Faits Vécus

La deuxième ligne apparut et je n’ai pu retenir mes larmes, celles que je retenais depuis si longtemps. Maintenant, je devais prendre la plus grande et la plus dure décision de ma vie. Je voulais le protéger du monde, mais surtout de son père…

Les larmes coulaient encore et encore et tellement de choses se bousculaient dans ma tête. Je n’avais que 16 ans à l’époque et des idées plein la tête. Jamais je n’aurais cru tomber enceinte de celui qui m’avait fait souffrir autant. J’avais peur, non seulement de devoir élever un enfant seule, mais aussi de ce que son père allait me dire.

Au moment où mes larmes finirent de tomber, je me levai. La poignée de porte entre mes doigts et les dents serrées, je l’ouvris. Il était là, derrière la porte, avec la colère qui lui sortait du nez. Je savais ce qui m’attendait si je décidais de lui en parler… Puis, ma bouche s’ouvrît sans que je puisse retenir un seul mot.

Tout ce qui sortit n’était que trois mots: « Je suis enceinte. »

Puis, les larmes se remirent à tomber. Je croyais sincèrement qu’il me prendrait dans ses bras, comme j’aurais aimé que ce soit vrai, mais il ne l’a pas fait. La seule chose que j’entendais à ce moment était les bruits de mon cœur qui se brisait un peu plus à chaque minute qui passait.

Les mots qui sortirent de sa bouche me foncèrent droit au cœur! « Pourquoi tu pleures? De toute façon, tu vas te faire avorter! »

Comment a-t-il pu me dire ça, à moi, dans le moment le plus difficile de ma vie? Comment pouvait-il seulement se permettre de choisir pour moi ? Ses paroles me hantaient ainsi que ses gestes posés quelques semaines auparavant. J’avais peur, tellement peur. Je me sentais seule au monde et personne ne me demandait ce que moi je voulais…

Donc, j’ai pris la décision la plus difficile de toute ma vie: laisser ce petit amour partir pour pouvoir mieux l’accueillir plus tard avec un père qui l’aimerait pour de vrai.

J’ai eu mal, tellement mal. C’était comme si on m’enlevait une partie de moi. Tout l’amour qui avait grandi en moi a disparu avec ce petit ange. Je souhaitais seulement avoir fait le bon choix, non seulement pour moi, mais pour elle ou lui. Je l’aimais bien plus que ma propre vie, mais je ne voulais pas d’une vie aussi misérable pour mon enfant. Je ne souhaiterais jamais ce mal à personne. Ce mal qui nous change et nous fait voir la vie d’une façon bien différente. D’un coup, je me suis obligée à être adulte et à prendre les bonnes décisions, non seulement pour moi, mais pour honorer ce si petit être qui représentait tout pour moi.

petit ange pierreSource image: Pixabay

Encore aujourd’hui, je me demande si j’ai pris la bonne décision. Puis, j’y repense et, au final, oui. Malgré le fait que ça m’attriste autant encore aujourd’hui.

Source image de couverture: Unsplash
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Carol-Ann Lafontaine

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