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Bientôt, ce sera le 14 février. C’est la date du calendrier où les filles en couple sont hystériques de voir ce que leurs chums leur ont préparé, la soirée qu’elles vont passer et les cadeaux qu’ils vont leur avoir achetés.

C’est aussi la soirée où les filles célibataires vont rire jaune de leur triste situation en faisant des blagues sarcastiques sur leur pathétique solitude en critiquant la dégueulassité de l’amour qui pue à plein nez en cette belle journée.

Cette journée représente aussi celle où les gars en couple vont se faire passer pour des amours en aspergeant leur cocotte d’amour et d’eau fraîche et en faisant preuve pour une fois dans l’année de cute-itude et de romantisme. Ces mêmes hommes en apparence si adorables, vont pourtant avoir bougonné tout le mois passé à leurs chums de gars en se plaignant ô combien ça ne leur tentait pas de se taper l’organisation de tout ce tralala niaiseux là.

Aujourd’hui, en effet, c’est le 13 février. En cette chère soirée, à travers la description de la fille comblée par son chum tellement écœuré et celle simplement mal baisée, j’ai laissé mes propres occupations différer de celles habituellement proposées par la majorité de la population.

Alors nous y voici. Je suis seule à l’appartement. Seule comme dans moi, pas de chum, pas d’amis pis pas de chats non plus. Genre vraiment toute seule. Apparemment, je n’ai pas trouvé ça si effrayant une Saint-Valentin sans compagnie. J’en ai profité me faire un bon thé et j’ai allumé mes chandelles quétaines à la cannelle. Après avoir mis mes plus belles bobettes réservées aux occasions spéciales, j’ai gueulé à tue-tête toutes les paroles de mes chansons préférées de Beyoncé avec l’attitude qui venait avec mes-dites bobettes occasionnelles : la sexy-tude.

Et finalement, après la fin de mon show avec la traditionnelle brosse à cheveux en guise de micro, j’ai sorti mes pinceaux pour commencer à faire quelque chose que j’aime vraiment. C’est donc la tête reposée à peinturer sans vraiment voir le temps passer que j’ai écoulé cette satanée soirée. J’ai juste apprécié ce moment en réalisant ô combien j’étais heureuse d’avoir trouvé quelque chose qui me passionnait autant.

Ces temps-ci, je me suis embarquée dans plein de projets auxquels normalement j’aurais pensé longtemps sans jamais les réaliser, mais finalement j’ai décidé courageusement de me lancer. Vous savez, quand on est petit, on s’identifie par nos amis. C’est pour ça qu’on veut être dans la gang des cools sur l’heure du midi. Plus tard, on s’identifie par notre style en cherchant soit à se démarquer, soit à s’estomper, dépendant de nos traits de personnalité. Mais aujourd’hui, je suis rendue au moment dans ma vie où je m’identifie par ce que je fais. Pis ça tombe bien, parce que ce que je le fais à toutes les heures de la journée ; à toutes les journées du mois et à tous les mois de l’année, ça me passionne pis ça me fait vibrer par en dedans. Je pense sincèrement que c’est ce qu’on entreprend qui nous décrit en tant que personne. J’ai compris que, d’une action à l’autre, j’étais en train de me découvrir, de me bâtir une personnalité, une identité. J’ai découvert que j’avais vieilli en sapristi pis que passer du temps sans personne autour, ce n’est pas l’enfer finalement.

coeur main soleil

Source image : Pixabay 

J’avoue que je suis seule depuis une éternité et que parfois il y a des moments un peu baboches qui me font sentir toute croche. Il y a des moments où j’aurais le goût de partager des bons matins pis des rires coquins avec d’autres yeux que les miens.

Mais demain, c’est la Saint-Valentin et si j’avais passé ma soirée du 13 février occupée à aimer quelqu’un, probablement que je n’aurais jamais pris le temps d’apprendre à m’aimer moi, tout simplement.

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Alexane Ricard

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