Faits Vécus

L’année dernière, j’ai vécu beaucoup de remises en question.

Je me demandais si le domaine d’études dans lequel j’étudiais était véritablement ce à quoi j’aspirais comme métier. Je t’explique: Étant bachelière en enseignement en adaptation scolaire et sociale, j’avais une certaine difficulté à me projeter dans l’avenir et à me dire que ce métier serait celui que j’occuperais toute ma vie. Alors je me suis dit pourquoi ne pas faire une maîtrise?

Aimant beaucoup la psychologie et voulant aider les autres, j’ai commencé une propédeutique en service social afin d’éventuellement avoir le titre de travailleuse sociale. La propédeutique est une année de mise à niveau qui permet à l’étudiant de pouvoir accéder à la maîtrise par la suite. Donc, j’avais deux sessions à compléter pour pouvoir ensuite réaliser les cours de maîtrise.

fille étude livre ordi concentréeSource image: Unsplash

La première session, ça n’a pas été trop compliqué, j’ai assisté à tous mes cours et j’ai obtenu de bons résultats. Puis, à la deuxième session, ça s’est compliqué. J’avais été sélectionnée pour réaliser un stage au Centre Jeunesse avec d’autres filles de ma classe. Étant donné que je souhaitais travailler avec les jeunes, le milieu de travail me convenait. Chaque jour, je devais intervenir soit à domicile, soit au téléphone avec les jeunes et leur famille, puis documenter mes interventions.

Après cinq semaines de stage à être submergée par tous les dossiers que je devais prendre en charge, je me suis questionnée sur les raisons pour lesquelles j’avais choisi de faire une maîtrise. Je trouvais que les journées étaient longues et j’avais de la difficulté à rester assise à mon bureau, j’avais besoin de bouger. Je me suis alors questionnée quant à ma personnalité, si elle correspondait ou non avec cet emploi, et sur les raisons pour lesquelles j’avais arrêté d’enseigner. Après réflexion, je me rendais bien compte que j’avais besoin de bouger davantage et que le travail social ne m’amenait pas cet aspect qui était pourtant essentiel pour moi. D’ailleurs, à cette même période, j’avais entamé le livre de Jérémy Demay, soit La Liste, qui stipulait qu’il valait mieux n’avoir qu’un seul plan pour développer l’envie de se dépasser et de réussir. Selon lui, ne pas avoir de plan B provoque chez les gens un état d’esprit qui les poussent à se surpasser.

Suite à cette lecture, j’ai compris que j’avais de la difficulté à n’avoir qu’un seul plan. J’ai compris que j’avais peur de l’engagement, peur de ne pas aimer l’emploi d’enseignement pour toute la vie. En ayant un plan B, une formation en travail social, je me sécurisais moi-même, puisque ça me permettait de changer d’idée en cours de route. J’avais aussi l’impression que tout était accessible et qu’il suffisait de s’inscrire dans le programme qui nous intéressait. Pourquoi se satisfaire d’un plan A, lorsque l’on peut avoir un plan A, B, C? Il est alors plus difficile d’être satisfait lorsque tout est à portée de main.

D’ailleurs, je regardais les gens autour de moi, et je pouvais voir que cette peur de l’engagement était aussi présente chez eux lorsqu’il était question de choisir son métier. Nous sommes dans une génération où nous ressentons le besoin d’être très scolarisés et d’avoir le choix de faire autre chose si le plan initial ne fonctionne pas.

idée coucher soleil couleursSource image: Unsplash

Bref, toutes ces réflexions m’ont amenée à choisir le métier d’enseignement aujourd’hui et je suis très satisfaite de mon choix. Je suis enseignante dans une classe troubles de comportements au secondaire et chaque matin, j’ai hâte de pratiquer le métier que j’ai choisi. Tout comme Jérémy Demay le stipule dans son livre, il vaut mieux n’avoir qu’un plan et s’y investir pleinement pour vivre des réussites quotidiennes et s’épanouir sur tous les plans.

Si j’ai un conseil à te donner, choisis un métier qui rejoint tes intérêts, un métier qui met en lumière tes capacités et ton potentiel et surtout un métier qui te donne le sourire chaque matin.

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Katherine Fortin

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