Faits Vécus

Dans une autre vie, je t’aurais proposé d’être ton cavalier pour le bal de fin d’année. Mais en plus de tes taches de rousseur qui m’avaient grandement déstabilisé et que j’aimais tant, la confiance que tu dégageais m’avait fait reculer. Je me demande encore parfois si tu aurais accepté de m’accompagner.

Dans une autre vie, je t’aurais partagée sans crainte l’attirance physique que j’éprouvais pour toi. Mais j’étais encore trop jeune pour comprendre tous les changements que mon corps vivait, tout ce qui se passait en moi. J’étais trop gêné pour en parler à quiconque. Encore plus à toi.

Dans une autre vie, je t’aurais fait part en toute liberté des sentiments que je ressentais pour toi, sans que personne ne m’ait forcé à le faire. Je ne te dis pas que nous serions devenus un couple suite à ça, mais bon nombre de moments humiliants que les autres nous avaient fait subir auraient pu être ainsi évités. À toi surtout.

Dans une autre vie, j’aurais été grand, fort, j’aurais eu les yeux bleus, j’aurais été plein d’assurance envers les filles, un vrai « cocky ». J’aurais été beau, selon les standards d’alors. Ainsi, je t’aurais paru être un choix plus crédible, car ce n’étaient pas les prétendants qui te manquaient. Mais au lieu de cela, j’ai joué à l’admirateur anonyme.

Dans une autre vie, j’aurais été moins gêné pour te parler franchement. Pendant de nombreuses années, j’ai tout gardé pour moi, même si ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. J’ai attendu le bon moment, mais en vain. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que le bon moment, ça n’existait pas.

Dans une autre vie, j’aurais eu une journée de plus. Tes cheveux frisés sans fin, tes prunelles couleur noisette ressemblant à deux joyaux, la vue de ton sourire et le son de ton rire ont marqué mon esprit, encore aujourd’hui. Tu étais l’incarnation même du charme. Mais lorsque j’étais prêt à me dévoiler, on m’a dit que tu étais déjà partie.

Dans une autre vie, j’aurais été moins soucieux de la différence d’âge qui existait entre nous. Nous avions la même ouverture d’esprit et, d’une certaine manière, la même vision de la vie. Nous pouvions parler longuement sans voir le temps passer, librement et sans contraintes. Mais tout un coup, tu as eu besoin de changer les choses, de changer d’air, de changer de vie.

Dans une autre vie, j’aurais été bien plus qu’un collègue de travail pour toi, bien plus qu’un ami professionnel sur lequel tu pouvais laisser cours à tes frustrations et à tes pleurs. J’aurais aimé dépasser le cadre du boulot, mais ton cœur était pris ailleurs. Et je n’ai jamais senti que je pouvais avoir une autre place que celle que tu m’as donnée.

travail collègue ordinateurSource image : Unsplash

Dans une autre vie, j’aurais aimé être autant là pour toi que je le suis aujourd’hui. Celui sur lequel tu peux appeler et te confier en tout temps, mais de manière un peu plus intime, un peu plus amoureuse. Le contexte, la perte d’un être cher et cette blessure qui t’est encore trop vive pour pouvoir penser à autre chose, m’impose le respect.

Dans une autre vie, nous aurions été ensemble. Mais dans cette vie, nous ne le sommes pas. L’univers en a décidé autrement. Et des deux étoiles que nous étions et qui devaient fusionner, nous nous sommes finalement éloignés. Pour continuer, malgré tout, de briller.

Source image de couverture : Pexels
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Nabil Belhassen

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