage. Je m’explique. Après des mois à être gérée par des couvre-feux et l’absence de relation interpersonnelle, je suis devenue incapable de faire l’effort d’être so.ci.able. Je suis passée de la fille cool du bureau qui rassemblait tout l’monde, à celle qui évite d’aller au restaurant diner avec le groupe afin d’éviter des conversations ennuyeuses et vaines.

Hey oui, le virus de l’égocentrisme m’avait infectée. Vous savez lorsque vous avez passé une grande partie de votre temps à mettre de l’énergie sur des gens qui n’en valaient pas nécessairement la peine dans le but d’être appréciée et reconnue. Ce sentiment de vous dire, que vous étiez seule dans votre bateau à vouloir maintenir des relations avec des gens désinvestis et superficiels. Hélas, le virus s’est propagé jusque dans ma vie personnelle.

Mon premier déclic s’est fait lorsque j’ai reçu un résultat positif à la COVID.

À cette époque je faisais partie de la première vague du virus. Vous savez ceux qui étaient les nouveaux extraterrestres de la planète? Les gens qui me connaissaient me parlaient sur les applications et très peu étaient conscients de la peur qui m’habitait. Je regardais les nouvelles et je voyais des milliers de morts causés par ce fléau. De mon côté, je vivais de la culpabilité d’avoir infecté mon nouveau petit copain et mes enfants. Mon état de santé commençait à dépérir, j’avais perdu le goût et l’odorat, j’avais des courbatures insupportables, des migraines, des nausées et un souffle court qui a nécessité une admission à l’hôpital de quelques jours. Au moment de mon hospitalisation, ma fille commençait à avoir une détresse respiratoire, je devais communiquer avec son père (nous sommes séparés) afin qu’il puisse prendre la relève et assister notre fille. Je risque de vous choquer, sa réponse fut la suivante, «elle est infectée et je n’ai pas l’intention de l’attraper, regarde ce qui se passe à la télévision». Bien que je comprenais la crainte de son père, il n’a rien proposé, il n’a rien fait pour remédier à la situation. Mes enfants non pas eu droit à une petite commande d’épicerie, médicaments ou une douceur qui pouvait être laissée au pied de l’escalier, leur papa était dans le confort avec sa douce, et rien, absolument rien pour remonter le moral de ses enfants... Rien...pantoute.

C’est à ce moment précis que je comprenais ce qui arrivait. Je vais faire ma Boukar Diouf, mon père disait souvent:

«c’est dans l’adversité que l’on connaît l’homme».

Je me rendais compte de l’égocentrisme des gens, aucune des personnes que j’ai réellement aidées ne s’intéressait à ce que je vivais. Mes vraies amies (je suis passée de cinq, à deux) étaient présentes. Elles m’ont fait des commandes d’épicerie et quelques emplettes, elles me faisaient des capsules positives, elles s’assuraient que je garde le cap, elles sont mes deux fées. Ma famille qui vit dans des régions éloignées, priait pour moi et m’appelait chaque jour afin de s’assurer qu’on allait bien. Mon employeur lui, il n’en avait rien à faire puisque c’était moi qui tenais les listes de petites attentions (anniversaires, shower de bébé, retraites et les départs). Disons que je réalisais rapidement que je n’étais qu’utilitaire (un numéro) et ce sentiment m’a rapidement ramenée à la réalité. Pauvre moi! Je me voyais dire à voix haute que j’avais accepté des conneries au travail... vous voyez un peu, j’avais accepté la cruauté des autres pour une parcelle de leur gentillesse.

Ça ne s’arrêtait pas là, l’après-virus aussi avait son lot de déceptions. Certaines personnes que je considérais ne voulaient pas me voir même pour aller prendre une marche extérieure malgré que ça faisait un mois que je n’étais plus infectée. Mes enfants ont été ostracisés par leurs amis, certains enseignants et même la famille de leur père. Si vous saviez à quel point je regrettais d’avoir divulgué que nous avions eu le  COVID. Mais comme on le sait tous, j’ai compris la leçon et cette raclée était nécessaire à mon évolution. Je comprenais alors le pouvoir de la citation «ce qui ne nous tue pas nous rend forts».

Cette pandémie (pandenneme était plutôt une pandamis) c’était finalement ce dont j’avais besoin pour me recentrer sur mes priorités, sur Moi et sur ceux qui sont les plus importants dans ma vie.

Sans faire d’efforts, je me suis distancée des personnes vides de sens. Je me suis rapprochée de mes enfants et de certains membres de ma famille élargie. Ma tête et mon cœur n’étaient plus au même endroit. Je venais de toucher la partie en moi qui avait l’urgence de vivre et d’être. Il n’était plus question de me plaindre pour des foutaises, il était impératif pour moi de laisser ce qui ne me servait plus. J’apprenais malgré moi à m’apprivoiser à mieux me connaître. J’ai changé mon alimentation, je me suis remise au sport, j’ai appris à méditer et au-delà de tout ça, j’ai appris à être honnête envers moi-même, puisque dorénavant je me mettais en priorité.

Donc, vous comprendrez que je ne faisais que des efforts pour ceux qui m’aimaient réellement. Je refusais d’aller dans des évènements pour faire plaisir aux autres, je ne faisais plus d’efforts pour rire aux blagues grivoises de certaines personnes. J’avais beau essayer afin de ne pas créer de malaise, il m’était impossible de faire semblant. J’ai même développé une forme de phobie sociale. 

Ça fait déjà deux ans qu’a eu lieu ma mutation. Je vous jure que je me porte mieux. Comme je vous le disais précédemment, le besoin de me choisir et de me respecter a fait en sorte que j’ai trouvé une paix à l’intérieur de moi. J’ai cessé d’avoir des attentes, ce qui m’évite de grandes déceptions. Je donne sans rien attendre en retour, puisque j’ai décidé de prendre responsabilité de tout ce que je faisais.

Cette liberté a son prix et il faut être prêt à l’assumer.

Lorsque l’on décide de faire ce grand ménage, il y a énormément de classement qui se fait. Mon groupe d’amis s’est considérablement rapetissé, j’étais moins invité aux soirées (ce qui ne m’affecte pas, considérant les personnes qui invitaient). Mon côté carriériste a pris le bord, j’ai mis fin à ma relation amoureuse (puisque je focalisais l’amour sur mes enfants et moi). En fait, mon petit copain et moi avions eu la même réalisation à croire que le virus nous avait atteints au même endroit. De manière naturelle, les faux-semblants venaient à leurs termes, le masque ne collait plus. Lorsque le masque a glissé, j’ai non seulement découvert un joli visage, mais une merveilleuse femme qui méritait de vivre dans sa vérité et s’aimer.

Aujourd’hui, j’y tiens à mes moments de solitude, j’adore voyager seule ou avec mes enfants, j’y tiens à ma paix intérieure, je suis dans la gratitude, je guéris mes blessures et j’ai soif de faire ce que j’ai toujours eu envie. Je choisis de rencontrer des gens qui me ressemblent et d’être authentique. J’ai cette petite voix qui me dit souvent que cette épreuve aurait pu être fatale. Si demain un autre virus arrivait, je serai prête à l’affronter. Plus que jamais, je me sens enracinée et en harmonie avec moi même et ceux que j’aime pourront vous témoigner de ma transformation. Voilà ce qui arrive lorsqu’on se réalise, lorsqu’on fait les choses pour les bonnes raisons et non en écoutant notre mental ou l’égo.

Les masques sont beaux et vous pouvez en porter de toutes les couleurs, mais gardez-les pour les Mardis gras (vos soirées de relation publique, ou lorsque vous n’en avez pas le choix). Offrez à ce que vous aimez la possibilité de retirer le masque. Vous verrez à quel point ils ont envie de se raconter et d’être vus pour ce qu’ils sont réellement. Ils n’attendent que vos tête-à-tête, sans artifices.

Bien que dans la vie, il n’y a pas de perfection, je vous assure que lorsqu’on se choisit tout est parfait, tout est dans le flow. On est en harmonie avec ce qu’on pense et ce qu’on dit. On dort mieux la nuit. Attention à ne pas confondre dire des vérités aux gens et être dans sa vérité. Il y’a une grande différence.

Prenez un miroir et posez-vous la question... Est-ce ça vaut la peine de garder cette colle toxique sur votre visage?
Image de couverture via Pixabay

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