Style de vie

Récemment, on a eu nos retrouvailles de cégep. Tsé, là où on s’est liées d’amitié. T’es pas venue parce que toi et moi on s’parle plus. Tu as décidé qu’on ne pouvait pas être dans la même pièce, comme des adultes, fake tu t’es toi-même privée d’un moment plaisant avec du monde que t’apprécies. J’ai trouvé ça dommage, même si ça m’a soulagée un peu.

Je pense que je t’ai écrit il y a un an. À mon souvenir, j’feelais pas trop. J’ai eu la rage au ventre que tu aies décidé que nos années d’amitié valaient rien la journée où tu as rencontré un gars que j’approuvais pas tant. Fak je t’ai écris. Ça devait faire 1 an que tu m’avais lâché un coup de fil pour me dire que t’avais l’goût de prendre un « break de notre amitié ». C’était quelques jours après t’être fiancée au gars qui t’avait trompée suite à quoi je t’ai ramassée à la petite cuillère. Pour toute réponse, tu m’as bloquée. Et aujourd’hui, 2 ans plus tard, le gars est encore là et t’es toujours en rogne après moi.

Je t’écris cette lettre parce que j’ai encore des choses à dire après tout ce temps. On a beaucoup grandi toi et moi, ensemble. On a fait des conneries, on en a ri, on s’est consolées. On s’est écoutées chialer contre les gars, notre famille et la vie en général. J’t’ai expliqué qu’on ne pouvait pas tomber enceinte en prenant un bain, et ça a été un running gag à n’en plus finir par la suite. De ton côté, tu m’as fait réaliser que la vie est parfois plus simple quand on lâche prise. On s’est lancées dans un roadtrip de nuit à Boston ensemble, pour finalement se rendre compte que ça en faisait de la route pour si peu de temps à destination. Mais ça n’avait pas d’importance au fond, car on avait passé ce temps-là ensemble et c’est ce qui comptait.  Et je crois que si je ne t’avais pas tordu un bras pour que tu sortes du pays avec moi, si je ne t’avais pas constamment entrainée dans mes « plans de fous » – comme tu les appelais – et bien tu serais pas allée rejoindre un gars à l’autre bout du monde, pour ensuite revenir et vouloir lui donner la terre.

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L’amitié, c’est quelque chose de surprenant. On n’y accorde pas toujours l’importance qu’on devrait, mais c’est quand on perd beaucoup de choses qu’on réalise que les amitiés qui durent doivent être chéries. Parce que certaines relations d’amitié sont équivalentes au fait d’ajouter un membre dans sa famille; un membre qu’on a choisi, cette fois. Quelqu’un qui est là par choix.

Quand t’es partie, je t’en ai voulu. Je te détestais tellement mais je n’avais juste pas le temps de le vivre, car j’avais mes drames à moi dans ce temps-là; et que ces drames-là ont pas pris de break en même temps que le break que tu nous a imposé. C’est plus tard que j’ai réalisé que tu avais pris tes distances seulement pour mettre fin à notre amitié… Tu avais décidé de ne plus être ma soeur.

J’sais pas si ce gars-là va rester, j’sais pas s’il te traite mieux désormais ou si ça va durer. Mais considérant ce que tu as brisé pour lui, je te souhaite qu’il puisse être ton meilleure ami, ton amoureux, ton confident, ton amant et que ce soit réciproque. Je te souhaite qu’il fasse du cardio-poussette avec toi, comme on devait en faire quand on aurait toutes les deux nos enfants et nos maris. J’espère qu’il te tiendra la main quand tu feeleras pas, peu importe la raison. Qu’il fera des « plans de fous » avec toi pour que vous puissiez grandir ensemble et avoir 1 000 histoires à raconter.

Parce que c’est ce que je souhaiterais à ma petite soeur, même si elle m’avait blessée comme tu l’as fait.

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Josy-Anne Charette

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