Arts de la scène

La Sentinelle présente une adaptation de l’histoire mythique d’Antigone, en collaboration avec Espace Libre jusqu’au 25 septembre. En quoi cette version diffère-t-elle des autres? Eh bien, trois versions différentes seront présentées, une incarnée par Tatiana Zinga Botao, si vous avez manqué l’article c’est ici! Celle, à laquelle j’ai assisté hier soir l’a été par l’impressionnant  Philippe Racine.

Un jeu d’acteur qui m’a bouleversée

À mon entrée dans la salle, j’avoue que j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à ce que le décor soit complètement différent. Et bien non pas du tout! Il y avait quelques changements, mais, rien de majeur. La déception n’a pas duré. En effet, le talent de l’acteur m’a bouleversée. Déjà, il fallait être crédible en jouant un personnage féminin. Et tout cela, sans tomber dans la caricature ou le ridicule. C’était franchement réussi. En fait, on oublie complètement le genre en ne saisissant que les émotions vécues par Antigone. Des thèmes somme toute universels sont abordés : la solitude, l’injustice, la rébellion, l’amour, la mort. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est à quel point Philippe Racine a su se livrer sur scène. Il était tellement habité que sa physionomie changeait  complètement.

homme seul et de dos

Source de l’image: Pixabay

Vraiment impressionnant et même un peu inquiétant. Je ne vous en dis pas plus sur son jeu d’acteur, car vous pouvez assister au spectacle, vous avez jusqu’à samedi.

Même texte, même histoire, mais…

À mon avis, le texte était identique. Mais, le résultat est totalement différent avec ces changements de rythme, d’intonation et d’interprétation. Je ne peux pas dire que j’ai préféré l’une ou l’autre des versions. Celle de Tatiana Zinga Botao révélait une Antigone fière, se dressant contre l’injustice, on la sentait prête à attaquer son oncle pour venger la mort de son frère. Au contraire, celle de Phillipe Racine était plus pondérée, le personnage semblait à bout de forces et découragé. Cherchant un restant d’énergie pour nous raconter son histoire. On comprenait peut-être mieux l’histoire, car le débit plus lent permettait de bien comprendre les paroles. Ou bien était-ce par ce que c’était la deuxième fois? Sûrement un peu des deux. Quoi qu’il en soit, j’avais des frissons dans les deux cas. Quelques sursauts dans le second. Une fois encore, je ne vous en dirai pas trop.

Le décor incarnant un monde de solitude

J’aime vraiment la manière dont le décor devient acteur du récit. L’acteur étant seul sur scène, celui-ci prend beaucoup plus d’importance. Et pourtant, il n  y a que peu d’éléments sur cette scène. Des bougies, quelques cordes, une chaise. Pourtant, le récit prenait vie grâce à eux. On ressent tellement la solitude d’Antigone, qui se retrouve ensevelie dans un cachot et pleure encore la mort de son frère. On en peut qu’être ému en constatant sa détresse. Et bizarrement, j’espère à chaque fois que l’issue sera différente. C’est un vœu pieux. D’emblée, elle nous annonce qu’elle est déjà morte.

La semaine prochaine, nous découvrirons la version de Lyndz Dantiste, j’ai bien hâte.

Horaires

  • Semaine 2 – Du 14 au 18 septembre : Philippe Racine
  • Semaine 3 – Du 21 au 25 septembre : Lyndz Dantiste
  • Dramaturgie: Phillipe Racine.
  • Mise en scène :La Sentinelle
Source de l’image de couverture: Pixabay

 

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Emy Nzau

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