L’hypersensibilité, cette caractéristique qui nous rend extrêmement sensibles au monde qui s’éveille autour de nous. Vivre intensément, tel est notre quotidien.

Je suis née hypersensible.

J’aime particulièrement prêter attention aux détails. Je suis rapidement prise d’émotions devant une scène qui me touche (Quoi ?! Mais enfin, il neige dehors, c’est magique !). J’ai des difficultés à prendre des décisions (Quoi ?! Je dois choisir entre Love Actually et Happiness Therapy pour le film de ce soir ?!). J’analyse chaque situation conflictuelle en me répétant la scène en boucle dans la tête. Je fonds rapidement en larmes à la moindre remarque que l’on me fait (Quoi ?! Je suis trop gentille moi ?!).

Je ressens une grande empathie lorsque je perçois de la souffrance dans le regard des gens. Je ne supporte pas la foule et certains bruits du quotidien (Quoi ?! C’est ça que tu appelles manger discrètement ?!). J’adore m’isoler et me mettre dans ma bulle pendant des jours.

Toute mon enfance, je me souviens avoir entendu que cette hypersensibilité qui me caractérisait tant me mettrait en difficulté dans la vie. J’ai grandi avec la croyance que ce qu’il y avait de plus beau en moi était comme une épine dans le pied.

J’ai donc cherché à l’arracher, à la camoufler, et même à l’ignorer, en vain. La vérité, c’est que ce trait de ma personnalité me permet de m’émerveiller de toutes les belles choses de la vie : un lever de soleil, le rire d’un bébé, la découverte d’un plat aux nouvelles saveurs, la tendresse dans le regard d’une grand-mère, l’émotion d’une nouvelle lecture. Que c’est merveilleux d’avoir des yeux d’enfants !

Parfois, je me retrouve dans des situations où mon hypersensibilité me dépasse, me malmène et me bouscule.

Pour m’aider dans mon quotidien, j’ai voulu donner un petit nom affectif à mon hypersensibilité. J’ai choisi le nom de Pickett. Ce nom m’a été inspiré par le botruc (un petit être qui ressemble à une racine verte) que l’on aperçoit dans les films de la saga les animaux fantastiques. Le personnage principal, Norbert Dragonneau, l’emmène partout avec lui dans sa poche tel un fidèle compagnon.

Si parfois Pickett manque de discrétion, il est son complice de chaque instant et dévoile ce qu’il y a de plus beau dans sa personnalité. C’est ainsi que je veux percevoir mon hypersensibilité.

Pickett, dans toute sa beauté, est mon arme secrète de superhéroïne ! C’est le piment, l’étincelle, la puissance dans ma personnalité. C’est mon super pouvoir. Dès l’instant où je l’accepte telle qu’elle est dans toute son imperfection, où j’écoute mes émotions et que j’accepte de poser des mots sur mes ressentis.

Et dans ces jours difficiles où mon hypersensibilité prend un peu trop de place dans mon quotidien, je reviens à l’importance de vivre l’instant présent et au bonheur de l’émerveillement. Je lâche prise et dans une précieuse bouffée d’air frais, j’accepte de faire confiance à la vie. Parce qu’en réalité, ce qui compte dans la vie, c’est de s’autoriser à être vraiment tel que l’on est.

Image de couverture de Domingo Alvarez E
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