Faits Vécus

Je ne dirai jamais non à une escapade dans le Sud. Seulement, je finis tout le temps par m’emmerder solidement dans une chambre d’hôtel (je ne dois sûrement pas être la seule). Je dis ça, mais je n’y suis allée qu’une seule fois et c’était au Mexique. C’était bien. À ce temps-ci de l’année, le retour progressif du soleil donne envie d’être de vrais rebelles et de se découvrir d’au moins un fil, même si nous sommes en avril. L’impatience de voir l’été installé pour de bon se fait sentir… et qui dit été, dit aussi vacances! Alors que plusieurs préfèrent quitter la province pour se rapprocher du sud, mes souvenirs d’enfance me gardent presque toujours au Québec quand vient le temps de profiter des congés.

Adultes

Je dois avouer qu’en matière d’idées de vacances, mes parents manquaient d’originalité. On finissait toujours par immanquablement faire le tour de la Gaspésie. Ils devaient trouver que mon mal des transports apportait son lot de charme à la route, alors pourquoi s’en priver pendant 16 heures? Ces moments sont parmi les plus beaux de ma vie. Parfois, ma mère nous laissait, mon père et moi, partir ensemble. La tradition voulait que ces périples gaspésiens se fassent avec l’ami d’enfance de mon père, sa femme et leurs enfants. Un des plaisirs des deux acolytes était de tester à quel point on les prenait pour modèles.

Gaspésie

On écoutait sans faute la cassette audio de François Pérusse durant presque toute la durée du temps passé sur la route. Ce qui a donné suffisamment de temps à mon père pour avoir cette idée de génie : corriger chaque enfant présent qui osait dire François Pérusse plutôt que François Prépuce, et ce, tout en s’assurant qu’on allait le répéter en présence d’inconnus. À un quelconque bar laitier qui se trouvait sur le chemin, les parents se poilaient de voir leurs marmots courir en criant autour d’une table à pique-nique « François Prépuce!!! ». Mis à part ça, d’autres doux souvenirs me transforment en boule nostalgique.

Entre autres, les moments où nous lapidions à gros cailloux les méduses qui se montraient le bout du nez à la surface de la mer, lorsque nous faisions d’incroyables voyages dans le temps en traversant le pont qui nous menait au Nouveau-Brunswick (on avançait l’heure d’une heure), et quand nous philosophions sur les étoiles dont nous décidions qu’il s’agissait des pètes radioactifs de nos pères qui n’ont pas su se dissoudre dans l’univers (je sais, nous étions vraiment des enfants immatures). Ces souvenirs racontés à mon copain ont suffi pour le convaincre de faire le tour de la Gaspésie avec moi l’été dernier. J’ai pu conclure qu’ensemble, sans en savoir la cause, nous avions une aura capable d’inviter une population de moufettes à venir s’installer autour de notre tente. C’est fou ce qu’on s’est amusés! De vraies blagueuses ces petites bêtes…

Enfants

Il est beaucoup plus divertissant de se réveiller dans une tente après une nuit à 8°C en se racontant des histoires de peur inspirées des bruits sauvages environnants pour finalement mettre gracieusement un premier pied dehors sur une fiente de raton laveur pour aller se faire un café dans un Bodum. Pur moment de bonheur. Je ne ferai pas un drame pour une crotte de raton collée sous mon pied, mais j’ai tout de même un peu pleuré. Puis, je me suis souvenue que la vie continue. Il est donc compréhensible que je finisse par m’ennuyer dans un hôtel, puisqu’il ne se passe rien d’aussi charmant dans une chambre.

P.S. Sur les photos, je suis le petit garçon aux cheveux bruns.

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Valérie Lavoie

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