Faits Vécus

On dit qu’on le sait quand on est dans la bonne voie,  quand on rencontre le bon. Je ne savais pas trop si je devais les croire…

Et vous savez quoi ? Ils avaient raison. J’ai su. J’ai su que j’avais trouvé la personne qu’il me fallait. Celle qui allait me compléter. À l’instant même où son regard a croisé le mien, entre deux pas de danse.

Le tout m’a été confirmé quelques semaines plus tard. Alors qu’on avait fait connaissance, qu’on s’était séduit, qu’on avait reculé, re-séduit et reculé une nouvelle fois. J’étais assurément en train de tomber en amour avec toi. Et toi de moi. Mais voilà, j’ai hésité, c’est vrai. Mais plus par peur que par doute. J’avais peur de découvrir la vie avec toi. J’avais peur que tu me fasses chavirer le cœur. De ne plus pouvoir me passer de toi. J’avais peur d’avoir tort. Et que tu me brises le cœur. J’espérais ne jamais avoir à le vivre.

Tout ressemblait à un conte de fée. Contemporain, agricole. Une histoire d’amour digne des plus belles références amoureuses. Notre couple était solide. Vrai. Honnête. Parfait.

Aucune personne n’est parfaite. C’est bien vrai. Tout le monde a des défauts. Toi, moi, le voisin. Notre couple en avait aussi. Ton mode de vie ne me convenait pas complètement. Il était dur à accepter, à apprivoiser. Mais toi, toi tu étais parfait. Parfait pour moi. En dépit de tout le reste. Et pour toi, j’étais prête à me battre jusqu’à la dernière parcelle de détermination en moi.

Mais le pire est arrivé. Je t’ai perdu.

Je savais que ton mode de vie n’était pas facile. L’agriculture, c’est un monde à part qu’on ne comprend pas tellement quand on ne nait pas là-dedans. Et je n’avais pas compris à quel point je m’embarquais dans l’impossible. Mais j’ai tout de même voulu essayer. Pour toi.

Mais pour toi, je n’étais pas aussi parfaite. Pas comme moi je le voyais en toi. Je n’étais pas celle que tu recherchais. Pas complètement, ou peut-être pas du tout, finalement. Tu ne vivais plus le même conte de fée que moi. Tu ne savais plus. Tu ne le ressentais plus. Plus comme au début. Les choses avaient changé. Tu as compris que tu voulais quelqu’un qui vivrait de la ferme, comme toi. Quelqu’un qui partage cette passion des bêtes blanches et noires comme toi. Parce qu’être émerveillée par ta voix et ton savoir, ce n’était pas suffisant pour toi.

On dit qu’on le sait quand on rencontre l’amour de notre vie.

J’ai su et je l’ai perdu.

J’espère qu’un jour, je saurai que j’avais tort.

 

Source image principale : Unsplash

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Jécika Guévremont

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