Faits Vécus

Je suis une source infinie de sentiments. Je les ressens fort et il ne m’en faut pas beaucoup pour me rendre heureuse : une journée ensoleillée, la première note de ma musique préférée, un joli poème, un ciel étoilé… Mais, mon cœur, il est fait en porcelaine et il ne lui en faut pas beaucoup pour qu’il éclate en mille et un morceaux.

Les personnes sensibles sont souvent dures à saisir. Un moment, elles sourient et l’autre, elles ont un visage qui a l’air complètement accablé. Je suis une de ces personnes à qui l’on dit souvent qu’elle a l’air triste ou  fâchée, même lorsque je n’ai pas l’impression de l’être. Dans ces moments, sûrement que j’étais dans ma tête à rêver ou à trop réfléchir, à faire d’une petite chose un gros ouragan très difficile à calmer.

J’ai les larmes faciles, et j’essaie très fort de les retenir. J’essaie de cacher mes cicatrices invisibles qui s’ouvrent et se ferment au gré du vent. Des fois, il m’arrive de me sentir complètement vide, juste comme ça, sans que rien de particulier ne se soit produit. Tout à coup, mon cœur se transforme en un gouffre énorme et il n’existe plus rien de beau, j’ai l’impression qu’il n’en existera jamais.

C’est dur de ne pas pouvoir contrôler ses émotions. De les sentir envahir chaque fibre de notre être. C’est épuisant.

fille qui pleure Source image : Unsplash

On a juste envie de rentrer chez nous, de se cacher sous ses couvertures et de ne plus jamais en sortir. On veut se protéger, protéger son cœur trop fragile. Surtout que les autres ne semblent jamais comprendre pourquoi un rien peut te jeter autant à terre. On me reproche souvent (du moins, avec les personnes dont je ne suis pas proche) mon grand silence. La vérité, c’est qu’ils y ont trop de choses qui se bousculent en même temps dans ma tête, des idées et des émotions toutes mélangées, zéro contrôle et j’ai de la misère à les exprimer de manière cohérente. Ces émotions ne sont pas claires pour moi, alors comment pourraient-elles l’être pour les autres ? Mes pensées ne vont pas de manière linéaire et logique. C’est plus comme un labyrinthe qui va dans toutes les directions et avec plein de chemins pas clairs qui interagissent les uns avec les autres. Le plus souvent, je m’y perds.

Chaque jour, de nouvelles blessures s’ajoutent à mes anciennes. Mon cœur déjà brisé se fait encore briser. J’y suis habituée. Cependant, je ne délaisserais mon côté sensible pour rien au monde. J’ai l’impression qu’il me permet de voir la vie d’une manière différente. J’ai plus d’empathie, je suis plus intuitive, je vois la tristesse dans le regard des gens avant même qu’ils ne me le disent. Je vois de la beauté partout et un peu suffit à m’émerveiller. J’ai aussi tendance à être naïve et à voir le monde beaucoup plus beau que ce qu’il est réellement. Souvent, je me heurte sur un grand sol gelé. Ça me brise de voir toute la laideur et la méchanceté que certaines personnes renferment en eux, mais ça je n’y peux rien.

Même si je ressens la peine profondément, une fois qu’il est là, je ressens le bonheur profondément aussi.

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Roodeline Lazard

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