Dans la foulée des jeunes mamans, on croise différents spécimens. Les mamans écolos, les mamans bienveillantes, les mamans dépressives, les mamans complètement déconnectées du monde, les mamans engagées, les mamans détachées…

Et on se demande si notre façon de réagir à notre nouvelle vie, toute chamboulée est normale. On regarde les articles des autres mamans, leurs petites péripéties sur Facebook, on les trouve bonnes, belles, on les trouve capables. Certaines montrent une réalité romancée de la « momlife » alors que d’autres la présentent toute crue, toute sale, toute fatiguée.

Peu importe comment vous vivrez l’arrivée d’un enfant, ce n’est jamais fidèle aux images mentales qu’on se fait, avant la naissance. On finit par trouver une force qui efface l’épuisement et même si on pleure à quelques reprises, on se trouve une énergie enfouie quelque part, entre nos sanglots d’incompréhension et les doux matins sourires avec bébé.

Parfois aussi, on devient comme une sorte de robot : couches, lait, bain, chaise berçante, mini sieste, on recommence. Notre personne devient une extension de bébé et est à la merci de ses demandes. C’est comme si être quelqu’un à part entière, ça n’était plus d’actualité.

Les choses qui devraient être capitales dans une routine normale pour garder son cerveau et son corps sain deviennent tout à coup secondaires. Se laver, manger, s’habiller, socialiser… vous n’arrivez plus à savoir à quand vous vous êtes brossés les dents pour la dernière fois.

Si vous étiez un Sims, tous vos besoins seraient dans le rouge. Mais pas grave ! On continue. On change les couches, les yeux vides, on donne le bain à bébé même si on ne s’est nous-mêmes pas curé les oreilles depuis deux semaines. Ou était-ce trois ? Pas certaine.

On croise notre regard dans le miroir quelques fois en allant pisser vite vite. On se sourit, les yeux fatigués, un habit de jogging taché de lait et de… moutarde ? C’est peut-être du caca. Qui sait ?

Puis quelques fois une drôle d’idée traverse notre esprit.

« J’aurais le goût de me laver et me mettre une belle petite robe. »

Wow j’ai-tu vraiment pensé à ça moi ? J’ai-tu le droit ?
Certainement que tu as le droit. Même que c’est excellent pour ta santé mentale de te faire coquette l’instant d’une soirée même si tu ne vas nulle part.

C’est important de ne pas perdre de vue que tu n’es pas seulement une maman. Tu es une femme, une amie, une sœur, une conjointe, une fille. Tu as le droit de porter plusieurs chapeaux même si tu as l’impression que plus souvent qu’autre chose tu en portes un rempli de vomi et de crotte de nez, de nuits blanches et de larmes. Et je dis ça en n’excluant aucunement que la maternité soit aussi l’une des plus belles aventures d’une vie.

Mais donne-toi le droit de ne pas toujours apprécier être juste une maman. Donne-toi le droit de décrocher, de demander de l’aide et de penser à toi.

Parce qu’un bébé heureux, ça commence avec une maman épanouie.

Image de couverture par Ari Spada 

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