Faits Vécus

On dit que les hommes s’intéressent aux choses et que les femmes, aux humains. Peut-être que ça expliquerait pourquoi j’ai ça dans le sang, penser aux autres. Être à l’écoute. Vouloir contribuer au bonheur d’autrui. Le désir de trouver les bons mots pour calmer leur tempête. Peut-être parce que j’ai peur qu’elle se transforme en ouragan qui détruit tout l’intérieur à coup d’émotions trop fortes et de mal de vivre. C’est de l’empathie. De la sympathie. Appelle ça comme tu veux.

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Ceux qui rayonnent

De toute façon, ça serait comme de dire que les hommes sont plutôt égoïstes et je n’aime pas ça. J’en connais des hommes qui ont le cœur gros comme la terre. Des hommes qui ne pensent pas qu’à leur nombril, qu’à leur petit quotidien qui ne doit pas être chamboulé. Et j’en connais des femmes froides et narcissiques.

Mais moi, je préfère voir les gens briller, briller des yeux. Je suis en amour avec ces gens-là. Ceux qui parlent et dont le regard scintille à t’en rendre jaloux. Jaloux de leur courage, de leur persévérance, de leur amour pour la vie, de leurs outils pour combattre les débuts de gros vent. Faut surtout pas croire qu’ils n’ont été que choyés par la vie. Ça serait une illusion pour se convaincre que nous, on n’est juste pas chanceux. Ça fait du bien parfois de s’enlever un peu de poids sur les épaules et de se dire que la vie ne nous aime peut-être juste pas. Comme quand on rencontre quelqu’un et qu’on a simplement un mauvais feeling en dedans. Ça ne s’explique pas. Ben peut-être que la vie a ce feeling-là des fois. Et nous, on passe notre temps à essayer de se faire aimer et à se sentir comme dans une course à obstacles. Ou peut-être qu’il faut simplement s’avouer qu’on a tendance à prendre de mauvaises décisions. À savoir si on les prend réellement pour nous ou pour le regard des autres. Je pense qu’à changer ça, on changerait de direction totalement. Et ça fait peur. Le changement, c’est angoissant. Mais on a surtout peur du bonheur, parce qu’on le côtoie seulement de temps en temps. C’est un étranger. Une connaissance pour les plus chanceux. C’est difficile de s’ouvrir dans ce temps-là. Difficile de faire une place dans notre cœur. Celui qui s’est bâti un mur de briques contre les mensonges, l’hypocrisie, l’indifférence. Contre l’abus de toutes sortes aussi. On dirait que c’est jamais assez haut, parce qu’il y en a toujours qui réussisse à se faufiler. On devient paranoïaque, jusqu’à revirer l’amour potentiel de bord. C’est plus facile d’être toute seule avec soi-même, de fermer la porte au risque d’être déçu, encore et encore. C’est fatigant de se demander si c’est peut-être nos attentes le problème. Quand on se base sur nos valeurs, on oublie parfois que les autres n’ont pas les mêmes.

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Se montrer vulnérable

Je vais toujours tendre la main à ceux qui ont besoin d’aide pour se relever. Qu’il soit gentil, arrogant ou même vide par en-dedans. Je vais toujours répondre aux questions qu’on me pose. Même si parfois, ça demande une honnêteté qui fait mal. Parce que ça fait moins mal que l’ignorance. Ça m’arrive moi aussi, de m’en foutre un peu. Mais je me mets à la place de l’autre. Ça, je suis capable. C’est difficile de se montrer vulnérable. C’est un grand saut dans le vide. C’est l’anxiété de ne pas savoir si l’autre va nous rattraper ou au moins lancer une structure gonflable pour réduire l’impact de la chute avant de s’enfuir. L’anxiété de ne pas savoir si l’autre va nous accueillir comme on est, un tourbillon d’insécurité et d’émotions pas claires. C’est beaucoup plus facile de se taire et espérer que ça passe. Plus facile de jouer le jeu. Le jeu de celui qui passe à côté de sa vie. Donc si tu sautes, moi je vais être celle qui t’attend en bas et qui va te dire que t’es vraiment courageux.

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Craintes

Je n’aime pas notre société. Celle où les gens ont honte d’être imparfaits, où les masques sont agrafés au visage. Celle où les gens trouvent ça normal de penser qu’à eux, de penser qu’à leur futur décidé à leur place. Celle où les préjugés et les stéréotypes nous rendent malades des autres, malades de nous aussi parfois. Celle où les gens préfèrent se ghoster au lieu de se dire la vérité. Celle où les gens oublient de s’aimer, de se faire confiance, parce que c’est mettre dans les mains de l’autre beaucoup trop d’espoir. Des petits bouts de soi. Surtout quand ça nous a tout pris pour se construire. Se reconstruire un peu tout le temps.

Moi aussi, j’ai peur. J’ai déjà été blessée. Je me suis aussi parfois blessée moi-même. Mais même si j’ai le cœur qui tient qu’aux pansements, je préfère croire en la bonté des gens. Je préfère être rêveuse et naïve, peut-être. Je préfère fermer les yeux et inventer un nouveau monde. Plus beau. Plus coloré. Plus chaleureux. Plus paisible. Plus heureux. Et si tu me rejoins dans mon monde, tu vas voir… on s’y sent tellement plus léger. C’est un mélange de douceur, de sincérité, de fous rires et de vin.

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Caroline Demers Barbeaux

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