Club de lecture Le Cahier : La bête et sa cage

Ce qu’il y a de fascinant avec la lecture, c’est que, pendant un court instant, il nous est permis de vivre la vie de quelqu’un d’autre. À travers les mots d’un narrateur, plus ou moins présent, un nouvel univers s’offre à nous. Un univers parallèle, dans lequel nous n’avons aucun stress, aucune obligation. Nous y sommes à titre de témoin seulement. Lors de notre lecture, nous pouvons oublier notre existence. Complètement.

David Goudreault a certainement eu énormément de plaisir en écrivant « La bête et sa cage ». Dans ce roman, il nous parle à travers la tête d’un fou. Carrément. Mais pas assez fou tout de même pour avoir été acquitté lors de son procès. La bête est emprisonnée pour meurtre. Elle purge une peine de 16 ans. On l’a placée dans l’aile des « coucous ». Ces autres malheureux dont les avocats n’ont pas su plaider la cause. Ce sont les pensées de ce coucou que nous lisons.

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Source : Renaud-Bray

Le personnage de la bête est profondément blessé. Il en a oublié les moindres conventions, dogmes et règles éthiques en société. Sa tête n’est qu’un ramassis d’idées désorganisées et peu cohérentes. Mais la folie n’en est pas une si elle est consciente, n’est-ce pas? Dans ce roman, la bête n’est pas le problème. Le problème c’est le système, c’est les autres.

On y croit à cette folie. Les propos du narrateur sont tellement loin de ce que nous pourrions qualifier de « socialement acceptables » qu’ils en sont drôles. L’esprit déréglé de la bête fait rire autant qu’il fait réfléchir. En nous exposant l’antithèse des normes sociales, l’auteur parvient à semer un doute dans notre tête.

L’écriture de David Goudreault est si simple qu’elle en est complexe. Ce dernier n’utilise pas les phrases toutes faites qu’on nous sert souvent pour meubler des pages. À l’inverse, il s’amuse à déconstruire nos expressions populaires pour en construire de nouvelles. Il reprend aussi des phrases célèbres qui, sorties de leur contexte, semblent soudainement dénudées de sens.

Le roman « La bête et sa cage » traite de la culture québécoise, mais cette fois-ci, elle est expliquée par un fou. On vient à se demander même si ce ne sont pas nous tous, gens dits normaux, les fous de ce monde?

Et vous? Qu’avez-vous pensé de ce dernier livre? Satisfaits? Partagez-nous votre opinion dans les commentaires.

Notre prochaine lecture…

J’ai hésité quelque temps avant de choisir la prochaine lecture. Il s’agit d’un roman que je voulais lire depuis un moment déjà, mais que j’avais peur d’entamer puisque je redoute la dureté de ses mots. Je vous propose comme prochain livre, « Naufrage » de Biz. Il expose la vie d’un gars normal, Frédérick. Frédérick est marié, a un enfant et un job qui l’ennuie et le stresse. Puis un jour, sans s’annoncer, un terrible malheur se pose dans son quotidien. Biz nous fait le récit de la douleur de cet homme. Une lecture d’été qui n’est pas joviale j’en conviens, mais qui je le pense, saura nous émouvoir.

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Source : Renaud-Bray

Bonne lecture!

À dans deux semaines!