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Quand on sait que l’on a le syndrome du Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, depuis notre enfance ou lors d’un diagnostic récent, il est parfois difficile de surmonter certaines étapes pourtant simples dans la vie de tous les jours. J’ai appris, il y a quelques années, que j’ai le TDA/H, sans l’hyperactivité. Après avoir eu certaines remarques, je me suis questionné et j’ai demandé conseil à mon médecin de famille. C’est ainsi que tout s’est enclenché en remplissant le fameux questionnaire ASRS disponible sur Internet qui dénotera les symptômes et le niveau du TDA/H qui nous affecte.

Un poids qui s’enlève

Pour ma part, l’échelon est à un bas niveau, mais je vous avoue que le simple fait de savoir que l’on a cette tuile sur les épaules depuis longtemps nous libère quand même un peu de pression. Lorsque l’on apprend sur le tard que l’on a ce syndrome, ça nous permet de nous remémorer diverses situations que l’on a vécues dans le passé et pour lesquelles on se dit : « Bien voyons, c’est clair que c’est dû au TDA/H si j’ai agi de cette façon ». Je me remémore des crises que je faisais pendant mon enfance, même une fois en pleine classe au primaire puisque je ne comprenais rien et je ne supportais pas de me sentir ridiculisé par les autres. Souvent aussi, il s’agit de choses anodines comme le simple fait de partir de la maison et d’oublier ses clés, car à ce moment-là, je n’étais pas concentré à prendre l’objet, j’avais la tête ailleurs. Sinon, lorsque je me retrouve dans un restaurant, un café ou un bar, j’ai de la difficulté à écouter et suivre le rythme de la conversation du groupe avec lequel je suis, car je me sens déconcentré par les conversations aux autres tables. Il peut arriver par le fait même quand dans ladite conversation autour de la table que je reviens sur un sujet discuté d’il y a quelques minutes, puisque j’étais encore dessus, à réfléchir en même temps, à ce que je pourrais dire d’intéressant. Voilà un certain désagrément qui fait que je peux réagir plus lentement, puisque je prends le temps de réfléchir pour mieux me concentrer avant d’agir.

homme de dosSource image : unsplash

Le contrôle

Ce ne sont que de petits inconvénients, mais qui empêchent parfois d’avancer au même rythme que les autres dans une société qui vit à un rythme effréné. Lorsqu’on m’a indiqué que j’étais atteint de ce syndrome, mon médecin m’a demandé si je voulais aller plus loin pour avoir le verdict final accrédité par un expert comme un neuropsychologue. Elle m’a indiqué que je serais ensuite étiqueté avec le TDA/H. J’ai «freaké» un peu et décidé d’en rester là et aussi refusé ainsi de devoir vivre avec des médicaments pour contrôler mon TDA/H. Je suis conscient par contre que ça peut être difficile pour mon entourage de vivre et subir les contrecoups de ce syndrome, car les oublis, le manque de concentration, cela affecte diverses tâches dans le quotidien, que ce soit dans les corvées, les responsabilités, la gestion, etc. Parfois, pour aider, il faut se faire un plan ou une «To do list» dans laquelle tout ce que l’on a à faire dans la journée sera inscrit. Puis, quand c’est fait, on coche. J’avoue que je ne l’ai pas fait, mais avec une bonne poussée dans le dos, je vais m’y mettre.

Il y a aussi des inquiétudes, comme la peur que mon TDA/H soit transmis à mes enfants, car cela n’est pas impossible. Mais si c’était le cas, je ferais tout mon possible pour montrer que malgré ce titre, on peut avancer pareil dans la vie de tous les jours. Le TDA/H peut être un obstacle, mais en franchissant les murs et ses contraintes, on peut le surmonter.

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Francois Mercier

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