Voyage

Au moment que vous lirez ces lignes, ça fera déjà deux semaines que j’aurai tout quitté. Ça s’passe quand même assez bien jusqu’à présent, j’te dirais, surtout étant donné que je gère bien mes dépenses, que je n’vide pas mon portefeuille lorsque je sors dans les bars, que je ne suis pas encore seul et que j’ai pas fait de crise hystérique à mon amie parce que je tombe bientôt TOUT SEUL. J’me dis juste que dans le pire des cas, je n’ai qu’à revenir sur les frais de mes parents (blague) et recommencer la vie que j’ai laissée derrière moi, mais sans reprendre les petites failles qu’elle comportait, que j’endurais, parce que j’avais appris à n’plus les voir. Donc, c’est ça, tout va bien et tout ira bien, je le sens.

san francisco

D’ailleurs, alors que nous n’avions pas tant de plans pour la dernière soirée ensemble à San Diego, dimanche dernier, on a décidé de nous acheter de l’alcool et d’aller à Coronado Beach juste pour chiller devant l’Océan Pacifique. On l’avait pas encore visité, de toute manière, cette plage. C’est aussi pendant la contemplation du paysage avoisinant, l’esprit vidé de toutes pensées, que j’ai enfin mis un mot sur c’qui fait défaut chez moi, c’qui fait que j’ai de la misère à vivre des émotions, à les démontrer au grand jour, aussi. Ce mot, c’est incomplet. Je me sens incomplet, donc, comme si j’avais perdu au fil du temps une partie de moi, que je dois maintenant retrouver, je n’sais pas trop où ni comment. Sans doute que le temps, et tomber complètement seul dans quelques jours, m’aidera à me rendre un peu plus complet. Et comme je te disais quelques phrases plus haut, tout va bien et tout ira bien, je le sens. C’est beaucoup d’apprentissage sur ma personne, je trouve, en deux semaines, et surtout, sur celle que je vais devenir lorsque mon périple se changera en une nouvelle aventure.

Autrement, de toutes les plages sur lesquelles nous avons fait la baleine échouée, je dirais que c’est Coronado Beach ma préférée, et Imperial Beach, qui se suivent. Elles sont juste séparées par une réserve navale où tu n’peux pas trop t’aventurer, en fait. Je les préfère aux autres puisqu’elles sont immenses, que les vagues sont calmes et qu’au bout du bout, il y a le Mexique, soient des terres encore plus chaudes. Oui, j’aurais dû naître dans un pays tropical. Bref. Elles offrent, ces plages voisines, un paysage impressionnant dans toutes les directions possibles tandis que des particules dorées sont mélangées au sable fin, ce qui rend le tout magnifique lorsque l’eau claire balaie la berge.

san francisco

J’vais maintenant vous donner un bon tuyau pour vous loger à San Francisco sans que cela vous coûte la peau des fesses et sans que vous soyez obligé d’vous téléporter pour atteindre les principales attractions de la ville. Ce tuyau-là, c’est l’hôtel El Capitan situé sur Mission Street, qui traverse presque l’île au complet, dans le Mission District. L’hôtel est à quelques rues du célèbre Dolores Park où il est sympathique de s’y rendre pour un pique-nique et chiller sans trop s’prendre la tête. Non loin, il y a aussi le splendide quartier Noe Valley, apprécié pour ses maisons de style victorien, et l’historique quartier Le Castro, soit le village gay où tant de manifs ce sont déroulés jadis afin que les droits des homosexuels soient reconnus grâce à Harvey Milk. D’ailleurs, si de Noe Valley, vous empruntez l’avenue Castro, qui sera entrecoupée par une colline avant de se poursuivre jusqu’au quartier du même nom, assurez-vous de pas louper les escaliers tout près afin d’accéder à un panoramique fou malade de la ville au complet. Photo à l’appui ci-dessus.

Autrement, pour en revenir à l’hôtel, ce n’est certes pas l’gros luxe et les chambres ordinaires n’ont qu’une toilette commune par corridor, mais j’vous le jure, ça fait la job, du moins plus que de loger dans une auberge de jeunesse, et nous n’avons jamais vraiment, mon amie et moi, attendus pour utiliser la toilette. En prime, ils servent, les employés de l’hôtel, du café chaque matin. Nous, on n’en a pas vraiment profité étant donné qu’on se levait assez tard et qu’il y a au moins une vingtaine d’excellents cafés aux alentours.

Nous sommes arrivés à San Francisco lundi dernier après une longue et exténuante journée de presque quinze heures en transport en commun. Laisse-moi t’dire qu’à notre arrivée à l’hôtel, nous ne sommes pas ressortis. Nous nous sommes plutôt douchés pour ensuite nous coucher. Le lendemain, nous avons parcouru la ville entière à pied. Le centre-ville m’a fait penser à New York parfois ou même, à Toronto, tandis que mon amie et moi avons trouvé que la ville ressemblait parfois à un immense Mile-End où mille petites boutiques aux concepts innovants et éclatés parsèment chaque coin de rues. Même si cela demande beaucoup d’énergie de se promener à pied dans cette immense ville, cela en vaut vraiment la peine puisque tout est instagrammable. J’vais donc finir cet article en vous disant que cette ville m’a beaucoup charmé jusqu’à présent, mais qu’elle n’accote pas San Diego ou même Santa Monica étant donné qu’il ne fait malheureusement pas assez chaud, le soir venu et au petit matin. J’ai certes pu mettre mes shorts tous les jours, mais il me fallait une veste dans les deux extrémités d’une journée pour n’pas trop grelotter. Dommage ! Mais bon, il me reste encore cinq jours dans cette ville incontournable, peut-être saura-t-elle kidnapper mon cœur d’une manière inattendue…

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Kven Efimero

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