Arts Arts de la scène

Jeudi après-midi, on m’apprend que je vais assister à la présentation de Casse-Noisette produite par Les Grands Ballets Canadiens. Excitée, je m’empresse d’accepter. Depuis des années, je rêve littéralement de regarder ce grand classique du temps des Fêtes et je suis l’heureuse élue. Durant cette soirée, je m’attends à des mouvements nets et sentis dans une atmosphère hivernale et réconfortante. Jeudi soir au Grand Théâtre de Québec, ce ballet a certainement dépassé mes attentes. Il m’a émerveillée.

Assise, fébrile et exaltée, j’observe le décor. Des flocons scintillants, un paysage aux teintes bleutées et des maisonnées chaleureuses lancent le bal. Le premier acte commence lors de la veille de Noël, les enfants sont au cœur des festivités invités par l’échevin von Stahlbaum. Un arbre gigantesque s’impose dans la salle. Les petits font preuve de délicatesse et de charme dans l’exécution de leurs pas. Les adultes dansent en unisson vêtus de costumes élégants en velours et aux teintes riches. Les mouvements sont gracieux, calculés et rassembleurs. L’opulence est bien au centre de la fête. Mon regard est comblé.

Le moment tant attendu est arrivé. La petite Clara reçoit un casse-noisette de la part de son parrain, le docteur Drosselmeyer. Lorsque la soirée se termine, elle se blottit et s’endort avec son précieux présent. Soudainement, l’univers change. Les rats, les souris et les soldats font partie de la pièce. À ce moment, j’adore le contraste technique entre les rongeurs et les bataillons.  Les premiers exécutent leurs déplacements avec fluidité et amusement tandis que leurs adversaires sont dans le contrôle et le lâcher-prise calculés. Cette dissemblance est nettement présente lors de la bataille entre les deux clans. Les jetés sont exécutés avec brio. Je suis avide de leur rigueur et de leur précision. La scène se termine par la mort du roi des rats, un moment triste où les rongeurs brillent par leurs talents de comédiens. Sans mots et seulement avec leur corps, je ressens leur désarroi, leur perte.

casse-noisette grands ballets canadiensSource image: grandsballets.com – PHOTO: FÉLIX RENAUD | DANSEUR: GIUSEPPE CANALE 

À la suite de cette tragédie, l’auditeur se transporte au Pays des neiges en entamant un nouveau chapitre. Le scintillement du décor, les costumes munis de tulles imposants et la féminité des mouvements se font sentir. Le talent brut de la reine des neiges et du cavalier m’amène à décrocher complètement et admirer la beauté pure de ce moment. Clara et le casse-noisette devenu prince entrent dorénavant dans un univers ludique où humour et diversité se font sentir.

Au Royaume des friandises! Le Roi des bonbons, assurément un de mes préférés, les anges majestueux et autres personnages font fusion pour offrir un spectacle des plus éclatés. Une fête est organisée pour souligner le courage de Clara qui a sauvé la vie du prince. Lors de la cérémonie, les couleurs profondes, les matières aux apparences nobles telles que le satin et l’arrière-plan spectaculaire transportent littéralement mon cœur d’enfant dans un univers abondant, joyeux et divertissant. Une chose me frappe à plein fouet et c’est la diversité des danses. Ballet, danse orientale, kazatchok (danse issue du folklore) et flamenco s’entremêlent pour montrer la splendeur des danseurs à travers divers tableaux. La discipline et la rigueur transparaissent dans chacun de leurs pas brillamment exécutés. Des canons aux cabrioles, mes yeux sont bombardés de beauté. La musique de Tchaïkovski produite par l’Orchestre symphonique de Québec est délicieuse et touchante. Les costumes de François Barbeau mettant en valeur chacun des personnages dans leurs mouvements sont stupéfiants et élégants. La brillance et la variété de mouvements du chorégraphe Fernand Nault sont éblouissants.

casse-noisette grands ballets canadiensSource image: grandsballets.com – PHOTO: FÉLIX RENAUD

Cet événement en soi est l’exploration de nos sens par la vue et l’ouïe. Les mots beauté et travail prennent tout son sens. Travaillant dans le domaine de la mode et étant une danseuse, j’ai savouré pleinement ce moment, ce spectacle. Je souhaite aux adeptes d’art ou aux friands de nouveauté d’aller se plonger dans cet univers ensorcelant et vivre une expérience unique, riche en émotions. Les enfants, les adultes, les amoureux et la famille pourront se rassembler, rire et s’émerveiller.

Prenez place du 12 au 30 décembre à Place des arts pour vivre cette magie, cette douceur.

Source image de couverture: grandsballets.com – PHOTO: FÉLIX RENAUD | DANSEUSE: MAI KONO
-->
Un article de
Marie-Philip Mercier's Avatar
Marie-Philip Mercier

Mes articles 
Articles suivants
Article Featured Image

Une série de Noël? Ma nouvelle obsession Netflix!