Faits Vécus

Je ne sais pas pour vous, mais la pandémie a miné tranquillement mon estime personnelle cette année. Que ce soit les kilos que j’ai gagnés, puis ceux que j’ai perdus, ou ma peau qui n’a pas supporté le contact des masques… L’effet a été le même. Le soir, je craignais l’instant où j’allais devoir passer dans le miroir pour aller prendre une douche.

Ce n’est pas que je me trouvais laide, mais je ne me reconnaissais plus, tout simplement. J’évitais de porter des jeans pour ne pas voir mon ventre un peu trop rond, mes cuisses un peu trop grosses. Je n’ai jamais vraiment trouvé que ça m’allait, de toute façon. Ma tenue du jour du confinement, c’était des bons vieux leggings avec un pull-over. Comme ça, j’étais sûr d’être confortable, faute de me trouver attirante.

Parce que c’était ça le gros du problème, en fait. Je me trouvais belle, d’accord, mais sexy ? Non. Et ce n’était pas une question d’être mince ou pas, je m’en fichais pas mal. Le truc, c’est qu’au début de l’année, je me suis dit que j’étais enfin prête à rencontrer quelqu’un. Mes traumatismes maintenant beaucoup moins à vif, je pouvais vraiment me laisser aller avec la gent masculine. J’ai rapidement constaté que ça n’allait pas être aussi facile quand la pandémie a frappé à notre porte.

Ma belle, tu vas devoir patienter encore. 

Il y a quelques mois, je désirais encore plaire à tout prix. Si je swipais sur Tinder, ce n’était pas pour trouver la perle rare, mais pour me prouver que c’était moi le problème. Si j’étais toujours célibataire, ce n’était pas parce que les prétendants manquaient. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. En réalisant que je cherchais toujours à plaire, sans jamais oser m’engager, j’ai décidé de profiter de la pandémie pour changer ma vision des choses.

No more boys until I love myself. 

J’ai effacé l’application et tous mes réseaux sociaux, et je suis partie à la recherche de moi-même sans quitter la maison. J’ai écrit, j’ai pleuré, j’ai ri. J’ai vécu toute une gamme d’émotions en restant toujours entre les quatre murs de ma chambre. À défaut d’être le lieu d’ébats passionnels, mon lit a été une source de réconfort avec ses draps chauds et douillets.

Je ne sais pas exactement quand c’est arrivé. Quand est-ce que j’ai commencé à vraiment m’aimer ? Un jour, je suis repassé devant le même miroir qui m’avait tant fait mal avant, et je me suis vue. Je me suis vraiment vue. Pour la première fois. Et je me suis aimée.

Je suis tombée en amour avec mes cuisses, que je détestais si fort, et de mes seins, que j’ai longtemps trouvé trop petits. Je suis tombée en amour avec mes mains, mes doigts minuscules, même avec mon ventre un peu arrondi. J’ai aimé encore plus fort mes yeux, puis mes lèvres, mon sourire. J’ai eu le coup de foudre pour mes quelques vergetures, mes petits bourrelets, mes imperfections. Je me suis aimée, moi, tout d’un coup et toute entière.

Lingerie bainSource de l’image : Unsplash

Depuis, je suis revenue sur Tinder, mais cette fois sans rechercher la validation d’autrui. Sans rechercher aucune validation, en fait. Je fais défiler parce que je le veux, parce que j’ai envie de vivre une histoire, même si elle n’est pas forcément amoureuse. J’ai envie que quelqu’un voie ce que j’ai vu ce soir-là dans le miroir. Qu’il me voit vraiment.

Et je n’ai pas forcément envie de quelque chose non plus. Enfin, je suis bien seule, avec moi comme seule compagnie. Cette semaine, je me suis achetée deux ensembles de lingerie, juste pour moi. Quand je les ai mis, j’ai vu mon reflet dans le miroir. Je n’ai pas tellement changé depuis le début de l’année dernière, mais j’ai l’impression d’être plus femme. D’être belle. D’être sexy. 

Bien sûr que j’ai envie de le montrer au monde. ALLÔ, VOICI MON CORPS ET JE L’AIME. Voilà ce que j’ai envie de crier au monde entier, debout sur le toit de mon appartement, pour seul vêtement mon ensemble de lingerie fine.

Ça a pris quelque temps, mais je suis heureuse aujourd’hui de me mettre belle pour moi, et pour personne d’autre. De me maquiller pour moi, si j’en ai envie. De mettre des robes moulantes pour moi, si c’est ce que je veux. Même si ça montre un peu mon ventre de fille qui aime manger de la crème glacée. It’s not a big deal. 

Peu importe ta forme, peu importe tes imperfections, t’es belle. T’es SEXY. Pis merde à ceux qui te disent le contraire. S’il y a une chose que j’ai apprise cette année, c’est que la seule validation qui importe, c’est la tienne.

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Audrey Robitaille

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Le petit gars qui est en train de tout changer - Le Cahier